Paris , capitale du monde ce 11 janvier

Paris, ce 11 janvier

 

Pour une fois, fier d’être français.

 

On disait la France morose, dépressive, pas chaleureuse, ou pas accueillante.

Et cela me semblait vrai, hélas.

 

Mais aujourd’hui, à voir cette marée humaine défiler dans les rues de Paris,

et en d’autres villes de France et du monde,

à voir ce tour de force de réunir toutes nos familles politiques

( à part une, par ailleurs seule  en procès avec Charlie Hebdo),

et des dirigeants du monde entier,

de toutes confessions,

de toutes origines,

autant le premier ministre d’Israël

que le Président de la Haute Autorité de Palestine,

que je suis fier d’être Français !

 

Voilà donc notre peuple encore capable de s’unir

non pas contre la barbarie,

-ça c’est évident ! –

mais pour la liberté ?

 

Cette valeur, ce principe éthique , cette posture,

a encore assez poids pour tous nous réunir

en un seul combat, un seul peuple ?

 

Tous ceux-là qui ont défilé n’étaient pas forcément lecteurs de Charlie Hebdo,

loin s’en faut !

Pas forcément fans.

D’une certaine manière, d’ailleurs,

nous avons tous été victimes à un moment ou un autre

des coups de crayons acérés de ceux qui nous poussent dans nos retranchements,

mais c’est tant mieux !

 

Quand il y a VRAIMENT liberté d’expression,

la question n’est pas de savoir si on est d’accord ou pas,

qu a raison ou qui a tort,

il s’agit seulement d’écouter ce que ressent l’autre,

à travers ce qu’il dit, même de manière déformée, exagérée, caricaturale.

 

S’il le dit, s’il l’exprime, c’est que quelque chose vit là qui a besoin de s’exprimer.

L’entendre, le permettre, l’écouter,

c’est admettre que je n’ai pas la vérité

et que , même quand je crois avoir raison,

une part de la réalité m’échappe et a droit de cité.

 

Liberté.

Liberté d’expression.

Liberté d’être.

 

Liberté chérie.

 

Liberté.

 

 

 

Zabulon

 

marche-republicaine

Nativity

LE SEIGNEUR VIENT

Le Seigneur vient.
Il se fait l’un d’entre nous.

Ce n’est pas banal, quand même !
Bien sûr, ce n’est pas la fête chrétienne principale,
Orientés que nous sommes sur la Vie,
Et la victoire sur la mort à Pâques.

Mais le Seigneur vient, il se fait homme.
Quelle religion, quelle conception de Dieu
Avait pressenti cela auparavant et depuis ?

Le Seigneur vient ,
Il se fait l’un d’entre nous,
Il se met entre nos mains,
Il va grandir,
Nourrisson, enfant, ado, jeune homme,
Puis adulte sur nos chemins.

C’est pas rien quand même.

J’ai souvent imaginé
Que si Dieu se faisait homme,
C’était pour venir à ma portée,
Me dire que je suis davantage que ce que je crois.
Je suis fait pour la vie, pas pour la mort
Et cela Est dès l’instant présent
Sans attendre la mort à venir.

Il vient pour moi,
Pour tout homme,
Pour signifier
Que là ne s’arrête pas le chemin .

Quelle bêtise de s’enfermer dans la matière,
Dans les limites,
Dans le brut,
Quand on y pense.

Quelle bêtise de s’envoler dans les airs,
Dans l’illusion,
Dans l’ailleurs,
Au mépris de ce qui est donné.

Le Seigneur vient.
La matière est sublimée,
Les cieux sont abaissés,
Le sens de l’existence
Peut apparaître.

Le Seigneur vient .
Fasse le ciel que j’advienne avec lui,
Que je me réveille,
Que je m’éveille
Que je sois enfin Moi,
C’est-à-dire Lui .

Un homme fait pour la Vie,
Dès à présent.

 

 

Zabulon

Main-dans-tes-cheveux

Ce que nous sommes les uns aux autres
(La main dans les cheveux)

Nous étions côte à côte.

Tu me parlais de ta vie,
tes peurs, tes rêves,
tes difficultés,
de ce sentiment d’enfermement
qui t’oppresse,
de tes désirs d’avenir,
de vivre.

Je t’écoutais.

A un moment, sans y penser,
j’ai passé ma main dans tes cheveux,
et l’ai laissée caressant l’arrière de ta tête.
Machinalement.

Toi, tu parlais, tu parlais.
Je t’écoutais,
totalement absorbé parce que tu confiais.

Tu as continué ainsi un certain temps.

Tout à coup,
tu t’es relâché,
laissant aller ta tête en arrière
et, les yeux fermés,
dans un soupir, tu as murmuré :
« Ca fait du bien ! »

Alors seulement,
j’ai pris conscience de la situation.
Nous deux,
toi, moi,
et ce geste :
ma main caressant ta tête.

Nous sommes restés ainsi
quelques instants en silence,
tu savourais ce moment, enfin détendu.

Que sommes-nous l’un à l’autre ?
Je l’ai fait sans y penser, sans calcul,
sans m’en rendre compte à vrai dire,
et c’était le geste approprié.

Que sommes-nous l’un à l’autre ?
Cette capacité à faire du bien
qui est là et se transmet
sans qu’on sache ni pourquoi ni comment.

Je m’étonne et m’émerveille
de ce qui se produit par moi,
cette sorte de prescience
qui agit à propos sans rien demander.

Quelque chose ou Quelqu’un,
ou quelque part,
en moi,
savait ce qui convenait et l’a fait
sans que cela vienne à ma conscience.

Si j’avais su, ou pensé,
les normes sociales et l’éducation m’auraient retenu.

Oui,
nous humains,
que sommes-nous l’un à l’autre ?
Quel est ce mystère qui fait
que, lorsqu’on y est disponible ou disposé,
la rencontre se fait de manière
communielle ?

Instant de grâce.

Zabulon – 22/11/2014

Otto-Pierce-01

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole :  “Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens.”

(Mt 25,14)

 

Dieu nous confie ses biens.

De quels biens parle-t-on?

Le monde, la terre, l’environnement?

Oui.

 

Il nous confie aussi la relation,

cette capacité à entretenir le lien entre nous.

Interconnexion vitale, essentielle.

 

Il nous confie ses biens,

et donc il y a en a plusieurs,

et donc le lien entre eux.

 

Il nous confie ses biens,

il nous confie ce lien entre nous,

il fait de nous des serviteurs

de la communion.

 

Et puis, il y a  ce corps,

Temple de l’Esprit,

Réceptacle de ses biens.

 

Et puis l’Esprit lui-même.

Nous sommes faits à l’image de Dieu,

selon sa ressemblance.

 

Dieu nous confie ses biens.

Ils se donne lui-même

et nous laisse liberté

D’éprouver l’amour de sa maison.

 

A son retour,

Les biens auront-ils fructifié,

L’amour aura-t-il triomphé?

 

Zabulon

 

 

 

[source photo : malemodelscene]

 

Regard

Qu’y-a-t-il dans le regard de l’homme ?

Cette profondeur,
Cette étincelle parfois,
Qui permet de contempler sa beauté.

Sa beauté,…ma beauté,
Comme une promesse.

La plupart du temps,
Les yeux sont comme éteints, inexpressifs,
Et c’est le reste du visage qui s’exprime.

Passions du moment,
Emotions qui passent,
Peurs et ardeurs,
Crispations et fixations.

Et pourtant…
Au fond des yeux, il y a encore cette lueur.
Elle est d’ailleurs et elle est d’ici.
Elle est toi, comme dormante à toi-même,
Et elle me réveille, moi.

Et pourtant, je voudrais te la rendre, mon ami
Car elle est toi, elle vient de toi
Elle est part de toi indestructible.

Quel est donc ce mystère,
Par lequel tu me révèles à moi-même
Sans t’en apercevoir ?

Tu réveilles le feu en moi
Le nourrit, l’embrase,
Pour toi et les autres êtres,
Et ne t’en aperçois point,
Ou n’en es pas touché.

Quel est donc ce mystère ?
Pourquoi, comment, suis-je touché
Par cette beauté qui me réveille
Et qui n’est pas de moi ?

Voilà la suite du mystère :
Je suis incapable de produire en toi
La beauté que tu produis en moi.

Pourquoi, pourquoi ?
Je voudrais tellement que tu connaisses,
Toi aussi, cette promesse d’éternité.

Pas le moment,
Ou seulement pour moi,
Ou… quoi ?
Il faut accepter de ne pas savoir parfois.

Dans ton regard,
Au-delà, tout au fond,
Très loin, en toi,
Cette promesse d’éternité.

Zabulon– 10/11/2014