Pour accompagner la sortie de leur dernier album, « Forever Trouble », le groupe Virgin Suicide propose un clip très intéressant avec le titre « Evil Eyes ». Dans ce dernier clip que je partage ci-dessous, il y a deux histoires.

La première qui se déroule comme un court-métrage gay, est celle de la découverte pas facile de son attirance homosexuelle par un jeune homme, humilié par ses amis à cause d’une érection en public sous les douches, et qui en vient à repousser son ami par qui il est pourtant attiré et qui se montre accueillant. C’est tout le thème de la difficile acceptation de l’homosexualité dans un contexte hétéro-normé sur fond d’homophobie latente ou déclarée. Pour se faire accepter des autres, pour être en paix avec eux et donc, faussement, avec soi-même, dois-je rentrer dans cette norme qui pourtant ne me convient pas? Suis-je assez fort pour résister? Où vont être les soubassements structurels de ma personnalité, mes ressources, ma force, si je refuse le modèle qu’on me propose et que je sens confusément comme ne me convenant pas?

La deuxième histoire est celle de la chanson, dont je reproduis les paroles et leur traduction avec l’aimable autorisation de Virgin Suicide. Et là nous avons l’histoire d’un amour qui se déclare et qui n’est pas accueilli, pire : rejeté.

« Le regard mauvais« , c’est ce regard noir de rejet ou de dégoût que l’aimé hétéro jette sur soi quand on en vient à lui dévoiler son amour, c’est l’ami qui tout à coup rejette toute notre histoire quand il s’aperçoit que l’amitié a pris place à l’amour chez l’autre, quand son besoin de tendresse prend une dimension affective qui n’est pas celle qu’il peut ou veut y mettre.

Mais pourquoi ce regard mauvais? Evil Eyes peut se traduire aussi par « oeil mauvais », vous savez, comme ce sort de malchance jeté par on ne sait quels dieux sur quelqu’un, et ça devient « le mauvais oeil ». On peut le traduire aussi par « un regard » ou « des yeux diaboliques », dont on peut se demander si c’est celui qui regarde qui est diabolique ou celui qui est regardé par celui-là qui le devient, ou qui le serait parce qu’il est vu comme tel. Quelle culpabilité ou quelle honte on ressent quand le regard de l’autre semble nous regarder comme une bête immonde… Au nom de quoi cette haine?

Petites blessures ordinaires des personnes homosensibles qui découvrent les élans de leur coeur et de leur corps et que ces élans ne sont ni admis ni partagés par tous. La découverte du sentiment amoureux, quoi ! Sauf qu’on peut éconduire un amoureux sans avoir le regard mauvais.

Et alors, ça me rappelle une réflexion vue dans les Evangiles sur laquelle je me suis déjà exprimé : « http://www.paysdezabulon.com/pourquoi-ton-regard-est-il-mauvais/ »

Pour ceux qui veulent aller directement à cette magnifique chanson, c’est à la mn 2’58. 🙂

Virgin Suicide – Evil Eyes /mauvais oeil (2017)

Will I know?
well I know the feeling coming up my back
will it burn you up in side of me?
will I feel?
well I feel the feeling trembling up inside
will you take it out on me?

 

There was no beating heart
nanananananana
there was no falling stars
can I take it out on you?
I dont know

 

Cause there was no heart beating
though I pulled it out in front of you
trying to catch your evil eyes
there was noone peeking
or speaking out their minds its naive
to try and catch your evil eyes

There was no beating heart

So I peek
and I feel the feeling climbing up my chest
I don’t know what it’s gonna be
my friends
will you plz be mean I’m coming all the way to hold you
there was nothing to despair about

There was no beating heart
nanananananana
there was no falling stars

Cause there was no heart beating
though i pulled it out infront of you
trying to catch your evil eyes
there was noone peeking
or speaking out their minds its naive
to try and catch your evil eyes

 

There was no beating heart
nananananana
there was no falling stars
can I take it out on you
well I think you are done

But there was no heart beating
though i pulled it out infront of you
trying to cacth your evil eyes
there was noone peeking
or speaking out their minds its naive
to try and cacth your evil eyes

There was no falling star

 

Vais-je savoir?
eh bien je sais cette sensation qui monte dans mon dos
Est-ce que ça va te brûler à côté de moi?
vais-je ressentir?
eh bien, je sens cette sensation qui me fait trembler à l’intérieur
vas-tu t’en prendre à moi?

Il n’y a pas eu de coeur qui battait
nanananananana
il n’y a pas eu d’étoiles filantes
Est-ce que je peux m’en prendre à toi?
Je ne sais pas

Parce qu’ il n’y a pas eu de coeur qui battait
quand je me suis dévoilé devant toi essayant d’attraper ton regard mauvais
il n’y a eu personne qui observe furtivement
ou qui ait expimé sa pensée que c’était naïf
d’essayer d’attraper ton regard mauvais

Il n’y a pas eu de coeur qui battait

Alors je regarde
et je sens cette sensation qui grimpe le long de ma poitrine
Je ne sais pas ce que ça va être
mes amis
svp, voulez-vous dire que j’ai fait tout ce chemin pour vous garder
et qu’il n’y avait rien à espérer

Il n’y a pas eu de coeur qui battait
nanananananana
il n’y pas eu d’étoiles filantes

Parce qu’ il n’y a pas eu de coeur qui battait
quand je me suis dévoilé devant toi essayant d’attraper ton regard mauvais
il n’y a eu personne qui observe furtivement
ou qui ait expimé sa pensée que c’était naïf
d’essayer d’attraper ton regard mauvais

Il n’y a pas eu de coeur qui battait
nanananananana
il n’y a pas eu d’étoiles filantes
Est-ce que je peux m’en prendre à toi?
Eh bien, je crois que oui

Mais il n’y a pas eu de coeur qui battait
quand je me suis dévoilé devant toi essayant d’attraper ton regard mauvais
il n’y a eu personne qui observe furtivement
ou qui ait expimé sa pensée que c’était naïf
d’essayer d’attraper ton regard mauvais

Il n’y pas eu d’étoiles filantes

>> Liens vers la page Facebook de Virgin Suicide et vers leur page youtube <<

Je suis le souffle du vent, je suis la pluie sur tes fenêtres
Je suis les courants d’air qui font claquer les portes
Je suis les craquements du parquet que la nuit emportent
Je suis le chat qui passe en silence sous le faisceau d’un lampadaire
Je suis les premières neiges, je suis la lune qui éclaire la mer
Je suis les odeurs de l’hiver, je suis le fracas des vagues contre la jetée
Je suis cris des goélands, je suis les embruns sur le rochers
Je suis tes doigts qui frémissent
Je suis l’eau vive qui court contre la coque de ton canot qui glisse
Je suis les parfums de Genet et d’Agent au printemps
Je suis les bans de sables qui découvrent
Je suis l’orage, le soleil qui perce entre les nuages
Je suis les gouttes sur ton visage, je suis la vie autour de toi

FAUVE ≠ 2XGM

Pas la chanson la plus connue de Fauve, et pourtant comme elle est belle, pleine de poésie, et fidèle à leur habitude, avec cette rage de vivre qui déplace des montagnes même dans la noirceur absolue. La rage de vivre et la poésie, voilà ce que j’aime dans les oeuvres de Fauve.

(pour la partie poétique citée en exergue, il faudra attendre la fin du morceau 🙂 )

Source photo : un des nombreux autoportraits de Gaspard Noël parmi son oeuvre impressionnante à consulter sur son site, http://www.gaspardnoel.fr/

Le 8 décembre est la fête de l’Immaculée Conception, une fête mariale qui se situe en plein dans la période de l’Avent, ce temps d’annonce que le Seigneur vient. Depuis le XIXème siècle, on la désigne aussi sous le nom de fête des Lumières, depuis qu’à Lyon, les fidèles choisirent d’honorer la Vierge par des milliers de lumière pour remplacer l’inauguration, compromise par le mauvaise temps, d’une statue de la Vierge.

Restons sur les symboles. Marie, les lumières, l’intériorité.

Notre expérience nous montre que la lumière de Dieu, elle est d’abord en chacun de nous. C’est donc le cas pour Marie et pour son enfant Jésus. Au delà des paroles de la chanson que je propose ci-dessous – Marie savais-tu… – c’est toute la question de l’intériorité de Marie – et en creux celle de Jésus, qui sont posées. Par intériorité, précisons que j’entends leur intimité avec le créateur, avec la Source de leur Vie.

Alors peu importe la réponse à la question. Peu importe aussi le côté merveilleux qui est suggéré dans les paroles de la chanson et qui est propre à l’image que la plupart se font de Noël. Ce qui importe, c’est de laisser cette question agir encore aujourd’hui dans nos vies : est-ce que je sais que Dieu est déjà là et en train de se manifester au monde par moi? Est-ce que je sais l’accueillir? Est-ce que je sais ne pas m’étonner, ou au contraire m’étonner si cela me convient, des merveilles qu’il est en train de réaliser ? et si je découvre que je suis différent de la référence hétéronormée, suis-je aussi capable d’entendre cette question : est-ce que je sais, j’accepte et je reçois en moi le don de Dieu qui se réalisera ainsi en moi?

On a souvent dit de Marie qu’elle est toute disponible, toute donnée à Dieu, ce qui lui a permis de dire oui sans réserve. l’enjeu est donc bien de ne pas retenir le don qui nous est fait. Ne pas juger, ne pas projeter, ne pas interpréter, ne pas interférer… Marie nous montre le chemin.

Mary did you know / Marie, savais-tu?


Mary did you know that your baby boy will one day walk on water?
Mary did you know that your baby boy will save our sons and daughters?
Did you know that your baby boy has come to make you new?
This child that you’ve delivered, will soon deliver you

Mary did you know that your baby boy will give sight to a blind man?
Mary did you know that your baby boy will calm a storm with his hand?
Did you know that your baby boy has walked where angels trod?
And when you kiss your little baby, you have kissed the face of God

Mary did you know, Mary did you know, Mary did you know

The blind will see, the deaf will hear and the dead will live again
The lame will leap, the dumb will speak, the praises of the lamb

Mary did you know that your baby boy is Lord of all creation?
Mary did you know that your baby boy will one day rule the nations?
Did you know that your baby boy is heaven’s perfect Lamb?
This sleeping child you’re holding is the great I am

Mary did you know, Mary did you know, Mary did you know

 

Marie, savais-tu que ton bébé un jour, marcherait sur l’eau?
Marie, savais-tu que ton bébé sauverait nos fils et nos filles?
Savais-tu que ton bébé est venu pour faire des choses nouvelles?
Cet enfant que tu as enfanté, bientôt te délivrerait(*)

Marie, savais-tu que ton bébé redonnerait un jour la vue à un aveugle?
Marie, savais-tu que ton bébé apaiserait une tempête de sa main?
Savais-tu que ton bébé avait marché au même endroit que les anges ont foulé?
Et que lorsque tu embrasses ton petit bébé, tu embrasses le visage de Dieu

Marie, savais-tu? Marie, savais-tu? Marie, savais-tu?…

L’aveugle verra, le sourd entendra et le mort vivra à nouveau
Le boiteux bondira, le muet parlera, les louanges de l’agneau.

Marie, savais-tu que ton bébé est le Seigneur de toute création?
Marie, savais-tu que ton bébé, un jour gouvernerait des nations?
Savais-tu que ton bébé est l’agneau parfait venu du Ciel?
Que cet enfant endormi que tu tiens est le grand ‘Je suis’

Marie, savais-tu? Marie, savais-tu? Marie, savais-tu?…

(*) Jeu de mot en anglais sur le verbe deliver qui signifie à la fois accoucher, délivrer ou « délivrer » au sens fournir, offrir quelque chose.

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Mary, Did You Know? est une chanson de Noël écrite par Mark Lowry (paroles) et Buddy Greene (Musique), interprétée pour la première fois en 1991 par Michael English. Depuis, cette chanson a connu un immense succès et a été reprise par de nombreux groupes, chorales et artistes.

Payton Kemp, qui interprète la version mis en ligne ici, est un jeune américain, à la voix sublime, qui essaie de percer dans la chanson en participant à différents concours. Il a enregistré cette chanson en 2016 pour participer au challenge #LightTheWorld, organisé par la communauté mormon, pour diffuser pendant 25 jours la lumière de Noël par 25 moyens différents.

Payton a non seulement une voix magnifique mais ses choix musicaux me paraissent très intelligents pour la mettre en valeur. N’hésitez pas à visiter sa page youtube et à l’encourager, notamment dans sa version de Purpose de Justin Bieber, très douce, et qui éclaire cette chanson d’une autre lumière que celle apportée par son auteur.

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Photo : Marie et Jésus enfant, photo tirée du film « Le jeune Messie (2016) [The Young Messiah]

 

Parce que tout le monde sourit
Quand mon bel homme passe par là
Il a le vent dans les cheveux
Et des étoiles partout dans ses yeux

Handsome Man by Matt Alber

 

Hey handsome man,
What you do last night
Did you have a good time
Was the music alright?

Hey bel homme,
Qu’as-tu fait la nuit dernière
As tu passé un bon moment
La musique était-elle correcte?

Did you wear that jacket
With those deep blue jeans
I bet the boys went crazy
Bet you caused a scene

As-tu porté cette veste
Avec ce jeans bleu foncé
Je parie que les garçons sont devenus fous
que tu as causé un évènement

Cuz everyone smiles
When my handsome man walks by

Parce que tout le monde sourit
Quand mon bel homme passe par là

I say handsome man
Where you off to now
Are you out in the garden
Or off to town ?

Je dis bel homme
Où es-tu allé maintenant ?
Es-tu dehors dans le jardin
Ou sorti en ville ?

Are there any new songs
That you’re listening too
Im gonna take you dancing
When I come see you

Y a-t-il de nouvelles chansons
Que tu écoutes aussi ?
Je vais te faire danser
Quand je viendrai te voir

Cuz everybody smiles
When my handsome man walks by
He’s got the wind in his hair
And the stars all in his eyes

Parce que tout le monde sourit
Quand mon bel homme passe par là
Il a le vent dans les cheveux
Et des étoiles partout dans ses yeux

The more I try to tell you
Oh, the more I get it wrong

Plus j’essaie de te dire quelque chose
Oh, plus je le fais mal

So handsome man I’ll tell you
With a song
That’s been hidden in the sand
Beneath the stones
That once did spell our names

Alors bel homme,  je vais te le dire
Avec une chanson
C’était caché dans le sable
Sous les pierres
Jadis cela épelait déjà nos noms

A song that’s been stirring in the leaves
And with the wind
Will come and swell the flames
Once again… once again

Une chanson qui remue dans les feuilles
Et qui, avec le vent,
Viendra amplifier les flammes
Encore une fois … encore une fois

Handsome man
Can i ask you this
this
I know we’ve both been loved
And we’ve both been kissed
kissed

Bel homme
Puis-je te demander cela,
Cela…
Je sais que nous avons été tous les deux aimés
Et nous avons tous les deux été embrassés,
embrassés

But when the hounds are sleeping
And we’re ninety three
Will you tell me
The story of you and me ?

Mais quand la meute sera endormie
Et que nous aurons 93 ans
Me raconteras-tu
L’histoire de toi et moi ?

And how everything changed
When your handsome man walked by
With his head in the clouds
And the stars caught in his eyes

Et comment tout a changé
Quand ton bel homme est passé par là
Avec sa tête dans les nuages
Et des étoiles accrochées dans ses yeux

When the world goes crazy
And you forget where you belong
Handsome man I’ll tell you

Quand le monde devient fou
Et que tu oublies où est ta place
Bel homme je te le dirai

When there’s nothing
Left to sell you
Handsome man I’ll tell you
With a song

Quand il ne reste plus rien
A te vendre
Bel Homme, je te le dirai
Avec une chanson

 

 

Source photo : Looking – Saison 2, épisode 9

 

Voici un magnifique poème de Rûmi mis en musique par Amand Amar pour accompagner le film réalisé par Nacer Khémir dans lequel il raconte un épisode de la vie du grand poète et mystique soufi Rûmi, un des piliers fondateurs du soufisme,  Bab’Aziz, Le Prince qui contemplait son âme (2016).

L’histoire raconte de manière poétique, le périple d’une petite fille, Ishtar, qui accompagne son grand-père, bien vieux et devenu aveugle, Bab’Aziz (Rûmi) dans le désert, sous prétexte de se rendre à une réunion de derviches qui n’a lieu que tous les trente ans.

– (Ishtar) Bab’Aziz, nous allons sûrement nous perdre dans le désert…
– (Bab’Aziz) Ishtar, ceux qui sont en paix avec eux-mêmes ne peuvent perdre leur chemin.

Le film raconte en fait les derniers instants du sage. Pour Bab’Aziz, il s’agit en fait d’aller rejoindre sa tombe, délimitée par un carré de cailloux. Mais le voyage s’avère plein de surprises et de rencontres, occasions pour le vieux sage de distiller son amour de la vie et sa sagesse.

Alors que Bab’Aziz défait son turban et s’assied sur sa propre tombe pour attendre la mort, un jeune homme lui demande pourquoi il est si calme :

La mort est la fin de toute chose » dit le jeune homme en pleurant.
Comment cela peut être la fin de quelque chose quand il n’y a pas de début ?  » répond le vieil homme avec douceur.

La danse des atomes (qu’on appelle souvent le poème des atomes) nous raconte la communion ente toutes choses de l’univers et ce fil ténu et invisible qui fait que tout tient. Tous les atomes dansent. Le soleil, le vent, le désert et les hommes-mêmes. Tous et chacun, nous sommes invités à entrer dans la danse…

La musique a été composée par Armand Amar, d’après des paroles du célèbre mystique persan Rûmi.  Les chanteurs sont Haroun Teboul , puis Salar Aghili .

 

Ô Jour, lève-toi!
Fais resplendir ta Lumière, les atomes dansent.
Grâce à Lui l’Univers danse, les âmes dansent, éperdues d’extase,
libérées du corps et de l’esprit,
Je te murmurerai à l’oreille où les entraîne leur danse.

Tous les atomes dans l’air et dans le désert dansent,
étourdis et ivres dans un rayon de lumière,
comme fous.

Tous ces atomes ne sont pas si différents de nous,
heureux ou malheureux,
hésitants et déconcertés
Nous sommes tous des Êtres dans le rayon de lumière du Bien-Aimé,
au-delà des mots.

Rûmî

 

 

 

Photo : le danseur Roberto Bolle, par Bruce Weber, photo publiée par homotography