Justin Bieber – Lonely / Seul

Encore une fois, ce garçon a des accents qui me bouleversent. Est-ce le contenu de sa chanson ? Est-ce la sincérité avec laquelle il l’exprime ? Est-ce qu’il y a dans le monde des vibrations et des ondes, une liaison secrète qui nous rend connectés et qui me fait ressentir comme physiquement chaque note et parole de cette chanson interprétée par lui ?

Un peu de tout ça sûrement, c’est tellement mystérieux.

Mais voilà. « So lonely », Si seul… Et mes digues intérieures qui lâchent. Il vient me rejoindre dans un quelque part en moi que je ne veux pas voir, que je fuis de toutes mes forces. Cet endroit où je suis si seul, si seul, sans recours possible à aucun artifice. Seul et, je dois bien l’avouer, si désespéré que c’est pour ça que je fuis de toutes mes forces cet endroit où sa chanson me ramène. Seul avec moi-même, seul à être capable de m’aimer ou bien c’est le néant. Le salut ne viendra pas de l’extérieur, de toutes les convenances sociales auxquelles on se résout pour être accepté des autres – mais être accepté ou toléré, ce n’est pas encore de l’amour. Cet endroit où, je suis seul avec moi… Et qu’est-ce que je vais faire de moi ? Ai-je assez d’assurance, de confiance, d’estime de moi pour m’avancer sans crainte de qui je suis et des conséquences que cela pourrait avoir ?

Cette question je ne suis bien sûr pas seul à me la poser. Combien de personnes ai-je entendues, notamment des jeunes gens, qui sont confrontées à ce doute existentiel salutaire.

Pourquoi salutaire ? Parce que aussi douloureux qu’il soit, il est signe qu’enfin un peu d’authenticité vient à émerger et va devenir peu à peu un flot de vie. Sans cette prise de conscience, pas de chemin possible, ce serait encore et toujours le jeu des masques et des rôles pour se conformer à qui je crois qu’on veut que je sois. Et, à jouer ce jeu, au fond, jamais je ne serai satisfait, jamais heureux, tant il est vrai qu’on ne peut pas habiter ailleurs que dans sa maison intérieure, celle qui est faite pour soi, là où est notre source intérieure, cette source divine si belle, si ténue, si secrète, si cachée. Cachée à moi-même.

Si seul ? Oh oui si seul, et si douloureux que ce soit. Seul dans ce vide abyssal ou pour certains, comme enfermé dans une prison étanche, qui fait se demander comment on pourrait bien entrer en relation avec qui que ce soit en vérité. Il me semble que cette douleur – qui pourrait se muer en désespoir si on n’y prend garde – est le premier acte, ou signe, nécessaire du retour à soi. Signe d’un détachement de l’extérieur, signe d’un retour vers soi encore fragile, vertigineux, inquiétant, car comme un saut dans l’inconnu. Les repères anciens ne marchent plus, les nouveaux ne sont pas encore apparents…

Je ne peux pas être aimé d’autrui, sentir et bénéficier de cet amour, si je ne m’aime pas moi-même. Voilà pourquoi le retour à la maison est nécessaire.

Si seul dans ce lieu où je suis appelé à être moi-même, à laisser se déployer l’être que je suis. Si seul. Personne pour m’aider et, bien souvent, je ne sais même pas comment faire. Qui suis-je ? A qui confier qui je suis quand je ne le sais pas moi-même ? So Lonely…

Sans compter cette part obscure de moi-même, celle que je n’accepte pas, dont j’ai honte ou me sens coupable. Cette part unique qui est moi et dont la vie en société, c’est-à-dire les relations fraternelles faussées – m’ont amené à croire qu’elle était inacceptable parce que trop différente de ce qu’on attendait de moi. En en premier lieu, toutes ces différences qui ont trait à mon identité profonde, à ma manière d’entrer en relation avec les autres et le monde, mes préférences innées, mon orientation sexuelle, parfois le sentiment d’être différent de l’apparence extérieure que je donne jusque dans mon corps. Oh, ce sentiment de solitude, qui pourra le comprendre ? Comment entrer en relation vraie avec autrui quand on n’est pas encore vrai avec soi-même ? Seuls ceux qui ont déjà parcouru un bout de ce chemin peuvent le comprendre…

* * *

Bien sûr, Justin Bieber parle d’une autre solitude, celle de l’artiste incompris, privé d’adolescence par les tourbillons du succès et de la vie facile grâce à la fortune accumulée. Elle lui est particulière comme toute vie, toute existence, est particulière. Restent ces accents de vérité quand il chante son isolement à ne pas être vraiment compris, à ne pas être aimé pour qui il est vraiment, et au fond, à être qui il est.

Justin Bieber – Lonely / Seul


Everybody knows my name now
But something ’bout it still feels strange
Like looking in the mirror
Trying steady yourself and seeing somebody else

And everything is not the same now
It feels like all our lives have changed
Maybe when I’m older, it’ll all calm down
But it’s killing me now

What if you had it all but nobody to call?
Maybe then you’d know me
‘Cause I’ve had everything
But no one’s listening
And that’s just fucking lonely

I’m so lo-o-o-onely
Lo-o-o-onely

Everybody knows my past now
Like my house was always made of glass
And maybe that’s the price you pay
For the money and fame at an early age

And everybody saw me sick
And it felt like no one gave a shit
They criticized the things I did
As an idiot kid

What if you had it all but nobody to call?
Maybe then you’d know me
‘Cause I’ve had everything
But no one’s listening
And that’s just fucking lonely

I’m so lo-o-o-onely
Lo-o-o-onely

I’m so lo-o-o-onely
Lo-o-o-onely

 

Tout le monde connaît mon nom maintenant
Mais ça me fait toujours un peu bizarre
Comme si, en me regardant dans le miroir
J’essayais de me tenir droit et que je voyais quelqu’un d’autre

Et rien n’est pareil à présent
On dirait que toutes nos vies ont été bouleversées
Peut-être que plus tard, tout se calmera
Mais, pour l’instant, ça me tue

Et si tu avais tout mais personne à appeler
Alors, peut-être que tu me connaîtrais
Parce que j’ai tout eu
Mais personne ne m’écoute
C’est justement ça, cette p** de solitude

Je suis tellement se-e-e-eul
Se-e-e-eul

Tout le monde connaît mon passé désormais
Comme si ma maison avait toujours été faite de verre
Et peut-être c’est le prix à payer
Pour connaître l’argent et la gloire très jeune

Et tout le monde m’a vu malade
Et c’est comme si personne n’en avait rien à faire
Ils ont critiqué les choses que j’ai faites
comme celles d’un gamin stupide

Et si tu avais tout mais personne à appeler
Alors, peut-être que tu me connaîtrais
Parce que j’ai tout eu
Mais personne ne m’écoute
C’est justement ça, cette p** de solitude

Je suis tellement se-e-e-eul
Se-e-e-eul
Je suis tellement se-e-e-eul
Se-e-e-eul

De toutes les demeures de la maison de mon père,
pourquoi ne devrais-je en utiliser qu’une seule, se demanda t-il ?
Une boule qui roule n’amasse pas mousse, songea t-il soudain.
Oui, mais qui trop embrasse mal étreint ; ou plutôt,
Qui trop embrase, mal éteint …
Va ! Va, apporte un feu, lui avait-on dit.
Je le voudrais déjà allumé, pensa t-il.
Va, vis et reviens,
Enfant prodigue.
Regard en arrière, statue de sel.
Sodome, quand m’accueilleras-tu donc à nouveau ?
Ne suis-je plus digne de tes sollicitudes ?
La noce n’est-elle pas encore prête ?
Où en sont les préparatifs de la fête ?
Va, vis, deviens, lui avait-on dit.
Va, vis deviens, lui susurrait son cœur.
Va, vis, deviens …

© At N’go
(5 mai 2018)

“Pour vous qui suis-je?”

Le frère franciscain Nicolas Morin vient de livrer sur facebook une très belle méditation sur ces paroles que Jésus adresse à ses disciples.
Allons plus loin.
Si Jésus, en son humanité, récapitule ce que Dieu fait en lui, c’est-à dire en toute humanité, c’est à-dire en chacun de nous, il nous reste à accepter d’être, chacun, celui qui vient déranger les autres par cette question : pour vous qui suis-je ?…
En étant différent, en étant autre, en étant d’une autre orientation sexuelle, pour toi/ vous qui suis-je ?
Et plus loin encore, en quoi mon humanité transcendée par l’acceptation de qui je suis vient-elle toucher ton humanité et favoriser son épanouissement?

Source photo : Film Jonas

Je suis à nouveau avec cette question : maintenant, que faire ?

Il m’a fallu du temps pour accepter mon homosensibilité, pour constater qu’elle n’était en rien incompatible avec le fait d’être chrétien.

Et je partais de loin.

Avec cette idée introjectée par je ne sais quel mécanisme et quels conditionnements qui m’ont fait repousser l’homosexualité comme étant anormale et dangereuse pour moi depuis aussi loin que je m’en souvienne. Et cet enfoncement dans un déni terrible, barricadé de partout, qui m’ôtait l’accès à une partie essentielle de moi-même puisqu’il s’agissait de qui j’étais.

Mais pas qui j’ étais dans un détail futile, vous comprenez, qui j’étais dans ce qu’il y a de plus précieux en moi. Ma capacité à aimer, à me recevoir et à me donner, à exprimer et à accueillir de la tendresse et de la douceur. Tout ce qui fait qu’un être humain est à l’image de Dieu (« Apprenez de moi que je suis doux…et humble de cœur » dit Jésus).

Bref toute une vie amputée de moi-même dont je ne vais pas dire qu’elle est gâchée mais durant laquelle, en termes d’affectivité, d’authenticité et de don de soi, j’ai perdu du temps que j’aimerais aujourd’hui rattraper.

Las ! Les années ont passé… Pour ce qui est d’une rencontre amoureuse, c’est devenu bien compliqué, et peut-être n’y crois-je pas assez. Je suis encore amoureux du souvenir de l’ami de la fin de l’adolescence, qui, sans le savoir, m’a révélé à moi-même, à ma capacité d’aimer, de me donner. Et cela semble si loin que je ne sais si cette « magie » peut se reproduire. En tout cas, ce n’est jamais arrivé depuis.

C’est bizarre que je parle de cela. En commençant cet article, ce n’était pas mon intention. Je voulais parler de l’acceptation, certes, mais de ses conséquences surtout.

Donc je suis gay et chrétien. Très bien. Je n’ai pas besoin de le crier sur les toits ni de le montrer ostensiblement. En tout cas, pas tant qu’une vie sociale ne me l’imposerait, par exemple en cas de conjugalité.

Je suis gay et chrétien. Et tout est bien. C’est si simple, finalement. Pourquoi donc m’en suis-je fait un problème pendant des années !

Je me suis demandé un temps si d’être gay changeait la manière d’être chrétien. J’aurais pu me demander aussi si d’être chrétien changeait la manière d’être gay. Je voulais me rassurer, j’imagine, en me posant ce genre de questions. La vérité est qu’on s‘en fiche pas mal, n’est-ce pas ?

Et je me retrouve avec ce blog qui a eu en quelque sorte la vertu thérapeutique et spirituelle de m’aider à accoucher de moi-même et je ne sais plus quoi faire avec.

Je n’ai pas envie d’en faire un blog de pieuserie. Certes, j’aime lire les Evangiles et assez souvent j’ai partagé ma compréhension et ma méditation des Ecritures. Soucieux de vérifier pour moi-même, et de partager aussi, qu’il n’y a rien dans les Evangiles qui justifie le rejet de l’homosexualité. Mais qu’est-ce que cela a d’original ou même d’intéressant ? Chacun est capable d’accueillir la Parole et la laisser le transformer.

Je voudrais bien partager des choses intimes comme par le passé, des choses qui ont pu toucher certains lecteurs, parce que j’arrivais à mettre des mots sur des choses vécues aussi par d’autres qui n’ont peut-être pas cette facilité à mettre en mots. Mais la vérité est qu’en ce moment, je suis sec de tout ça. Pas inspiré. Pas dans cette énergie diraient les gens du « développement personnel ».

Reste ce constat qu’ici ou là, il existe encore des chrétiens, jeunes ou moins jeunes, qui vivent mal la découverte de leur orientation sexuelle, qui se croient malades ou pécheurs, ou – pire – damnés, et cela m’afflige énormément. J’avoue que maintenant que j’ai franchi le pas de mon acceptation, j’ai du mal à croire que cela soit encore possible. Et pourtant c’était moi il y a encore si peu de temps ! Je dois lutter pour me rappeler qu’il y a des frères et des soeurs qui sont encore dans le combat que je viens de traverser et qui, une fois passé, semble pour moi comme s’évanouir, comme s’il n’avait jamais existé, ou en tout cas comme s’il n’avait aucun intérêt.

Il y a aussi la bêtise de ceux qui utilisent la Bible ou leur représentation de la foi chrétienne pour condamner les autres. Et là, j’avoue que quelque chose en moi s’indigne. Un feu qui couve encore s’attise, se rallume et a envie d’éclater en mille incandescences pour montrer la vanité et la futilité de tous ces pseudo-arguments qui ne traduisent que les peurs ancestrales de la non-survie de l’espèce.

Que faire ? Les associations « gays », dans leur approche communautaire, forcément limitative, ne m’attirent pas. Je l’ai déjà dit je préfèrerais une église inclusive dans laquelle les uns et les autres se fréquentent et se parlent. Je n’ai pas envie que mes loisirs, mes intérêts, ma vie entière ne se passent qu’avec des gays !

Que faire ? Je tiens à mon anonymat. M’engager plus loin, pour des raisons de légitimité à parler comme je le fais, m’obligerait à toujours plus me dévoiler.

Oh que ce n’est pas simple. Se taire, je ne peux pas tout à fait m’y résoudre, faire plus je ne sais pas si j’en suis capable. Pas seul, en tout cas.

Je suis comme ce garçon sur cette image. Capable de me dénuder, de danser comme au soleil et de lancer des perches à droite à gauche, tisser des liens, mais c’est comme à l’abri des regards et pour un cercle d’initiés. Et cela ne me convient pas tout à fait non plus.

Voilà. J’avais envie de partager tout ça pour donner un peu de nouvelles. Vous êtes plusieurs à attendre patiemment que je publie, à me demander de le faire, parfois. Et c’est devenu difficile sans que je sache pourquoi. Je ne sais plus bien ce qu’ « on » attend de moi. « On » est un c**, n’est-ce pas ? Ce n’est pas à quelqu’un de me dire ce que j’ai à faire. Mais jusqu’ici je sentais comme une force en moi qui me travaillait et avait besoin de jaillir et s’exprimer. Et aussi douloureux que ce soit, c’était une force de vie, et il était facile de la laisser s’exprimer comme étant la volonté bonne de Dieu pour moi et pour d’autres.

Mais là, tout est calme.

Ce n’est pas qu’elle n’est plus là. Oh non ! Je sens bien encore en moi cette puissance prête se réveiller et à aller plus loin. Mais pour le moment, elle dort, ou prépare d’autres choses, qu’en sais-je ? C’est curieux cette manière d’en parler comme si elle était autre que moi, n’est-ce pas ? Car cette force est pourtant une partie de moi que j’assume et revendique.

Et c’est bien ce qui me rend actuellement perplexe. C’est comme si elle s’était rendormie après que le travail ait été fait. Et pourtant je sais bien plusieurs choses : que mon chemin n’est pas terminé, qu’être homosensible n’est toujours pas si simple, que la bêtise homophobe est toujours là, et je sais aussi que certains d’entre vous m’attendent.

Bon. Je sais tout ça. Mais il va falloir être patient. Vu que je n’ai pas la réponse à cette question, même après avoir écrit ce long texte – parfois l’écriture se révèle chemin et la réponse vient chemin faisant – à cette question : Maintenant, que faire ?

En attendant, bonnes vacances !

Z – 13/07/2020

Vu sur l’excellent blog de Carlos Osma, homoprotestantes.blogspot.com :

Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route !
Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec.

(Exode 14, 15b-16)

La plupart des personnes LGTBIQ, nous avons longtemps été face à la mer Rouge, coincés entre des puissances qui voulaient nous soumettre et asservir, et la peur paralysante générée par une mer qui semblait être la fin du monde. La fuite d’Egypte est un texte qui a tellement à voir avec nous qu’il est difficile de le lire sans que quelque chose en nous ne remue.

Cette expérience oppressante, de ne pas savoir où nous jeter, de croire qu’il n’y a pas d’échappatoire, que nous ne pouvons que choisir entre l’esclavage et la mort, a laissé une marque si profonde sur nous que lorsque nous lisons des textes comme celui-ci, nous sentons que nous nous connectons non seulement avec ceux qui ont vécu cette situation il y a des milliers d’années – je n’entre pas dans le débat sur les événements historiques qui en sont à l’origine et qui ont façonné le texte – mais avec tant d’autres qui continuent de le vivre aujourd’hui.

Vous souvenez-vous de cette douleur thoracique, de l’essoufflement, de la peur, de la solitude ou de la croyance que même Dieu vous avait abandonné à votre destin? Eh bien, c’est semblable à ce que malheureusement les autres personnes LGTBIQ qui vivent autour de nous continuent de ressentir aujourd’hui. Des gens qui n’ont peut-être même pas atteint l’adolescence mais qui, comme nous il n’y a pas si longtemps, sont tiraillés entre le pouvoir esclavagiste LGBTI-phobique de l’Égypte et celui de la mort de la mer Rouge.

Nous pourrions essayer de tout oublier, prétendre que cela ne s’est pas produit, mais inévitablement, nous retournons continuellement à ce lieu d’origine où nous acquérons une nouvelle identité, celle d’être fils et filles d’un Dieu libérateur, car là, nous nous souvenons que la dichotomie qui nous oblige encore aujourd’hui à choisir, entre l’esclavage ou la mort, est complètement erronée.

Le choix se fait à un autre niveau, croire en un dieu fondamentaliste qui ne peut nous voir que comme des esclaves qui doivent être soumis et punis pour avoir voulu la liberté et la justice, ou croire en un Dieu libérateur qui connaît la douleur des êtres humains et qui se met du côté de ceux qui souffrent et contre ceux qui les violentent. Et ce choix se répète, et est constamment répété, dans toutes les décisions que nous avons à prendre au quotidien, c’est pourquoi il est important dy retourner constamment, face à la mer Rouge, pour se rappeler quel Dieu est celui qui nous a libérés, et lequel a voulu nous asservir. “Je suis le Seigneur votre Dieu, celui qui vous a fait sortir du placard” , nous disait-il aujourd’hui, et ajoutera plus tard: “N’oubliez donc pas l’immigré, la femme maltraitée ou l’enfant vulnérable”.

Et il est vrai que la mort n’a pas le dernier mot, nous le savons par notre propre expérience, la mer Rouge peut sembler immense et infranchissable, mais le Dieu libérateur est capable de la diviser en deux et de laisser un chemin de terre ferme où seuls ceux qui aspirent à la liberté peuvent passer. C’est par ici que nous avons traversé, que nous avons marché pendant des semaines, des mois, des années, émerveillés que la vie se fraye un chemin miraculeux.

Et il est important de partager avec nos proches que cette voie existe, que nous devons oser faire le pas et continuer à avancer, que la peur ne peut pas être le seul moyen possible de rester en vie. Mais il est tout aussi important de ne jamais l’oublier non plus, car les situations d’oppression, bien que différentes de cela, se répètent toujours.

Vivre libéré exige constamment des décisions courageuses de la part du Dieu libérateur et contre le dieu de l’oppression. La phobie LGBTIQ n’a pas disparu, même si elle n’a plus autant de pouvoir sur nous que lorsque nous avons quitté l’Égypte. C’est pourquoi nous devons chaque jour continuer à prendre des décisions courageuses qui rendent notre vie non pas régie par elle, mais par la libération.

Et c’est le Seigneur qui non seulement « nous sort du placard» , mais qui « nous sort de toute autre Égypte» chaque jour, et cela doit être affirmé, partagé, crié, chaque fois que cela est nécessaire.

Source photo et texte : homoprotestantes.blogspot.com