« Fils de David, aie pitié de moi ! »

Voilà.
En Jésus, certains reconnaissent le « Fils de David ».
Bien sûr, cela fait référence au roi David, à son côté messianique, au roi selon le coeur de Dieu.

Jésus serait donc son descendant,
selon Mathieu, par Joseph, selon Luc, par Marie,
selon certains, par les deux parents.
Bref, il est de la tribu de Juda,
un rejeton lointain de la tribu de Jessé,
un descendant de David.

Mais dans ce temps de Noël
où l’on fait mémoire de la naissance et de l’enfance de Jésus,
il me vient à l’esprit l’image de ce petit rouquin qui gardait les troupeaux de son père,
un garçon agile et sensible, beau comme le plus beau des enfants des hommes.

Dans cette famille de fidèles à l’Alliance et au trône,
dans cette famille de guerriers valeureux,
c’est ce petit-là, mi-artiste mi serviteur,
enfant au coeur disponible,
qui est choisi.

Il est beau. Séduisant.
A vrai dire, tous tombent sous son charme.
les troupeaux et les herbes folles,
le vent et les notes de musique.

Tous tombent sous son charme.
Dieu lui-même.

Mais aussi le prophète,
et puis le roi Saül, et puis le fils du roi, Jonathan,
et même la fille du roi et soeur de Jonathan
et puis, et puis…

David.
Roi au grand coeur.
Roi authentique, serviteur non feint,
qui rassemble les tribus d’Israël,
danse nu devant l’Arche du Seigneur,
protège ton peuple de toute invasion.

David,
Roi fidèle,
à la vie tellement bouleversée
par tes amours, tes erreurs, les trahisons, les déconvenues.
Roi, toujours fidèle.

Roi messager,
Roi prophète,
Roi sensible,
Roi humain,
Roi donné.

Et qui pour te succéder ?

Tes fils te trahissent, complotent, envient et jalousent.
Personne pour te succéder?
Sinon Salomon, le fils de l’adultère,
le fils au grand coeur,
le fils de la sagesse,
le fils de l’amour?

Qui sera le Fils de David
qui pourra succéder à son père
et, ce, au delà de Salomon ?

Voilà toute la question.

Est-ce toi Jésus ?

As-tu ces reflets roux dans tes cheveux,
as-tu ce coeur sensible à la beauté de l’univers,
au chant du vent et du luth dans la prairie
au rythme du vivant qui ne peut que s’accomplir?

As-tu ce coeur qui t’accorde avec l’authentique, le beau, le vrai,
l’amitié de ton frère et semblable,
la beauté et la tendresse d’une femme,
la promesse d’un bonheur unique et pour chacun?

Jésus,
qui nait à Bethléem, un jour du temps,
grandit et devient homme à Nazareth en Galilée,
es-tu le Fils de David,
le roi promis,
l’homme au grand coeur,
l’homme disponible à la beauté,
l’homme-Dieu ?

Tu es cet enfant-là,
Jésus,
prince d’humanité,
roi de toute éternité
et humilité.

Jésus,
Fils de David,
aie pitié de moi,
emmène-moi avec toi !

Z – 30/12/2016

Source photo : Oeuvre de Hugo Laruelle

Victor Sidoni by Renato Gama

Ne te plaira-t-il pas, Seigneur Jésus,
de me donner ta vie comme tu m’as donné ta conception?
Car non seulement ma conception est impure,
mais la mort est perverse, la vie dangereuse,
et après la mort, reste une mort plus grave, la seconde mort.

Non seulement, répond-il, je te donnerai ma conception,
mais aussi ma vie,
et ma vie à ses différents âges :
la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, la jeunesse ;
j’y ajouterai ma mort et ma résurrection, mon ascension
et l’envoi de l’Esprit saint.

Ainsi ma conception purifiera la tienne,
ma vie éclairera la tienne,
ma mort détruira la tienne,
ma résurrection précédera la tienne,
mon ascension préparera la tienne,
tandis qu’en suite, l’Esprit viendra en aide à ta faiblesse.

Alors tu verras clairement la voie où marcher,
la prudence avec laquelle marcher,
la demeure vers laquelle marcher.

Dans ma vie, tu connaîtras ton chemin :
de même que j’ai gardé indéfectiblement les sentiers
de la pauvreté et de l’obéissance,
de l’humilité et de la patience,
de la charité et de la miséricorde,
toi, à ton tout, tu suivras mes traces
sans dévier ni à droite ni à gauche.

Dans ma mort, je te donnerai ma justice,
je briserai le joug de ta captivité,
je combattrai tes ennemis,
ceux qui sont sur ta route ou à ses abords,
afin qu’ils cessent désormais de te nuire.

Saint Bernard,
Deuxième sermon pour la Pentecôte, § 5

qui-me-separera

Pas le temps de faire une grande éxégèse, mais comment ne pas relever les paroles si consolantes de la liturgie de ce jour, pour toute personne qui a entendu l’appel du Seigneur? Précisons quand même, je parle de l’appel à se laisser aimer.

Prenons le récit des Actes des Apôtres. Ce n’est pas l’application, même scrupuleuse, des rites ou des normes qui fait que l’on est sauvé.  C’est le lien indéfectible au Seigneur Jésus. Ce qui fait que la Promesse de la vie éternelle est faite à quiconque veut la recevoir en vérité, sans marchandage mesquin sur le respect des lois, le mérite, la préséance ou toute autre motivation venue de l’orgueil d’un ego qui n’a pas encore baissé les armes face à l’offre inconditionnelle d’un amour lui aussi inconditionnel.

Alors, oui, le salut peut être offert aux peuples, aux nations, à tous et chacun de toute culture,de toute origine. Et c’est l’esprit en paix, que  Paul et Barnabé peuvent partir en secouant la poussière de leurs sandales (obéissant en cela à une préconisation du Seigneur lui-même, rapportée dans les Evangiles), non sans laisser quiconque a reçu la promesse de la vie éternelle ( i.e. ceux qui peuvent, ceux qui sont disponibles) dans la joie. Car la Bonne Nouvelle de la proximité du Seigneur est joyeuse !

 Quand les Juifs virent les foules,
ils s’enflammèrent de jalousie ;
ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient.
Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance :
« C’est à vous d’abord
qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu.
Puisque vous la rejetez
et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle,
eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes.
C’est le commandement que le Seigneur nous a donné :
J’ai fait de toi la lumière des nations
pour que, grâce à toi,
le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. 
»
En entendant cela, les païens étaient dans la joie
et rendaient gloire à la parole du Seigneur

(Ac 13, 14.43-52)

Les textes de l’Apocalypse et de l’Evangile du jour sont, du coup, très évocateurs de la liberté des enfants de Dieu du moment qu’ils sont unis au Seigneur. Ce que le Seigneur a uni ne pourra pas être défait. « Nous sommes uns » dit Jésus,  comme « le Père et moi, nous sommes uns. »

Moi, Jean, j’ai vu :
et voici une foule immense,
que nul ne pouvait dénombrer,
une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.
Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau,
vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
(…)
l’Agneau qui se tient au milieu du Trône
sera leur pasteur
pour les conduire aux sources des eaux de la vie.
Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.

(Ap 7, 9.14b-17)

Seul critère : l’attachement au Christ. Plus encore que la confiance, l’adhésion, le choix du Christ. Il est précisé dans le’extrait de l’Apocalypse que le Seigneur rassemblera ses brebis et qu’il n’en perdra aucune, aucun de ceux qui se sont attachés à lui  – quelque soit sa condition, semble-t-il  ; le Seigneur a mission de les emmener à son Père. Quand cela arrivera-t-il?  Après la mort? Dès maintenant? Question  intéressante, pleine de sens et d’ouverture à laquelle il n’est pas répondu et que nous n’explorerons pas aujourd’hui.

En ce temps-là, Jésus déclara :
« Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle :
jamais elles ne périront,
et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données,
est plus grand que tout,
et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »

(Jn 10, 27-30)

Mais retenons cette notion d’attachement. Quand mon  coeur est brûlant en vérité de la rencontre du Seigneur, quand mon être  s’est ouvert à l’Être grâce à la rencontre d’autrui, quand  la beauté de l’autre – à son corps défendant parfois – vient réveiller la beauté de l’Être en moi et me révéler qu’il m’appelle,  quand l’autre a réveillé quelque chose de divin en moi, comme l’invite à m’ouvrir toujours plus, je pose la question : même si cette relation est de nature homosensible (et encore, qu’est-ce que ça veut dire quand on en est là !), qui pourra me séparer du Seigneur?

Z.

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 » Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre. »
Jean (20,30)

 

Première réaction : lesquels ? Pourquoi ne pas les dire tous. J’ai l’impression qu’il n’y en aura jamais assez pour s’efforcer de comprendre le mystère de ce Jésus qui est Seigneur. Si tu es Envoyé de Dieu, Jésus, dis-nous donc ce qu’il faut faire, clairement ! Encore des signes, encore des signes ! Pas pour crier au miracle, juste pour me laisser toucher, savoir enfin en quoi je suis concerné. Avec certitude.

Mais voilà, deuxième réaction : Et combien de signes te faudra-t-il, tant qu’il s’agit de signes qui apparaissent dans la vie des autres ? Si cela arrivait dans ta vie, le recevrais-tu comme signe ? Ce n’est même pas sûr !

Troisième réaction : mais alors, où es-tu Seigneur dans ma vie ? Quand as-tu été là ? Quand t’ai-je reconnu ? Etrange consonance avec la finale de Mathieu….

La vérité, c’est qu’avec 10 000 signes, je peux encore être incrédule alors que l’Evangéliste nous appelle à être croyants, et pas incrédules. Croyant, c’est-à-dire : à avoir confiance.

Confiance en quoi alors ? En fait dans l’Evangile, c’est bien avoir confiance en qui. Et c’est précisé en toutes lettres (Jean 20, 31) : avoir confiance que Jésus est l’Envoyé de Dieu, venu nous révéler tout à la fois la splendeur de notre humanité et l’amour de notre Dieu qui la trouve belle et la magnifie. C’est bien ce que nous voyons en Jésus, non ?

Alors, je me tourne vers toi, Jésus que je reconnais comme mon Seigneur. Et je te dis : je t’en prie, je t’en supplie même, aide-moi à accepter mon humanité et à y lire les signes de l’amour de Dieu pour moi. Ton Père, Notre Père, m’a créé avec amour et m’a confié cette parcelle d’humanité en me fait confiance pour la porter. Il me l’a confiée pour que je l’honore. Il n’ignorait rien des errements, des terreurs, des obstacles et contradictions diverses que provoque la confrontation à ses limites et à celles des autres. Mais il m’a créé avec confiance.

En Toi, Jésus, je reconnais mon Maître et Seigneur, car ton humanité, toute disponible à Dieu est resplendissante. En toi, Seigneur, je reconnais l’océan des possibles qui me sont offerts également, je les reconnais comme une invitation à m’avancer et à être. A être ce que je suis, pas autre chose, fût-ce pour des convenances, des usages ou des peurs.

En te regardant, j’entends cet appel, déjà entendu dans les Psaumes : lève-toi et parais.

Une fois pour toutes, n’aie pas honte de ce que tu es,
N’aie pas honte d’être sensible,
N’aie pas honte d’être attiré par les hommes,
N’aie pas honte de relire ton histoire et de l’assumer.
Même si tu ne comprends pas,
Même si les autres ne comprennent pas,
Moi te je dis :
Tu Es celui que mon Père a voulu,
Tel que tu es.

Alors, porte cette humanité
grandement
et bellement.

 

Z – 3 avril 2016

Source photo:Kevin Mischel, danseur

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Va, et ne pèche plus.

Dans la liturgie de ce dimanche (13 mars) « Va et, désormais, ne pèche plus ».
Je voudrais m’arrêter quelques instants sur cette finale de l’Evangile de la femme adultère.

Parmi les réceptions de cette Parole, il me semble qu’il y a  deux interprétations qui ne sont pas, ou ne sont plus, recevables.

  • La première serait de se dire : ouh la la, tous les gens ils sont méchants, et en plus ils veulent embêter Jésus. Heureusement, il ne tombe pas dans le piège. Il transforme l’indignité publique en une affaire privée et finalement réussit à sauver une pauvre pécheresse. Super Jésus !
  • La deuxième serait de conclure par une justice compassionnelle mal  placée : bon, cocotte,  je t’ai tirée d’affaire. Ils t’ont pas condamnée, et moi non plus, mais quand même t’es une pécheresse, alors que ça te serve de leçon, hein ! Arrête tes activités de pécheresse ! Hum, hum…

Evidemment ces deux interprétations sont possibles, et même nécessaires pour comprendre ce qui se passe, mais il me semble bien que nous sommes invités à aller plus loin. Sinon, pourquoi toute cette histoire pour répéter un message que finalement nous connaissons par cœur : Dieu nous aime au-delà d’une justice rétributive, il nous aime si fort qu’il a le pardon facile… du moment qu’on s’engage à ne plus pécher !

Certes, dans le contexte de l’époque comme dans bien des consciences contemporaines, c’est déjà un énorme progrès. Mais, franchement, ça ne suffit pas. Jésus est bien plus fort que ça !

 

« Va, ne pèche plus ! »  Comment expliquer ce paradoxe entre le constat du péché et la non-condamnation ? D’abord, c’est quoi « pécher » ? Les hébreux qui poussent la femme devant Jésus semblent croire que ça consiste à commettre quelque chose qui est interdit dans la Loi et donc qu’il faut punir, comme les textes le proposent. Donc, ce serait une faute, quelque chose de vilain par nature que, berk, il faut réprimer. Sinon y’a plus d’ordre, plus de repères, où va le monde, quoi !…

« Va, ne pèche plus !»… Elle a donc péché.  Mais pourquoi donc Jésus  qui est venu accomplir la Loi et non pas l’abolir, ne laisse –t-il pas s’appliquer les prescriptions prévues dans la Torah ? Elle a péché ou elle a pas péché ?

« Va ne pèche plus ». Nous-mêmes aujourd’hui, et déjà les hébreux anciens, semblons avoir oublié le sens originel du mot péché.  En hébreu, le terme ‘HaThaH, parfois écrit Chatta’ah,   désigne le fait de rater sa cible, comme un archer rate sa cible.  Le mot grec  amartia  par lequel cela  été traduit, a sensiblement le même sens.  Il y a donc un glissement de sens qui n’est pas correct chez ceux-là même qui parlent la langue hébraïque, ces fameux gardiens de la loi. Et, dommage pour nous,  ce glissement sera encore plus marqué en Occident avec la traduction latine par pecco , peccatore, d’où vient le mot français péché. Parce que pecco veut clairement dire faire un faux pas… ce qui enclenche immédiatement la question de la faute et de la responsabilité qui ne sont pas forcément contenues dans les termes hébreux et grecs !

« Va ne pèche plus »… Donc, si on entendait : « Va et ne rate plus ta cible ».  Ouverture très intéressante. La femme est alors renvoyée à elle –même, hors tout jugement et condamnation. Jésus lui dit simplement : fais ce pour quoi tu es faite. Ton cœur, ton être, te disent la mesure. Et la mesure, elle est de répondre à cet appel à être qui sourd en toi, y répondre sans commettre le mal envers autrui.

Oui, je sais que Jésus ne dit pas tout ça textuellement, mais  comme Dieu ne se contredit pas, s’il faut assumer l’héritage de la Torah, il faut bien lui trouver un sens dans les paroles de Jésus.

« Va, ne pèche plus…» Ne rate pas ta cible, tu es faite pour le bonheur, un vrai  bonheur. Pas pour en prendre des miettes, ici ou là, dans la vie des autres. Ecoute attentivement l’appel de Dieu en toi, l’appel de la Vie.  La question n’est finalement pas celle de l’adultère mais celle de ta vérité, et aussi celle de ne pas faire de mal à autrui pour ne pas blesser leur vérité. Je parle  bien de vérité, pas du sentiment fugace de sincérité. Quelle est fondamentalement ta cible, ce pour quoi tu es faite ? Le sachant, tu pourras faire un, toi, ton arc, ta flèche et la cible, ainsi que l’explique  Karl Graf Durkheim relatant parfois son initiation aux arts japonais.

« Va, ne pèche plus.. » La mesure est en toi, pour peu que tu sois lucide sur toi-même et un tantinet disponible. Ce pourquoi, ce n’est pas aux autres de te condamner. C’est tellement facile de pointer les soi-disant erreurs ou écarts des autres pour ne pas regarder le mal en soi. Le mal, c’est l’aveuglement qui coupe de soi-même et tue l’autre.

Si nous reprenons maintenant l’autre parole de Jésus, prononcée à l’égard de ceux qui lui amènent la femme, en quoi consiste-elle ? Il les renvoie à eux-mêmes. Il les remet, eux aussi,  dans la bonne direction qui est d’écouter son cœur en vérité. En ce sens, il me semble que Jésus n’est pas du tout piégé par cette situation. Peut-être est-il las ou attristé mais cela aussi est une libre interprétation car rien dans le texte ne permet de connaître les sentiments du Maître. Jésus, il est égal à lui-même. Il ne réagit pas à la pression, il est tout entier uni à son Père, et c’est très calmement qu’il peut renvoyer chacun à ausculter sa vérité. N’es-tu pas pécheur toi-même ? Ne rates –tu pas régulièrement la cible de ce pour quoi tu es fait ? Te conduis-tu toujours en être créé à l’image et à la ressemblance de ton Dieu ? N’es-tu pas en train de rater ta cible, là, en t’occupant de celle des autres ?  Que celui qui n’a jamais raté sa cible, que celui qui n’a jamais péché, lui jette la première pierre, si c’est ça votre vérité !

« Va, ne pèche plus ». Ce n’est pas une condamnation même a postériori.  Ni avec sursis, ni avec absoute. Nous sommes dans un autre registre qui est plutôt de l’ordre de : « écoute ton coeur, écoute ton être, et va dans cette direction, fais ce que tu as à faire. » Quel formidable encouragement, quelle formidable preuve de confiance !

Il y en a un autre à qui Jésus dira cela. Un peu plus directement, sous la forme de « fais ce que tu as à faire », et ce sera Judas.  Grand mystère que cette amitié trahie par un homme qui n’écoute pas bien son cœur et qui projette sur les gens, les évènements et Jésus lui-même des aspirations qui ne viennent pas de lui. Nous sommes tous faibles, tous capables d’abandon, lâcheté, trahison face à l’ampleur de la tâche. Aussi cela doit-il nous conduire à l’humilité. Je ne sais pas pour mon frère ce qui convient pour lui. Je ne peux pas le savoir puisque j’ai bien du mal à savoir pour moi-même. Mais  ce que je sais, c’est que dans la vie de mon frère, il y a quelque chose de Dieu, une étincelle divine, qui l’éclaire et me parle. Ses combats, ses luttes, ses chutes, ses débats intérieurs  ne sont pas sans laisser  percevoir la présence de Dieu dans sa vie, même quand il ne le sait pas lui-même.

Alors, le condamner ?  Alors que, sans le savoir, il me parle de l’amour de Dieu pour lui… et donc pour moi ?

Pas possible.

[Libre commentaire, vu du pays de Zabulon 🙂]