Avant,
j’avais toujours un morne livre entre les mains…

Aujourd’hui,
l’amour m’a offert une très joyeuse clochette !

Avant,
ne sortaient de ma bouche
que tristes litanies ou ennuyeuses prières…

Aujourd’hui,
voici que jaillissent de moi
poèmes pétillants, chants et quatrains.

Rumi

 

 

—-

Et s’il faut une piste d’exploration… Avant je lisais des  prières, je cherchais des mots, j’accumulais des connaissances, je remplissais ma tête, mais peut-être sans y être vraiment, comme si cela devait venir de l’extérieur. Maintenant, avec le son qui sort de la clochette et remplit l’espace, cette vibration qui m’est extérieure mais qui remplit tout mon être, cette onde avec laquelle mon coeur peut vibrer en harmonie avec lui-même et avec toute chose autour, je suis vraiment présent. Et de mon coeur peut jaillir la présence.

Ajoutons que les poèmes ne sont pas fait pour être lus, ils sont faits pour être vécus. Ils jaillissent du vécu et ne peuvent toucher et aider que ceux qui sont prêts à s’en imprégner et à les laisser vivre ne eux.

Z.

Source photo : cloche tibétaine sur Pinterest

LloydKnightAndAbdielCedricJacobsen

. . . nous nous rendons compte que nous n’avons pas à rester
sur le petit terrain  de notre souffrance,
et que nous pouvons aller au-delà.

Nous arrêtons de centrer notre vie sur nous-mêmes.
Nous en attirons d’autres avec nous
et nous les invitons dans une danse plus grande.
Nous apprenons à faire de la place pour les autres
– Et pour l’Autre si bon en notre centre.

Et quand nous devenons présents
à Dieu et au peuple de Dieu,
nous trouvons notre vie plus riche.
Nous réalisons que le monde entier
est notre piste de danse.
Nos pas se font plus légers
parce que Dieu a appelé les autres
à danser aussi.

(…)
La prière nous met en contact
avec le Dieu de la Danse.

 

Henri Nouwen
Extrait de Turn my mourning into dancing

(Thomas Nelson Publishing Company, 2004).

Source : thewildreed.blogspot.fr

A mon ami extraordinaire,
et ses amis tout autant extraordinaires !

danse

Bieber-praying-for-Paris

Justin Bieber interrompt un concert afin de prier pour les victimes des attentats de Paris

 

 

Pardon.  Certains s’étonnent peut-être  de mon silence face aux évènements de Paris. C’est que je ne sais pas comment exprimer ma peine, mon désarroi et mon désir de continuer à vivre en même temps.

Je me méfie de l’instantanéité émotionnelle que l’on regrette ensuite. Mais je la sais nécessaire pour nombre d’entre nous. Les actes posés sont horribles, « ce sont des actes de guerre » a dit le Président de la République Française, et il a raison.  Une guerre horrible où l’on ne respecte pas les innocents, les gens qui s’amusent, qui vivent tranquillement et sous le régime de la liberté.

Mais quelle est cette folie ? Des fous, qui ne représentent même pas vraiment l’Islam, veulent s’accaparer des territoires qui ne leur appartiennent pas, instaurer des régimes de violence, avec l’appui et le financement des mafias de la drogue et de tous les trafics nauséabonds et veulent en même temps se faire passer pour des « purs » ? Ils ne connaissent même pas l’Islam véritable, ils s’appuient sur des haddith à provenance non attestée faisant fi du Livre Saint qui seul a prévalu pendant deux cents ans dans l’histoire de l’Islam et dans lequel le prophète se révèle un homme humble, amoureux de Dieu, qui ne se met pas en valeur et qui respecte les autres croyances.

Alors nous sommes « en guerre » ? C’est comme ça que ça commence une guerre? Par la bêtise non raisonnable, la haine non amadouable, par l’attaque de civils, des gens innocents et non armés… Que c’est triste !

J’ai envie de crier le mot qui vient du fond du coeur du Seigneur : « Paix ! » Paix ! Pouvons-nous être en guerre et avoir le coeur en paix ? Je n’aime pas l’idée d’ « être en guerre » mais à quoi bon se voiler la face ? Nous savons que nous ne pouvons pas laisser des fous prendre des territoires en chassant des centaines de milliers de personnes devant eux, désespérées, et que, de coeur ou de fait, nous avons du mal à accueillir. Donc, il faudrait les laisser faire là-bas sans intervenir et que tout se passe bien pour les réfugiés, les migrants et pour nous. C’est impossible. Forcément, il va falloir agir. Même si ce n’est pas évident comme l’exprimait, déjà en 2014, l’ancien Premier Ministre Dominique de Villepin, ici.

A vrai dire, il se pourrait qu’ils ne soient pas si fous que cela. Ces actes sont prémédités et ont pour but de créer le chaos, de nous faire réagir et nous entraîner dans la haine, la violence et le non respect des uns et des autres. Pas sûr que les petites mains, endoctrinées, l’aient compris, mais derrière il y a des idéologues et des princes du crime  pour qui cette mis en scène est un calcul politique destiné à nous monter les uns contre les autres, notamment en faisant des musulmans un bouc émissaire. Sauf que, ce n’est pas l’Islam qui demande de faire cela. Comment ôter la vie pourrait-il rendre gloire et hommage à l’Auteur de la Vie, le Tout-Puissant et Miséricordieux ?

Pardon. Je ne puis pas parler de cela pour le moment.C’est encore confus pour moi. Car s’il s’agit d’une guerre, c’est une guerre contre des gens sans foi ni loi qui ne sont même pas une armée, mais des fous, des illuminés, des terroristes. Une armée invisible  qui voudrait nous faire passer à des actes de guerre pour justifier  a posteriori ses actes et entraîner encore plus de personnes déboussolées à leur suite. Gare à la riposte : c’est, hélas, ce qu’ils attendent pour justifier pire encore. Nous ne sommes pas face à une armée, nous sommes face à des criminels, comme l’expriment de nombreux spécialistes de la science politique et de la guerre depuis des mois. Voir par exemple, l’intéressante analyse de Jean-Pierre Filiu sur France Inter, ici.

Je ne sais quoi penser, je ne sais quoi prier face à la bêtise et la férocité humaines.

Mais…

Mais, merci encore à ceux qui, par ce blog, ont tissé depuis d’autres pays que la France des liens d’amitié avec moi, et qui m’expriment leur solidarité et leur prière, dans les commentaires et dans les messages privés.

Vous savez, parfois, il y a des clins d’oeil … de Dieu. Le dernier en date, qui provoque d’ailleurs l’article de ce blog, vient d’un ami commun que nous avons et qui est la cause de ce blog quand il a décidé d’arrêter le sien, je veux parler de Loquito.  Comme, il sait que j’ai cet attachement étrange au chanteur Justin Bieber, il m’a fait suivre un  lien vers une information que j’ignorais : Justin Bieber, apprenant les évènements de Paris en plein concert à Los Angeles pour la promo de son dernier album, a interrompu sa prestation au milieu de fans en furie pour, calmement, inviter à la prière et quitter ensuite la scène.

C’est bête, hein, mais je suis touché. Par la démarche de l’ami Loquito – il a dû deviner, je ne sais comment, que j’étais sans mots face à cette tragédie. Et puis par celle de mon jeune héros, Justin Bieber. J’ai toujours senti qu’il n’était pas un si sale type qu’on le disait. Quelles que soient ses frasques, ce garçon a un coeur, et quelque chose de beau dans ce coeur. Ne me demandez pas comment je le sais, je ne saurais pas répondre. Je le sens, c’est tout et depuis des années.  Alors je n’ai jamais perdu confiance en sa générosité. Et là, voilà qu’il commet ce bel acte (comme d’autres, il n’est pas le seul, oui, oui, je sais !). Peu de gens savent qu’en fait Justin Bieber, d’origine catholique, est très croyant.

« Nous prions pour les familles et pour leur rétablissement. Et pour la paix » a-t-il lancé avant d’interrompre son concert , la voix brisée, expliquant ne pouvoir continuer. Puis, il s’est exprimé sur twitter : « My love, prayers and thoughts are with the families of his horrible tragedy. #prayforparis. » [« Mon amour, mes prières et mes pensées sont avec les familles de cette horrible tragédie. #prayforparis.« ]

Alors voilà, face à la bêtise humaine, il y a la générosité maladroite qui vient du coeur des uns et des autres, ces marques de compassion, ces signes de solidarité, ces signes d’humanité qui montrent que nous sommes une seule et même famille….

Je ne sais pas quoi ajouter… Vraiment. Sinon ces mots qui viennent à mes lèvres, mots si souvent prononcés sans y penser, invocation immémoriale et collective que continue sans cesse la prière de l’Eglise   : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur à notre secours. »

En attendant, ce qui est beau, vraiment beau, c’est ce réflexe non pas de haine, mais de recueillement et de prière. Je ne savais pas que tant de gens savaient prier, ou, pour le moins, savaient retrouver le chemin de la prière.

prayforparis

epiphany-germany

Au coeur de ton Royaume, nous venons.
Au pied de ton trône, nous venons…

Unis en ta présence,
nous chantons,
nous chantons…

TU ES PUISSANT,
RESPLENDISSANT
TU ES MAJESTUEUX

Roi couronné,
Dieu élevé,
pour…l’éternité !

 

majestueux02

Guidés par ton amour,
nous venons.majestueux05

Guéris par ta grâce,
nous venons.

Unis en ta confiance,
nous chantons, nous chantons…

TU ES PUISSANT,
RESPLENDISSANT
TU ES MAJESTUEUX

majestueux04

Roi couronné,

Dieu élevé,

pour…l’éternité !

Majestueux09

 

Prosternés devant toi…majestueux01

Bénis par ta main…

Unis en ton alliance,

 

nous chantons,

nous chantons…

 

Majestueux…

MAJESTUEUX !

Majestueux !

TU es puissant,
Resplendissant
Tu es…

MAJESTUEUX !!!

 

majestueux

Roi couronné
Dieu élevé
pour l’éternité !

Majestueux10

 

Prosternés devant toi,
Bénis par ta main,
Unis en ton alliance,

nous chantons, nous chantons…,

Majestueux, majestueux, MAJESTUEUX !

 

TU ES PUISSANT,
RESPLENDISSANT
TU ES MAJESTUEUX

Roi couronné,
Dieu élevé,
pour… l’éternité !

« Majestueux » est une création originale du groupe Hopen et interpété par lui.

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Prière à l’inconnu

Voilà que je me surprends à t’adresser la parole,
Mon Dieu, moi qui ne sais encore si tu existes
Et ne comprends pas la langue de tes églises chuchotantes.
Je regarde les autels, la voûte de ta maison,
Comme qui dit simplement : voilà du bois, de la pierre,
Voilà des colonnes romanes.
Il manque le nez à ce saint.
Et au-dedans comme au-dehors, il y a la détresse humaine.

Je baisse les yeux sans pouvoir m’agenouiller pendant la messe,
Comme si je laissais passer l’orage au-dessus de ma tête.
Et je ne puis m’empêcher de penser à autre chose.
Hélas ! j’aurai passé ma vie à penser à autre chose.
Cette autre chose, c’est encore moi.
C’est peut-être mon vrai moi-même.
C’est là que je me réfugie.
C’est peut-être là que tu es.

Je n’aurai jamais vécu que dans ces lointains attirants.
Le moment présent est un cadeau dont je n’ai pas su profiter.
Je n’en connais pas bien l’usage.
Je le tourne dans tous les sens,
Sans savoir faire marcher sa mécanique difficile.


[Stejpan Hauser (violioncelle) – « Prayer » (Prière)

Extrait de « Jewish life » (Une vie juive) de Ernst Bloch]

Mon Dieu, je ne crois pas en toi, je voudrais te parler tout de même.
J’ai bien parlé aux étoiles, bien que je les sache sans vie,
Aux plus humbles des animaux, quand je les savais sans réponse,
Aux arbres qui, sans le vent, seraient muets comme la tombe.
Je me suis parlé à moi-même, quand je ne sais pas bien si j’existe.
Je ne sais si tu entends nos prières, à nous les hommes,
Je ne sais si tu as envie de les écouter.
Si tu as, comme nous, un cœur qui est toujours sur le qui-vive
Et des oreilles ouvertes aux nouvelles les plus différentes
Je ne sais pas si tu aimes à regarder par ici.
nature
Pourtant je voudrais te remettre en mémoire la planète terre
Avec ses fleurs, ses cailloux, ses jardins et ses maisons
Avec tous les autres et nous qui savons bien que nous souffrons.
Je veux t’adresser sans tarder ces humbles paroles humaines
Parce qu’il faut que chacun tente à présent tout l’impossible.
Même si tu n’es qu’un souffle d’il y a des milliers d’années
Une grande vitesse acquise
Une durable mélancolie
Qui ferait tourner encore les sphères dans leur mélodie
Je voudrais, mon Dieu sans visage et peut-être sans espérance
Attirer ton attention parmi tant de ciels vagabonde
Sur les hommes qui n’ont pas de repos sur la planète.

(…)

Ah ! si tu existes, mon Dieu, regarde de notre côté.
Viens te délasser parmi nous.
La terre est belle, avec ses arbres, ses fleuves et ses étangs,
Si belle, que l’on dirait que tu la regrettes un peu
Mon Dieu, ne va pas faire la sourde oreille
Et ne va pas m’en vouloir si nous sommes à tu et à toi
Si je te parle avec tant d’abrupte simplicité.
Je croirais moins qu’en tout autre en un Dieu qui terrorise.
Plus que par la foudre, tu sais t’exprimer par les brins d’herbe
Et par les jeux des enfants et par les yeux des ruisseaux.
Ce qui n’empêche pas les mers et les chaînes de montagnes.
Tu ne peux pas m’en vouloir de dire ce que je pense
De réfléchir comme je peux sur l’homme et sur son existence
Avec la franchise de la terre et des diverses saisons
Et peut-être de toi-même dont j’ignorerais les leçons…

Jules Supervielle (« La fable du monde » – 1938)

Source : perledorphe.wordpress.com