Mais qu’est-ce qui est le plus séduisant dans cette chanson? La beauté des accords folk de la guitare? La voix douce et sensible du chanteur? Les paroles énigmatiques qui invitent à aller plus loin? La beauté androgyne du bel Elias Dris qu’il nous révèle dans son clip et qu’il assume tranquillement dans ses différentes interviews (voir par exemple ici)? Je vous laisse découvrir…

Elias Dris – Golden Crown / La couronne d’or


One day I’ll forget the pain
And I’ll go far away.
Don’t say you’ve not been hurt
You must feel this thorn inside you heart.
It’s your turn, your turn.

The most beautiful flowers fade and sting
But you already know all these things,
You teach them to me.
You teach them to me.

I started my life with a suitcase full of stones.
While you were wearing your blond hair
Like a golden crown.
I was left alone with the crows and the bones.

The most beautiful flowers fade and sting
But you already know all these things,
You teach them to me.
You teach them to me.

 

Un jour j’oublierai la douleur
Et j’irai loin.
Ne dis pas que tu n’as pas été blessé
Tu dois sentir cette épine dans ton cœur.
C’est ton tour, ton tour.

Les plus belles fleurs se fanent et piquent
Mais tu connais déjà toutes ces choses,
Tu me les enseignes.
Tu me les enseignes.

J’ai commencé ma vie avec une valise pleine de pierres.
Pendant que tu portais tes cheveux blonds
Comme une couronne d’or.
Je suis resté seul avec les corbeaux et les os.

Les plus belles fleurs se fanent et piquent
Mais tu connais déjà toutes ces choses,
Tu me les enseignes.
Tu me les enseignes.

Marche des fiertés au Mexique, 10 juin 2018

C’est quoi une vie d’homme?
C’est le combat de l’ombre et de la lumière.
C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir,
entre la lucidité et la ferveur.

Je suis du côté de l’espérance,
mais d’une espérance conquise, lucide,
hors de toute naïveté.

Aimé Césaire

Source photo : Marche des fiertés au Mexique, le 10 juin 2018. Photo de Luis Gonzalez/ Reuters publiée par Courrier International

Du haut de ton improbable suffisance,
tu sembles contempler le monde comme s’il t’appartenait.
Tu offres à la vue du quidam ton incandescente beauté,
prémice de désirs ennivrants.
Ta juvénile insouciance n’a cure des contraintes du corps.
Tout t’est dû, tout t’est donné.
Tu contemples les oiseaux du ciel qui n’engrangent ni ne gaspillent.
Tu n’as pour vêtement qu’une écharpe de lin blanc,
tel un lys des champs vêtu par l’artiste des temps.
Tes yeux balaient l’horizon,
royaume sans frontière dont tu es prince,
Fils de Roi.

At N’go, juin 2018

source photo : « Corps masculin nu », une oeuvre de Georgi Mladenov – Gio Art

Source texte : page facebook de At N’go

Un jour j’ai rencontré dans une de nos rues,
une rue de banlieue qui n’avait vraiment rien d’héroïque,
un homme
dont j’aurais cru volontiers qu’il était un ange de passage,
et qui n’était en réalité qu’un pauvre gars pensionnaire à l’hospice.
Mais cet homme que j’ai vu passer
m’a expliqué et, mieux que beaucoup de livres,
m’a démontré
ce que c’est, la véritable pauvreté
de celui qui doit aller, léger, dépossédé,
dans votre esprit.

Il avait des vêtements très ordinaires,
des vêtements qu’on ne remarquait pas.
Ses yeux regardaient droit devant lui,
avec une limpidité qui se communiquait aux choses.
La rue entière en était rajeunie,
et semblait exister pour la première fois.
Il ne portait rien dans ses mains.
Ses poches étaient plates et semblaient légères et ses deux mains
étaient ouvertes et flottaient dans l’air autour de lui.

Peut-être était-il un peu fou.
Et pourtant il était comme une leçon de sagesse.
Tout son travail semblait d’aller, de passer parmi les choses
et les hommes.
il était à lui seul comme une parabole,
comme un signal de véritable pauvreté.
« Car si vous aimez seulement ceux qui vous aiment »…
vous n’aurez pas besoin d’aller…ils viendront à vous.
Mais si vous aimez ceux qui ne vous aiment pas…
il faudra tout le temps marcher à leur rencontre.

C’est la pauvreté de celui qui va.

C’est inouï le nombre de choses qui nous empêchent d’être agiles, d’être légers.
On ne s’en rend pas compte, mais
si du jour au lendemain, nous étions dépossédés,
nous nous trouverions voisiner spontanément avec tout un tas de gens qui nous paraissent habiter au bout du monde.

Madeleine Delbrêl
Pauvreté de celui qui va, Méditation, 1946-1948.