Tes yeux sont les yeux d’un homme amoureux,
tes lèvres sont les lèvres d’un homme qui ne croit pas
en l’amour. Alors dis-moi le remède, mon ami,
s’ils sont en désaccord, la réalité et le désir.

Luis Cernuda, La réalité et le désir

 

Tus ojos son los ojos de un hombre enamorado;
tus labios son los labios de un hombre que no cree
en el amor. Entonces dime el remedio, amigo,
si están en desacuerdo realidad y deseo.

Luis Cernuda, La realidad y el deseo

Source Photo : Alexis Salgues, photographe – @alexsphotographe

Nous cherchons Dieu. Mais en fait, Dieu n’a pas à être cherché. Il est partout. Impossible de Lui échapper. Tout parle de Lui, tout manifeste quelque chose de Lui. Nous n’avons pas à faire un long chemin, ni à acheter une boussole pour trouver la bonne direction. Dieu est dans la réalité, la nôtre : nos parents, notre corps sain ou malade, nos dons et nos limites, notre richesse ou notre pauvreté, notre quotient intellectuel élevé ou faible. Dès que nous cessons de nous battre contre tout cela, dès que nous nous ouvrons à cette réalité – la réalité de Dieu – et y consentons de tout coeur, nous vivons dans le royaume de Dieu.

Wilfrid Stnissen, carme
L’abandon.

photo : ozdenguney.com

Est réel ce qui jamais ne s’écarte de sa propre essence.

Tripurarahaya, La doctrine secrète de la déesse Tripurâ

La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ est un texte sanscrit composé entre le Xè et le XVè siècle, apparemment assez connu sur cette période (de nombreux manuscrits existent) mais sans qu’il soit passé à la postérité. Il s’agit d’un ouvrage de progression spirituelle avec cette originalité que la déesse Tripurâ, un des archétypes de la mystique hindoue, identifiée à la Sagesse éternelle n’est pas seulement à l’extérieur de l’homme mais est « la lumière de conscience présente en tout homme, le miroir spirituel, la toute-puissance de l’imagination productrice, la relativité de l’espace et du temps, l’expérience paradoxale du « délivré-vivant ».

Photo : Juan Funes photographié par Lester Villarroel

Perception

 

 

 

 » Il est bon de distinguer trois niveaux de perception du monde qui nous entoure. Il y a celui du réel (celui de Dieu), que nous ne verrons jamais. Puis à partir des manifestations partielles de ce réel, chacun d’entre nous organise sa propre vision de ce que nous croyons être la réalité. Enfin, nous élaborons un discours pour partager avec d’autres sur ce que nous vivons. Un décalage existe entre ces trois niveaux, Dieu, la réalité construite et les propos tenus. Sauf pour Jésus qui se situe à la fois en Dieu, dans son époque et  à travers les propos tenus avec les uns et les autres. En nous concentrant sur son message, nous risquons de ne rester que sur le plan le plus superficiel, alors qu’il est venu pour nous laisser entrevoir que Dieu est bien plus grand, et désire partager avec nous une relation d’être à être. »

 

Jacques POUJOL
interviewé pour le journal La Vie