michelgiliberti-prisons

– Pourquoi l’aimez-vous?
– Parce que je me retrouve en lui.
– Est-ce impossible de se retrouver en soi ?
– Je ne songe jamais à ça… se retrouver chez l’autre est plus exaltant.
– Pourquoi ?
– Ça rend plus indulgent.
– C’est à dire ?
– C’est comme son reflet dans un miroir, à force d’étudier des pauses qui conviennent, on finit par s’accepter.
– Et les photos ?
– Toujours loupées… elles sont trop vous. Difficile d’expliquer en quoi le mensonge organisé est plus réel que toutes les vérités spontanées.
– Et quand on aime plus ?
– Vous ne vous retrouvez plus dans l’autre, c’est tout. Faut chercher un nouveau miroir. C’est un peu comme si son reflet grandissait au point de vous faire de l’ombre !
© Michel Giliberti

 

Source texte : http://michelgiliberti.com Michel Giliberti

Source photo : Prisons, peinture de Michel Giliberti (lire ici l’intéressante histoire de ce tableau)

mirror

« Comme en vous contemplant
dans un miroir :
la forme et le reflet
se regardent.
Vous n’êtes pas le reflet
mais le reflet est vous. »

Maître Tozan, Hokyo Zan Mai, IXè siècle

masturbation

« La masturbation filmée » dit la légende de l’image.

Cela me fait penser à ces gens qui se masturbent devant un miroir,
ou devant une caméra
pour que d’autres les voient.

Cam to cam
Sex to sex
Branle to branle

Pas une vraie rencontre,
seulement un effet miroir
qui me renvoie à moi-même,
à mon propre plaisir,
à mon pauvre et égoïste
besoin de de plaisir.

Probablement,
c’est un passage obligé
que de découvrir son corps.

Probablement,
n’est-ce pas infamant
que de connaître le plaisir par soi-même,
quand la vie est dure
avec ses pressions de toutes sortes,
le stress, la solitude,
le manque d’estime de soi.

Mais, tant qu’à faire,
en ce miroir
dans lequel je me complais,
j’aimerais voir un autre que moi,
beau, généreux, entraînant,
qui tout à la fois
m’amène à sortir de moi
et me révèle à moi-même.

Cet autre, il est Christ,
et il est aussi tout frère ou soeur
croisé sur le chemin
et qui me sort de moi-même.

Sortir de moi-même,
voilà bien l’affaire.

Être invité
à un ailleurs,
à un autre que soi,
à un plus grand que soi,

au gré des rencontres,

et s’élancer
tel un vaillant guerrier
pour parcourir la terre.

Dans le coeur des hommes,
trouver l’oasis,
à boire et à manger
et le repos,
la force,
pour continuer la route.

Sortir de soi-même,
voilà bien l’affaire.

Zabulon

source photo : www.arreter-la-masturbation.com

4 boules

Si demain, après ta victoire de cette nuit, te contemplant nu dans ton miroir, tu te découvrais une seconde paire de testicules, que ton cœur ne se gonfle pas d’orgueil, ô mon fils, c’est tout simplement que tu es en train de te faire enculer.

Daniel Pennac ; La fée carabine (1987)

 

pas forcément !

 

[source photo :  fratmen.com via http://olivier75.erog.fr]