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Voici un article, déjà assez ancien (31 août 2015) trouvé en espagnol, que je reproduis ci-dessous en version française. Il envisage la question des hommes hétéros qui se laissent parfois aller à une rencontre avec un autre homme sans remettre en cause leur identité hétérosexuelle. L’article est intéressant tant pour le commentaire de Salvador Nuñez qui nous introduit à cet article que pour l’avis des psychologues et sexologues qui s’expriment dans l’article. En creux, bien que cette question ne soit pas traitée ici, cela soulève aussi la question de la possibilité sexuelle de l’amitié, de la bromance et de la situation des hommes qui découvrent ou acceptent leur orientation homosexuelle après s’être mariés avec une personne de l’autre sexe. Cela pose aussi la question de la « peur » d’être gay…Si je suis attiré par un homme, suis-je gay? … Est-ce que la réponse a de l’importance du moment que c’est un chemin d’épanouissement?
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Existe-t-il des hommes « hétéros » qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes?

Je pense que pour beaucoup, cette question simple semble illogique. Cependant, il est toujours utile d’entendre un peu ce qu’ont à dire les psychologues spécialistes de ce sujet. Ce qui est clair pour moi, c’est qu’aujourd’hui beaucoup de modalités, de comportements, et même de rôles sexuels, sont en train d’être redéfinis. J’ai toujours cru que nous agissions beaucoup en fonction de nos croyances, de notre éducation, de notre religion, de nos préjugés, etc. La plupart des gens montrent une image mais à l’intérieur ils sentent quelque chose de complètement différent. « Nous voyons les visages ; des coeurs ou des caleçons, nous ne savons rien. »

Je partage l’article suivant que j’ai trouvé très intéressant et qui m’a fait beaucoup réfléchir.(…) En fin de compte, nous donnerons chacun notre opinion en fonction de nos croyances. Il ne s’agit pas de voir qui a raison ou non, mais simplement de réaliser comment l’être humain expérimente les occasions qui lui sont données. Personnellement, j’ai tendance à penser que nous naissons presque tous «bisexuels» et que selon les expériences de la vie, de l’éducation et autres, nous définissons notre orientation sexuelle. Ceci sans inclure les personnes trans. Peut-être ce commentaire fera-t-il fuir beaucoup de gens, mais c’est mon opinion « très personnelle ». C’est pourquoi je voudrais partager cet article beaucoup mieux informé.

Il y a quelque chose que je veux souligner:

Sans aucun doute, les temps changent, les habitudes changent, nous avons vu différents comportements sexuels à travers le temps et nous continuerons à les voir. Je pense que nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine et le jour où nous commencerons à prioriser ce que nous avons à l’intérieur et non ce que nous faisons ou cessons de faire, nous commencerons à vivre librement en respectant la vie des autres et nos propres besoins.

L’être humain crée des accords, des contrats dans ses relations. Chaque couple est différent. N’oublions pas qu’à ce jour nous continuons à ne suivre que des apparences. « Tout ce que beaucoup de gens voient aujourd’hui et cela fait peur, a toujours existé, ce qui se passe c’est que maintenant nous avons décidé d’être libres et de cesser de nous cacher. »

L’article d’elpais.com :

Oui, vous avez bien lu: il y a des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes et ne sont pas homosexuels. C’est plus commun que certains ne le pensent. La chose est très simple: un homme hétérosexuel en rencontre un autre (dans un bar, à travers un réseau social, peu importe comment) et ils décident d’avoir une relation sexuelle. De plus, ils trouvent cela satisfaisant. Ensuite, chacun poursuit sa vie parfaitement hétéro, sans que cette rencontre ne les fasse douter de leur orientation. Qu’est-ce qui pousse certains hommes à ces pratiques ? Et, pourquoi est-il incorrect de les qualifier d’homosexuels?

De nos jours, l’acceptation de la diversité sexuelle est beaucoup plus grande que par le passé. « Comme il y a une plus grande tolérance, nous sortons tous un peu de nos placards« , explique Joan Vilchez, psychologue clinicien, psychothérapeute et sexologue. « Les hommes qui ne se sentent pas complètement satisfaits peuvent avoir l’opportunité de relations avec d’autres femmes, avec un homme ou d’essayer certaines pratiques qui, en d’autres temps, étaient censurées. » Pour Juan Macías, un psychologue spécialisé dans les thérapies sexuelles et conjugales, « des concepts tels que hétéroflexible ou hétérocurieux permettent aux hommes d’explorer leur sexualité sans avoir à remettre en question leur identité en tant qu’hétérosexuels ». D’autre part, Internet facilite le contact, qui peut être virtuel ou physique.

L’orientation sexuelle est construite socialement, ce sont des catégories rigides et excluantes, avec des implications qui affectent l’identité individuelle et sociale

Juan Macias, psychologue

Pour les spécialistes, c’est la chose la plus naturelle au monde, en partant du principe qu’une chose est l’orientation sexuelle d’un individu et une autre les pratiques qu’il accomplit. « L’orientation sexuelle », explique Macías, « est construite socialement, ce sont des catégories rigides et excluantes, avec des implications qui affectent l’identité individuelle et sociale ». Forcément, il faut s’inscrire dans l’une de ces trois classifications: hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle. En même temps, « la pratique sexuelle est plus souple et plus libre, ce n’est un concept descriptif. Cela ouvre un espace extraordinairement sain dans lequel l’exploration du désir est libérée de l’identification à une orientation sexuelle », explique Macías.

C’est tellement naturel que cela vient de loin. Qu’un homme en couple avec une femme ait un amant n’était pas inhabituel dans la Rome antique. Sans parler de ce qui se passait pendant les bacchanales. Et les jeunes de toutes les époques ont eu recours à des passe-temps pour exprimer leur pulsion sexuelle. « A l’adolescence il est assez fréquent qu’il y ait des jeux avec une certaine génitalisation : pour voir qui pisse plus loin, pour voir qui a la plus grosse, on y touche … », dit Joan Vílchez. « Ca n’en est pas moins  des incursions homosexuelles, mais le modèle hétérosexuel prédomine encore et elles ne se réalisent qu’à travers les transgressions propres à la jeunesse », indique le psychologue.

Un nouveau modèle : SMSM

En 2006, une étude sur la discordance entre le comportement sexuel et l’identité sexuelle, menée par des chercheurs de l’Université de New York (USA), a révélé que 131 hommes sur les 2.898 analysés avouaient avoir des relations avec des hommes bien qu’ils se définissent comme hétérosexuels. Selon les experts, ils représentaient 3,5% de la population. Depuis des années, les médecins utilisent l’acronyme HSH pour désigner tous les hommes (hétérosexuels ou homosexuels) qui ont des rapports sexuels avec des hommes. Mais, récemment, un autre acronyme plus précis a émergé pour définir ce groupe: SMSM (straight men who have sex with other men, hétéros qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes). Les portails Web tels que Straightguise.com sont consacrés à ce sujet.

En juillet dernier a été publié aux Etats-Unis le livre Not gay: sex between white straight men (Pas homosexuel :le sexe entre des hommes blancs hétérosexuels) », dans lequel le professeur Jane Ward, de l’université de Californie, a développé l’approche suivante : une fille hétéro peut embrasser une autre fille, elle peut aimer le faire et même alors elle est toujours considérée comme hétéro; et même son petit ami peut l’encourager. Mais les garçons peuvent-ils éprouver cette fluidité sexuelle? Ou embrasser un autre garçon signifie-t-il qu’ils sont gay? L’auteur estime qu’il s’agit d’un nouveau modèle d’hétérosexualité qui n’est pas défini comme le contraire ou l’absence d’homosexualité.« L’éducation des hommes a été plutôt homophobe. Ils ont été amenés à croire qu’il n’est pas naturel d’avoir ces impulsions envers les autres hommes », explique Joan Vilchez.

Des explications, des explications

Le profil le plus répandu est celui de l’explorateur sexuel: celui qui aime essayer de nouvelles choses.

Les motivations, comme c’est logique, sont multiples. Le profil le plus répandu est celui de l’explorateur sexuel: celui qui aime essayer de nouvelles choses. «L’expérience d’une relation homo est nouvelle, et bien qu’il l’ait aimée, nous ne pouvions pas dire qu’il est homosexuel, mais il aime cette pratique», explique le Dr Pedro Villegas, médecin de famille et sexologue. Le psychologue Joan Vílchez partage cette idée. « La bisexualité est très à la mode, et en réalité nous sommes tous bisexuels: si vous fermez les yeux, il vous sera difficile d’identifier qui vous caresse, que ce soit un homme ou une femme. Il n’y a pas un homme qui soit gay à cent pour cent ou hétérosexuel à cent pour cent », dit-il.

Une autre cause est un certain désenchantement avec les femmes, fréquent après quelques ruptures conjugales. Joan Vílchez explique: « Quand un couple hétérosexuel est en crise, certains hommes ont l’impression de ne pas comprendre les femmes, d’être incapables de s’entendre avec elles et c’est comme si ils se mettaient à regarder ailleurs. Il y a une sorte de régression, ils reviennent à ce stade antérieur où les hommes se sentaient bien ensemble, comme à l’adolescence. Dans de nombreux cas, c’est un besoin affectif plutôt qu’un besoin sexuel réel ».

En effet, pour ce spécialiste, ces relations érotiques masquent parfois un besoin d’affection que l’homme n’a pas l’habitude d’exprimer: « Chez les hommes, il y a une grande tendance à la génitalisation. Entre la tête et les organes génitaux nous avons le cœur, qui représente les sentiments, et les tripes, qui symbolisent les comportements les plus viscéraux et les émotions les plus intenses, et c’est comme si les hommes avaient appris à les contourner : nous sommes passés directement de la tête aux organes génitaux sans vraiment vivre les émotions. Pour les femmes, pourtant réprimées dans leur sexualité et la peur de la grossesse, le contraire se produit: elles ont du mal à génitaliser. Pour un homme, c’est parfois plus facile de le faire que d’exprimer des émotions plus subtiles ou de dire à un autre homme : « C’est que je me sens insécurisé, j’ai peur, je me sens faible, je ne sais pas ce que je veux ».

L’impulsion narcissique

Parmi les hommes hétérosexuels qui couchent avec des hommes, il y a aussi beaucoup de narcissiques. « C’est celui qui aime être remarqué. Il se donne beaucoup dans les gymnases: il aime susciter l’admiration et ne se soucie pas que cela vienne d’hommes ou de femmes », explique Eugenio López, psychologue et sexologue. D’autres veulent simplement flirter et aller dans des lieux gay à sexe rapide parce qu’ils pensent que ce sera plus facile pour eux.

Il y a des hommes hétérosexuels qui sortent avec des hommes parce qu’ils aiment ça; d’autres, parce qu’ils n’ont pas le choix: pensez aux personnes privées de contact avec les femmes pendant de longues périodes (est-ce que les protagonistes de Brokeback Mountain étaient gays ?) « L’être humain est gouverné par ses pensées », explique Eugenio López. « Et si vous pensez que vous perdez votre sexualité à cause du manque de femme, vous pouvez la réaffirmer avec un autre homme. Cela commence généralement avec un simple toucher. »

S’il n’y a pas de conflit, il n’y a pas de problème

Certains de ces nouveaux hétérosexuels ont pu ressentir ce type d’impulsion dans le passé et n’ont pas osé franchir le pas. « Puis viennent les circonstances de la vie qui l’apportent comme sur un plateau et ils décident de la vivre, mais cela génère un conflit parce que d’un côté cela leur donne du plaisir mais de l’autre menace un peu leur statut et leur image: « En suis-je ou pas? », se demandent-ils, » dit Joan Vílchez. Peuvent être aussi troublés ceux qui arrivent au SMSM par l’absence de figure paternelle positive dans leur enfance: « Parfois, pour renforcer leur masculinité, ils s’intègrent dans des activités ‘d’hommes’ (football, gym) ou bien ont des contacts sexuels avec d’autres hommes, bien que ce qu’ils recherchent c’est avant tout de la compréhension et de l’affection », ajoute Vílchez. Les psychologues s’accordent pour dire que leur intervention est superflue, à condition que ces expériences ne provoquent pas de conflit dans le sujet. « Si lui, cela ne le dérange pas, il n’y a rien à traiter », conclut Pedro Villegas.

Source texte et image : salvadornuñez.com et elpais.com

5 Thoughts on “Des hommes hétéros avec d’autres hommes?

  1. Merci de toute la richesse de votre réflexion, chaque fois.

  2. Myke le grand on 12 mai 2018 at 15 h 24 min said:

    Trés interessant

  3. Étant une femme, c’est difficile d accepter que je ne peux pas satisfaire mk mari,il se tourne vers un homme ,je n arrive toujours pas q comorendre

    • zabulon on 21 mai 2018 at 15 h 20 min said:

      Bonjour, merci pour ce message.
      Vous êtes dans situation très délicate, je crois entendre l’incompréhension, le sentiment d’impuissance et de trahison que cela peut produire, et aussi le chagrin que cela provoque. Chaque situation, chaque histoire, étant uniques, quels mots poser sans risquer d’être maladroit ? …
      Cependant, je ne trouve pas juste que vous vous culpabilisiez. L’attirance homosexuelle ne se « commande pas », ne se guérit pas », ne se « compense pas »… ou très mal. Il faut parfois du temps à un homme pour s’apercevoir et accepter qu’il est attiré par d’autres hommes (cela est vrai aussi pour les femmes attirées par les femmes). Question de culture, d’éducation, de développement psycho-affectif aussi… Rien n’est gravé dans le marbre à 25 ou 30 ans, au moment où l’on fait des choix qui, dit-on, nous engagent pour la vie. Pas sûr qu’on se connaisse assez bien à ce moment-là. Cette attirance peut prendre différentes formes, elle peut concerner l’exercice de la sexualité ou être affective, ou les deux. Parfois juste un besoin de tendresse de quelqu’un du même genre, quelque chose qui semblait sans importance auparavant et qui, tout à coup, semble se réveiller et monter en puissance sans qu’on ne puisse rien y faire puisqu’en même temps cela est révélateur de quelque chose de très profond et qui, jusque là, était enfoui.
      Bref, quelle que soit la qualité de votre amour envers lui, vous ne pourriez pas empêcher cette découverte et vous n’y êtes pour rien. Ce n’est pas que vous ne savez pas le satisfaire, c’est qu’il y a une autre dimension en lui. L’aimez-vous au point de permettre et accepter cette dimension que vous ignoriez jusque là et que, lui aussi peut-être, ignorait? Ou dont il ne pensait pas qu’elle prendrait cette proportion dans sa vie?
      Si, par ailleurs, votre couple fonctionne bien, dans le respect et la tendresse, avec une bonne communication entre vous, peut-être pouvez-vous en parler et apprendre – encore et toujours – à vous connaître, vous accepter tels que vous êtes, vous respecter, inclure ce qui est nouveau dans votre projet de vie, même si cela casse les schémas, les rêves ou les habitudes que vous aviez pris.
      C’est de toute façon une situation très délicate, tant pour vous que pour lui. Avec une part d’inconnu que vous ne maîtrisez pas, mais qui ne relève pas de votre capacité à « le satisfaire »: jusqu’où va sa découverte et son désir d’assumer ce qu’il découvre de lui, et de quelle manière ; jusqu’où va votre capacité de femme et d’épouse à accepter et inclure dans votre vie ces nouveaux éléments de réalité.

      Parlez-vous, écoutez-vous, si cela est possible « redéfinissez » le pacte qui fonde votre couple, choisissez ensemble.
      Et, dans tous les cas, prenez soin de vous.

      Certaines associations ou diocèses proposent des groupes de partage pour les personnes homosexuelles mais aussi pour les parents d’homosexuels ou pour les couples dont un des conjoints est homosexuel. Peut-être cela peut-il vous aider à exprimer vos sentiments et réactions, poser vos questions, rencontrer d’autres personnes dans la même situation que vous. Voir par exemple les groupes de partage spécifiques proposés par l’association Devenir Un dans le Christ (DUEC).

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