Rainbow_Gathering_Bosnia_2007

Tu es ma mère, tu es mon père,
Tu es mon amoureux, tu es mon ami.
Tu es le commencement, tu es le centre,
Et tu es au delà de la fin.

Tu es les couleurs de l’arc-en-ciel,
Tu es la lumière d’un blanc pur en moi.
Tu es les rivières, tu es les montagnes, Seigneur,
Tu es le ciel, tu es la mer.

Et je t’aime tellement… Tu m’aides à voir,
Te voir en tout… c’est te voir en moi.
Je suis en toi et tu es en moi,
Je suis en toi et tu es en moi.

Les branches d’un arbre. Elles peuvent être nombreuses,
Mais l’arbre, mes amis, vous savez, est un.
Les pétales d’un lotus, avez-vous remarqué, sont nombreux,
Mais le lotus est un.

Gurus et swamis, les maîtres sont nombreux,
Mais la vérité est une.
Des prophètes religieux, Seigneur, ils sont tellement nombreux,
Mais Dieu est un.

(parlé)
Tu es Kali, Tu es Compassion,
La Divine Mère,  la Mère Nature.

Je veux te toucher, Je veux te sentir,
Seigneur, Je veux  être droit à ton côté.
Je veux te connaître, je veux t’aimer,
Je veux te servir tout au long des jours.


UNIVERSAL LOVER, by Fantuzzi.

You are my mother you are my father,
You are my lover, you are my friend.
You’re the beginning, you are the center,
And you are beyond the end.

You are the colors of the rainbow,
you are the pure white light in me.
You are the rivers, you are the mountains,Lord,
you’re the sky, you are the sea.

And I love you so… You help me see,
To see you in all… is to see you in me.
I’m in you and you’re in me,
I’m in you and you’re in me.

The branches of a tree. They may be many,
But the tree, my friends, you know, is one?
The petals of a lotus, have you noticed, are many,
But the lotus is one.

Gurus and swamis, teachers are many,
But the truth is one.
Prophets religions, Lord, there’s so many,
But God is one.

(spoken)
You are Kali, You are Compassion,
The Divine Mother, Mother Nature.

I want to touch you, I want to feel you,
Lord, I want to be right by your side
I want to know you, to love you,
I want to serve you all the time

 

Pour retrouver le livret de chants et les accords de guitare, c’est ici (fichier pdf)

Universal lover est devenu comme l’hymne du mouvement “Rainbow Spirit” et son auteur, Fantuzzi, est connu pour ses nombreux engagements au service de la planète, notamment pour la défense de l’environnement naturel des populations indigènes en Amérique Latine. Comment mieux évoquer le mouvement “Rainbow Spirit” qu’avec cet hymne à l’amour qui appelle à reconnaître Dieu en tout être humain, en tout être vivant, et finalement en soi: “Te voir partout, te voir en tout, c’est te voir en moi“, nous fait chanter Fantuzzi.

Dieu en toutes choses…

Tu es ma mère, tu es mon père, tu es mon frère, mon ami , mon amant, tu es mon Dieu…
Voilà des paroles que ne rejetteraient les mystiques d’aucune religion.

A dire vrai, le mouvement Rainbow n’est pas spécialement déiste, et surtout pas rattaché à une quelconque religion. On retrouve l’intuition hippie d’un amour universel, un syncrétisme bon enfant style New Âge, l’idéal un peu adolescent d’une vie commune simple et naturelle où chacun respecte tant la nature que les autres. Oui, Rainbow plonge ses racines dans les expériences hippies des années 70, mais d’une manière plus responsable peut-être.
Les valeurs que veulent vivre les participants de la famille Rainbow sont l’amour, la paix, la non-violence, le respect de l’environnement.

J’ai parlé de mouvement mais à proprement parlé, il n’y a pas de mouvement puisqu’il n’y a pas de leaders et le moins possible d’organisation. C’est pourquoi on parle plutôt de famille. C’est une famille Arc-en-Ciel (Rainbow) car elle accueille toutes les différences comme autant de couleurs qui se complètent et ne forment qu’une seule réalité.

La famille Rainbow se reconnaît à ses valeurs et son art de vivre ensemble mais a renoncé à ces communautés permanentes qui ont montré leurs limites. Les membres de la famille Rainbow se retrouvent aujourd’hui lors de rassemblements éphémères en pleine forêt ou en tout cas en milieu naturel pour quelques jours ou quelques semaines. Là, pas de commerce, pas d’autorité  mais des services communs, des ateliers artistiques et culturels, la découverte ou l’approfondissement de techniques naturelles… du rire et de la fête (sans alcool!) à l’occasion de jeux collectifs, de spectacles ou de veillées autour du feu. Ici ou là, on fait de la musique , on chante et vient qui veut…en fait tous ceux qui sont là ou passent par là.

Pour en savoir plus sur ces rassemblements éphémères, voyez par exemple l’article qui y est consacrés sur wikipédia.

Et puis si le coeur vous en dit retournez vous imprégner de Return again, vécu par la famille Rainbow lors du Gathering de Jérusalem, en 2003, c’est ici : Return Again

amour-ou-es-tu

Amour où es -tu?

Tu passes,
tu remplis de ta présence,
mais toujours fugace.

Tu passes
tu combles de ta présence
et tu t’en vas.

Il reste
tout-à-coup la perception
que quelque chose manque.

Tu es passé,
tu as comblé,
tu as laissé.

Pourquoi ce vide,
cette béance,
ce réveil?

Pourquoi?
Ou aller maintenant?
Que faire en t’attendant?

Car tu vas revenir, n’est-ce pas?

Tu vas revenir, Amour,
et combler encore,
furtivement.

A chaque fois cela semble plus,
à chaque fois c’est trop
quand tu t’en vas.

T’en vas-tu d’ailleurs,
ou te caches-tu ?

Ta présence est tellement bonne,
tu crées en moi un désir
très fort.

Désir de t’appartenir
désir de te retrouver,
désir de ne plus te perdre.

Amour, que fais-tu?
Si tu n’étais si bon,
je trouverai ce jeu cruel.

Mais ce n’est pas un jeu, n’est-ce pas ?

Tu m’appelles
et m’apprends à me dépouiller
pour te retrouver
à chaque fois plus complètement.

Je sais le Cantique,
Je sais le chant de Jean et Thérèse,
je sais tout cela.

Est-ce cela que tu fais en moi, Seigneur?

Peut-être,
peut-être pas.

Mes illusions,
mon orgueil.

Mais tu sais,
mon désir aussi de toi.

Quand tu viens, Seigneur,
je suis tellement bien.

Je t’attendrai.
Je t’attendrai,
Tu viendras ou pas,
de la manière que tu voudras
– comment pourrait-il en être autrement ?

Mais viens Seigneur,
car je me languis,
et mon âme sait
qu’il n’y a que toi qui pourras la combler.

Zabulon – 12/09/2015

return-again

Encore et encore,
retourne encore et encore,
nais et renais encore !

N’arrête jamais,
ne te désespère jamais,
recommence sans cesse, ami.

Retourne
au pays de ton âme…

Retourne encore, retourne encore,
retourne encore au pays de ton âme.

Retourne à qui tu es,
Retourne à ce que tu es,
Retourne à là où tu es,
Nais et renais encore !

Retourne encore, retourne encore,
retourne encore au pays de ton âme.

Return again, return again,
Return to the the land of your soul

Return to who you are
Return to


what you are
Return to where you are
Born and reborn again

Return again, return again,
Return to the the land of your soul

(Return again, interprété par Rabi David Zeller)

 

J’ai découvert récemment cette chanson grâce à des amis bien intentionnés – merci à eux !

En fait, c’est plus qu’une chanson, c’est même plus qu’une prière, c’est plus qu’une méditation.

C’est, c’est… un appel. Un appel profond.

 

On peut recevoir cet appel, cette invitation, de différentes manières. Elles sont toutes belles et bonnes,

Au premier chef, comme l’auteur -compositeur est de confession juive – il s’agit du grand spirituel et artiste Shlomo Carlebach – on peut le comprendre comme une invitation à revenir vers la terre promise, un temps abandonnée,  qu’on soit contraint par les évènements extérieurs, l’exil, ou qu’on en soit parti spirituellement.  Sur youtube, plusieurs versions de “Return again” sont illustrées par des paysages de la Terre Sainte.

L’invitation peut donc être bien concrète et on peut la comprendre comme l'”Alyah” cette démarche qu’ont fait concrètement de nombreux juifs de revenir et s’installer en Terre Sainte. Ou sans y retourner physiquement, invitation humble à entreprendre une démarche spirituelle de retour à soi-même, à la Promesse, à sa foi.

De confession juive ou pas, on peut aussi recevoir cette invitation d’une manière spirituelle comme un appel à renouer avec le Créateur, ou bien avec soi-même, ou avec son enfant intérieur… Ce n’est pas précisé après tout, car les paroles de cette belle… prière permettent de comprendre ce qu’on veut. Dans la version la plus répandue, on ne parle pas de Dieu, on ne parle pas de créateur, on ne parle pas de Père (notion que l’on trouve dans certaines interprétations chantées par des rabbins).

Appel, douce invitation, à revenir. Appel à se retrouver. Appel à la vérité, appel aux retrouvailles de soi-même. On peut le comprendre comme un appel à retrouver son âme ou son origine divine, ou bien comme un appel à la transformation, mais n’est-ce pas pareil finalement ?

Ce qui est sûr, c’est que, née dans la famille judaïque, cette supplique touche de nombreux coeurs des autres confessions, et même qui ne se réclament d’aucune confession.

Ci-dessous, voici une version chantée lors d’une session de  Rainbow Spirit, vous savez: ces rassemblements éphémères, issus de la mouvance hippie mais sans ces excès ( j’y reviendrai, promis!). Bon, si on oublie le contexte d’une fraternité qui vise l’unité et l’amour universel entre les êtres et qu’on visionne juste cette vidéo, ce qui frappe, c’est ce qui se passe pendant que ce chant est lancé. Regardez bien : au départ une communauté humaine éparse, diverse, désordonnée et peu à peu un rassemblement qui fait corps, un seul corps, une unité. Quel beau symbole !

Bref, “return again“, c’est une prière et c’est plus qu’une prière.
C’est une invitation à revenir à soi.

Attention, revenir à soi, ce n’est pas revenir à son ego.
Non, il s’agit de revenir à soi, le vrai Soi,
celui peut être oublié, celui de son âme.

Revenir à qui on est vraiment,
à ce qu’on est vraiment,
à où on Est vraiment.

Sortir de l’apparence,
sortir de l’errance,
sortir de la misère extérieure.

Revenir.
revenir au pays d’où l’on est
revenir à qui on est
à ce qu’on est
à là où on est.

Naître, et renaître encore.
Sans cesse.

Recommencer,
recommencer jusqu’à revenir vraiment.

 

(Return again, par la communauté alternative Rainbow spirit, Jérusalem, 2003)

desert friends by Boris Michalicek

« Je lui parlerai cœur à cœur »

j-irai-au-desertNi Dieu, ni maître
Ni Dieu, ni maître ! Je pars au désert, loin de celui que j’aimais. Il m’a déçu, il m’a trompé. Impossible qu’Il soit, ce Dieu qu’on dit d’amour : Regardez alentour, l’injustice est partout, le scandale déborde. On tue sans rémission. Pour Dieu on assassine. Dans ma vie, rien de mieux. Des prières sans réponses, des luttes inlassables contre des maux incessants. Je suis las de me battre sans personne pour m’aider. Je vais fuir au désert, pour mettre sous mes yeux l’atroce aridité, la solitude extrême où seul je me perds. Drapé dans mon orgueil, là-bas, à pleine gorge, je crierai sans relâche, je viderai ma haine, je proférerai les noms les plus blasphématoires sans crainte que jamais nul écho ne revienne.

burning-man-420Je regarde alentour, mes larmes ont tout lavé : le ciel, les oiseaux. Les bêtes vont et viennent, et la lumière pure qui réchauffe le monde. Je commence à comprendre. La laideur est en moi. Mon œil trop souillé ne pouvait pas bien voir. Mes lèvres profanées par des grimaces immondes, avaient perdu les mots qui gagnent la sagesse. Mon cri est sans écho. Mais lève une autre plainte. C’est un chant, ou des pleurs. C’est ma soif d’être aimé. C’est Jésus, qui pour moi se bat seul, au désert, contre mes tentations, ces démons relâchés par mes cris de vengeance. Et lorsqu’il foule au pied le dernier adversaire, alors il me regarde, et me voilà aimé. « Tu ne voulais plus Dieu, je serai donc ton frère. Toi qui fuyais ton maître, reçois-moi en ami. »

 

Frère Franck Dubois, dominicain

 

Source : Signe dans la Bible