entre-ses-bras

Voici un extrait d’un très beau livre de Stephen Grosz, Les Examens de conscience, dans lequel l’auteur raconte l’essentiel de ce qu’il a découvert de l’être humain dans son métier de psychanalyste, à travers de courtes histoires de vie dont il nous aide à découvrir le sens profond.

L’histoire qui suit, intitulée « Bien chez soi » raconte le questionnement d’un homme déjà âgé (70 ans passés), marié, qui découvre son homosexualité et se demande ce qu’il doit faire : se séparer de sa femme ou pas, etc.  Dans l’extrait que je voudrais partager, parce qu’il me touche très certainement,  l’homme concerné s’aperçoit du lien entre le bienfait extraordinaire qu’il ressent à être avec son ami et le  besoin profond et non assouvi du petit garçon qu’il a été et demeure toujours, ne serait-ce que sous la présence de l’enfant intérieur.

 

Il m’a décrit un dimanche après-midi qu’il avait passé au lit, dans les bras d’un ami.

– On était dans sa chambre, on a écouté un disque. Arès avoir fait l’amour, je ne l’ai pas lâché et il a continué à me serrer contre lui. On est restés comme ça presque tout l’après-midi, jusqu’à ce que j’aie eu envie de me lever. Jamais je n’avais ressenti ça.
– Et vous n’êtes pas prêt à y renoncer.
– Je ne pense pas que je puisse y renoncer.
– Pourquoi maintenant ?

Il n’en était pas sûr. Peut-être que… [il décrit une série d’évènements familiaux  qui engage sa responsabilité de père et d’époux]

– Je sais que ça a l’air égoïste, mais, aujourd’hui, j’ai besoin de sentir que quelqu’un m’aime, et pas qu’on s’occupe de moi par devoir.

Pendant quelques minutes, nous n’avons plus parlé.

– C’est terrible, mais je me suis senti soulagé lorsque mon père est mort. Il était horrible. (…) En fait, il avait des colères subites, qui retombaient aussi vite, mais, même quand c’était terminé, je continuais à être affolé pendant longtemps. On le voyait venir quand il allait exploser et, pour autant, il n’y avait aucun moyen de l’apaiser.

Le pire, ce n’était pas cela, mais le manque d’intérêt que son père éprouvait pour lui.

– Le principal souvenir que j’ai de lui, c’est quand il partait pour son cabinet, avant que j’aille à l’école. Je me sentais un poids pour lui. Je crois qu’il n’avait qu’une hâte : se débarrasser de moi.

Tandis qu’il parlait, je repensais à la scène qu’il m’avait décrite, au plaisir qu’il avait pris à être dans les bras d’un homme, cet ami, immobile, calme et tout contre lui, le bonheur d’être tenu aussi longtemps qu’il en avait eu envie. Je lui ai alors demandé si le fait d’être dans les bras d’un homme lui faisait un effet si fort parce que cela annulait le rejet dont il avait souffert de la part de son père.

– J’ai l’impression que, quand mon père me regardait, il n’aimait pas ce qu’il voyait. Cet après-midi-là, j’ai ressenti exactement le contraire. Je me suis senti bien.

Nous sommes restés silencieux un moment, puis il m’a dit :

– Je suppose que mon histoire n’est pas tellement courante. Il ne doit pas y en avoir beaucoup, parmi ceux qui viennent vous voir, des hommes qui changent d’orientation comme ça, maintenant, à mon âge. Mais voilà…

Il a fait un petit geste, en levant les paumes de ses mains vers le haut.

– Mais voilà…

 

Stephen Grosz, Les Examens de conscience, Slatkine & Cie, extraits des pp 95-97

 

« The Love You Have In You » de Asbjørn

 

Asbjorn-Interview
Asbjørn est un objet musical non identifié, chef de file de la pop électrique danoise. Il mélange des sons modernes et classiques ou même traditionnels, comme dans «The Love You Have In You», où l’on trouve des  accents instrumentaux japonais.

Cette chanson est la 5ème vision d’un album en préparation nommé « Pseudo vision ». Dans cette chanson et sa vidéo, le chanteur évoque explicitement son homosexualité.   «Je n’ai jamais ressenti le besoin d’évoquer ma sexualité dans ma musique, explique Asbjørn, tout simplement parce que je me fiche un peu de qui je tombe amoureux. Mais cette chanson est apparue de nulle part, et avant que je m’en aperçoive, j’avais écrit une chanson très honnête qui reflète ma vie amoureuse. J’espère qu’elle apaisera vos cœurs comme elle a apaisé le mien.» (citation trouvée ici)

Music video by Asbjørn performing ‘The Love You Have In You’. © 2014 Body of Work

« The Love You Have In You » (5ème vision) de Asbjørn

 

 

Easy tiger
Mon doux tigre
We started it and we will end it
Nous avons commencé et nous allons terminer
Every man I’ve ever loved has lost his way for a woman
Chaque homme que j’ai aimé s’est perdu pour une femme

Pseudo visions
Pseudo visions
Disillusions of a young heart
Désillusions d’un coeur jeune
Whether I want it not I will lose my way for a man
Si je le veux pas, je me perdrai pour un homme

Lose yourself to all the love you have in you
Abandonne-toi à tout l’amour qu’il y a en toi
No one knows exactly what you do
Personne ne sait exactement quoi faire
Lose yourself to all the love you have in you
Abandonne-toi à tout l’amour qu’il y a en toi
And I will know exactly what to do
Et je saurai exactement quoi faire

My dear tiger
Mon cher tigre
Use your power to unite us
Utilise ton pouvoir pour nous unir
‘Cause everybody going towards a separate goal
Parce que chacun poursuit un but différent
And every word you say could turn my world around
Et chaque mot que tu dis peut me retourner complètement
And the funny thing about it is that no one else will know
Et le plus drôle, c’est que personne ne le saura

Lose yourself to all the love you have in you
Abandonne-toi à tout l’amour qu’il y a en toi
No one knows exactly what you do
Personne ne sait exactement quoi faire
Lose yourself to all the love you have in you
Abandonne-toi à tout l’amour qu’il y a en toi
And I will know exactly what to do
Et je saurai exactement quoi faire

Asbjørn

I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you…
Je t’aimerai…
I will love you…
Je t’aimerai…
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai
I will love you
Je t’aimerai

I will love you
Je t’aimerai

Asbjørn

principe-d-dincertitude

« Le monde a l’échelle de l’atome n’a pas de détermination semblable à celle qu’il possède en physique classique; à notre échelle.Nous n’atteindrons jamais le fond des choses puisque les choses n’ont pas de fond. »

Jérôme Ferrari, à propos de Werner Heisenberg, découvreur  du « principe d’incertitude ».

 

Ce principe se traduit par une formule mathématique simple:
(ΔV.ΔX = constante)
où V est la vitesse d’une particule et X sa position.
L’équation postule qu’on ne peut pas connaître en même temps
la vitesse et la position.
C’est soit l’un, soit l’autre.

Ce que Jérôme Ferrari résume en cette belle phrase :
« Nous n’atteindrons jamais le fond des choses puisque les choses n’ont pas de fond.« 

Alors, je pense à toutes ces fois où nous avions le coeur brûlant,
mais c’est après que nous nous en rendons compte,
toutes ces fois où le Seigneur passe en nos vies
et c’est après que nous pouvons lui rendre grâce,
toutes ces fois où l’on croit l’atteindre, le rejoindre,
et il nous échappe, encore là mais déjà ailleurs, plus loin.

Et si la physique quantique s’appliquait également à la spiritualité ?
Je suis là, tu es là-bas, je ne sais pas où.
Tu es là, j’y suis aussi mais sans le savoir.

Valse des présences, valse des désirs,
toujours ensemble,
toujours reliés,
toujours en mouvement,
jamais au même endroit,
mais on avance.

– Pas dangereux pour la foi,
ce principe d’incertitude.

Zabulon

 

crois en ton rêve

Crois en ton rêve!

 

Crois en ton rêve, jeune homme !
Crois en ton rêve,  vis-le…

Oh oui!

Crois en ton rêve jeune homme !
Crois, en ton rêve, prie-le

Crois en ton rêve, jeune homme !
Crois en ton rêve,  vis-le…

Oh oui!

Crois en ton rêve jeune homme !
Crois  en ton rêve, prie-le

 

Ilmani -Dia de sol /crois en ton rêve

Déploie le tapis rouge, frère !
On n’a pas que ça à faire.

Toucher l’infini, la folie.

Chacun sa vie,
Mon coeur,  j’ l’ remplis avec du love,
sa lumière me guide du coup dans tout c’que j’fais, j’innove !

 ILLMANI - Dia De Sol - Crois en ton rêve

Aller au bout de ses rêves,
plus loin que le marche ou crève…
Mais rien à foutre du qu’en dira-t-on !

Du fond je me lève, (c’est) pas pour ma pension alimentaire,

(c’est)pour mon esprit, pour que ce dernier survive, je dois être le meilleur …

Déploie le tapis rouge, frère !
On n’a pas que ça à faire.

 

J’ai besoin d’un petit peu d’air (…),
Si t’es dans la même, vas-y bouge, lève ta main en l’air !

ILLMANI – Dia De Sol

 

Crois en ton rêve, jeune homme !
Crois en ton rêve,  vis-le…

Oh oui!

Crois-en ton rêve jeune homme !
Crois, en ton rêve, prie-le

 

Déploie le tapis rouge, frère,
on n’a pas que ça à faire !

dans-les-bras

Tu me tenais dans tes bras
Et je goûtais ton amitié.
Oh que c’était bon,
Être présents l’un à l’autre,
Se donner et partager
La chaleur de la vie.

A l’époque, je ne savais même pas que l’homosexualité existait.
Oh bien sûr, cela existait en théorie.
Mais pas pour moi, pas pour nous.
Nous étions « normaux »,
Seulement deux amis,
Avec une tendresse sublimée
Qui nous ravissait.
Mon ami,
Si tu avais posé ta main sur moi,
Ou moi la mienne sur toi,
Nous aurions été troublés.
Tellement troublés,
Honteux, coupables, victimes à la fois
De quelque chose qui nous dépassait
Et qui semblait tellement inavouable,
Insupportable.

Nous étions amis.
La chaleur de nos corps
Quand nous étions épaule contre épaule,
Quand nos corps se frôlaient,
quand nous nous adossions l’un à l’autre
Quand nos mains effleuraient l’autre
Nous suffisait.

Je ne savais pas.
Je ne savais pas que bien des années plus tard
La sensualité s’éveillerait,
Et que je me souviendrais
Ces moments comme autant de moments ratés
De partager l’amour dont nous avions besoin.

Comme si nos cœurs suffisaient…
Nos têtes, nos corps ont besoin de cet amour.

Mon ami mon ami,
Tu es parti, ou je suis parti,
Je ne sais plus très bien.
Cela fait si longtemps.

Je le sais aujourd’hui,
Je t’aimais

 

Zabulon