Tu n’as pas besoin de tes oreilles pour écouter mon silence
Tu n’as pas besoin de tes yeux pour voir mon chagrin
Ferme juste les yeux et prends ma main
Et je te dirai pourquoi tout le reste est vain

Tu n’as pas besoin de couleurs pour remplir ma vie
Tu n’as pas besoin d’arroser cet arbre
C’est l’arbre de la vie et il est en train de fleurir
Sème juste de l’amour et rends-moi libre

Tu n’as pas besoin d’être victorieux à chaque fois
Chéri, je sais que tu en es capable
Tu n’as pas besoin de t’excuser, tu vois,
Reste seulement pour toujours “mon” Idiot stupide.

Tu n’as pas besoin d’argent pour faire mon bonheur
Tu n’as pas besoin de mots pour exprimer ton chagrin
Regarde-moi juste dans les yeux et serre-moi fort
Et je te dirai pourquoi tout le reste est vain.

Source texte (en anglais ) : “Just close your eyes and hold my hand” sur rishabhkumarsharma

Source Photo :Love for boys (tumblr)

Faut-il encore tomber amoureux? C’est le thème de la chanson “Falling for you”, écrite et chantée par Jem.

Je suis tombé sur cette chanson alors que j’en cherchais une autre du même titre – j’en reparlerai – et face à la beauté et à la simplicité de l’interprétation de Jem, je me suis allé à penser à cette question de l’espoir que l’amour se rencontre enfin après de multiples déconvenues. C’est un thème récurrent dans les chansons comme sur les forums gays. Sans qu’ils en aient l’exclusivité, bien sûr, car ce thème est universel. Mais il y a pourtant une fragilité, une fêlure qui peut rendre douloureux l’amour chez les personnes homosensibles.

Déjà, il a souvent été si difficile d’admettre qu’on était attiré par des personnes du même genre, il a été si difficile de se le dire à soi-même, puis de le dire à quelqu’un d’autre, et que ce quelqu’un soit celui qu’on aime…

Comment décrire cette fragilité? D’abord, dans un certain nombre de cas, les premiers émois sont vécus dans la confusion entre amitié et attirance sentimentale et/ou physique. C’est bête, mais on n’imagine pas tomber amoureux de son ami…tant qu’on n’a pas compris que cette amitié-là n’est quand même pas tout à fait comme les autres. Et puis, quand vient le courage de dévoiler son amour à l’autre, il arrive qu’il n’y ait pas de réponse, voire qu’il y ait une réponse de rejet, de dégoût, de rupture de l’amitié. Particulièrement quand l’autre aimé est hétérosexuel et rejette ou ne comprend pas l’homosexualité. Un peu comme si cet autre se sentait trahi qu’on l’ait laissé devenir ami alors qu’on se révèle amoureux. Comme si cela se contrôlait ! La volonté n’y est pas pour grand chose.

Alors, c’est la course vers l’amour. vers l’amour et ses désillusions progressives. Y a-t-il quelqu’un quelque part que j’aime et qui m’aime? Quelqu’un qui m’accepterait tel que je suis? Sans conditions, sans marchandages, sans complaisance, et aussi sans dépendance? Comme c’est compliqué. Car, qu’on le veuille ou non, on s’enferre dans une recherche d’amour conditionné : celui d’un gay par un gay. Celui de quelqu’un de blessé qui espère rencontre un amour normal avec quelqu’un de pas trop caboché par la vie, et inconsciemment – souvent – quelqu’un qui pansera sa blessure.

La course vers l’amour idéal… après le temps perdu à se trouver soi-même. Et pourtant l’amour existe. Il existe forcément ! Mais où, dans quels bras, dans quel coeur ? Quel est celui qui m’acceptera tel que je suis et auprès de qui je me sentirai comme revivre parce que grandi, éveillé, complet, heureux, heureux du bonheur même de le voir lui-même heureux de s’éveiller et s’épanouit en ma présence?

Ca peut sembler simple pour un hétéro. Il me semble que cela l’est bien moins pour les personnes attirées par le même genre.

Alors, faut-il encore tomber amoureux? Oui, bien sûr ! Et se rapprocher du grand Amour autant qu’on le peut. C’est-à-dire de Celui qui fait qu’on s’oublie soi-même dans une relation qui nous éveille et nous construit réciproquement. Peut-être, faudra-t-il s’y reprendre à plusieurs fois. Peut-être, oui. Le temps de se désengager de ses blessures d’enfant, de ses désirs d’affection infinie qu’on voudrait recevoir de l’autre en voulant lui faire porter une responsabilité qui n’est pas la sienne, quand bien même il le voudrait et promettrait monts et merveilles. Il faut d’abord apprendre à s’aimer soi-même, retrouver en soi cette tranquillité qui fait que j’ai le droit d’être et d’exister tel que je suis sans attendre l’approbation d’un autre. L’amour humain ne consiste pas à attendre et espérer de l’autre qu’il compense les manques d’assurance et d’affection venus des fins fonds de notre histoire. Ce chemin est voué à l’échec. Même pas par idéalisme, juste parce qu’il ne prend pas la réalité en compte, la réalité de qui on est.

“Tomber amoureux”, l’expression est belle. Elle évoque une sorte de lâcher prise, de mouvement d’abandon vers l’autre, d’acceptation de m’en remettre à lui. Sortir de soi. Accepter d’être sans défense et me recevoir de l’autre. J’ai dit : accepter d’être et me recevoir de l’autre. Oui, il faut les deux. D’autant que, pour que cela marche, il faut que ce soit réciproque. Ce serait tellement compliqué d’aimer quelqu’un qui ne sait pas qui il est. Il y a tellement de risques de quiproquos et de blessures nouvelles à venir.

C’est tout le drame de cette belle chanson :

Je sens que je tombe amoureux de toi
Mais je suis effrayé de me laisser aller
Je suis effrayé parce que mon cœur a été tellement blessé
C’est vrai que je suis devenu sceptique
Combien de couples s’aiment vraiment
Je voudrais avoir une boule de cristal
Pour me montrer si ça en vaut la peine

Jem – Falling for You / Tomber amoureux de toi

Said there’d be no going back
Promised myself I’d never be that sad
Maybe that’s why you’ve come along
To show me, it’s not always bad

Coz I can feel it, baby
I feel like I’m falling for you
But I’m scared to, let go
I’m scared coz my heart has been hurt so

It’s true I’ve become a skeptic
How many couples really love
Just wish I had a crystal ball
To show me, if it’s worth it all

Coz I can feel it, baby
I feel like I’m falling for you
But I’m scared to, let go
I’m scared coz my heart has been hurt so

Yeah I can feel it, baby
I feel like I’m falling for you
But I’m scared to, let go
I’m scared coz my heart has been hurt so

And I’ve got to be sure
Coz it’s been so long
And I cannot take the pain again
If it all goes wrong

Coz I can feel it, baby
I feel like I’m falling for you
But I’m scared to, let go
I’m scared coz my heart has been hurt so

Yeah I can feel it, baby
I feel like I’m falling for you
But I’m scared to, let go
I’m scared coz my heart has been hurt so

I want you so much
I need you so much
I want you so much
I need you so much

(Believe me my love
Believe me my love)

 

J’ai dit qu’il n’y aurait pas de retour en arrière
Je me suis promis de ne jamais être triste comme ça
Peut-être est-ce pour ça que tu es venu
Pour me montrer que ça n’est pas toujours mauvais

Parce que je le sens, bébé
Je me sens comme si je tombais amoureuse de toi
Mais je suis effrayée de me laisser aller
Je suis effrayé parce que mon cœur a été tellement blessé

C’est vrai que je suis devenue sceptique
Combien de couples s’aiment vraiment
Je voudrais avoir une boule de cristal
Pour me montrer si ça en vaut la peine

Parce que je le sens bébé
Je me sens comme si je tombais amoureuse de toi
Mais je suis effrayée de me laisser aller
Je suis effrayée parce que mon cœur a été tellement blessé

Ouais je le sens bébé
Je me sens comme si je tombais amoureuse de toi
Mais je suis effrayée de me laisser aller
Je suis effrayée parce que mon cœur a été tellement blessé

Et je dois être sûre
Parce que ça a été si long
Et je ne peux souffrir à nouveau
Si tout se passe mal

Parce que je le sens bébé
Je me sens comme si je tombais amoureuse de toi
Mais je suis effrayée de me laisser aller
Je suis effrayée parce que mon cœur a été tellement blessé

Ouais je le sens bébé
Je me sens comme si je tombais amoureuse de toi
Mais je suis effrayée de me laisser aller
Je suis effrayée parce que mon cœur a été tellement blessé

Je te veux tellement
J’ai tellement besoin de toi
Je te veux tellement
J’ai tellement besoin de toi

(crois-moi, mon amour
crois-moi, mon amour)

Source photo : Joey Graceffa et Daniel Christopher Preda