Quelques nouvelles quant au devenir de ce site…

Je suis en train d’organiser la migration des articles de ce blog vers l’adresse suivante : paysdezabulon.wordpress.com/, page sur laquelle vous trouverez dans le menu latéral droit la possibilité de vous “abonner” pour suivre les publications du blog si vous le souhaitez.

Cela se fait à mon rythme, quand j’ai le temps, donc pas très rapidement : 14 ans d’histoire, quand même ! Mais ce blog-ci disparaîtra de toute façon en septembre 2026 puisque je ne renouvellerai pas l’abonnement.

En fait, cela fait des mois que je vois le service se dégrader en termes de fonctionnalités et de compatibilité entre wordpress et OVH. Le formulaire de contact ne marche plus, l’envoi des newsletters est aléatoire, on me propose des améliorations payantes qui n’améliorent rien et OVH ne prend plus certaines évolutions en compte sauf à bidouiller soi-même, ce qui d’une part n’est pas dans mes centres d’intérêt et qui, d’autre part me fait me demander alors pourquoi et quoi je paye.

La solution trouvée n’est pas idéale non plus (j’ai déjà plein d’invitations à prendre des formules payantes pour améliorer ceci ou cela) mais elle permettra au moins dans un premier temps de laisser ces publications en ligne et d’en ajouter de temps en temps.

Ce qui ne finit pas de m’étonner et de me toucher, c’est le nombre de connexions hebdomadaires qui continuent de se faire. Vous êtes nombreux, principalement de France, francophones, mais aussi de langue hispanique du fait du relais amical et extraordinaire de certaines publications sur le site critianosgays dont le rédacteur a décidé récemment d’arrêter ses publications. Son constat, et je le partage, est qu’à l’ère des réseaux sociaux le format blog ne correspond plus exactement à l’audience souhaitée.

+++Mi blog se va a trasladar a la dirección indicada más arriba. Aprovecho para dar las gracias de todo corazón a los amigos de habla hispana que me siguen desde hace tiempo gracias al fundador y moderador de cristianosgays. No hay fronteras entre las personas cuando se busca la verdad.+++

Cela étant, parlons-en de l’audience “souhaitée”. Je n’ai jamais rien souhaité. J’ai juste voulu continuer le chemin qu’un autre auteur de blog (Loquito) avait commencé en moi, ressentant très fortement qu’il fallait continuer à alimenter un espace homosensible chrétien sur la toile quand bien même cela se ferait sans plan préparé, au fil des questions, des émotions, des ressentis qui se présentaient à moi. Ce blog m’a servi d’accouchoir. Certains diraient de “thérapie”, et c’est vrai : il s’agit d’accueillir et d’accepter mon homosensibilité et de lever l’apparente contradiction qu’il y a entre foi chrétienne et homosensibilité. Mais le mot “thérapie” pourrait laisser entendre qu’il y a de la maladie derrière tout ça, alors je préfère le mot accouchoir : accoucher de moi-même, oser être moi-même : oser accueillir que mes élans affectifs sont envers d’autres hommes et qu’en rien je ne vois Jésus me juger, et encore moins me condamner pour cette raison. Bref, il s’agi ni plus ni moins d’opérer une sorte de coming-in et d’en tirer les conséquences, de sortir de mon placard intérieur, de secouer mes fausses représentations pour accueillir qui je suis vraiment.

Tous ces thèmes se croisent et s’entrecroisent : l’accueil, l’acceptation, l’authenticité, la nudité de l’être, la nécessité de la vérité, la recherche de relations authentiques et sincères, la confiance absolue dans le fait que Jésus accueille, et ne juge en rien, toute humanité.

Cetains d’entre vous ont été touchés par tel ou tel témoignage de mon humanité, par tel ou tel texte. Grâce à ce blog, j’ai communiqué avec de belles personnes, des gens en recherche, en questionnement, en souffrance parfois. Des personnes des milieux les plus improbables et de tous les coins du monde. Des jeunes, des anciens. Des chrétiens, catholiques ou chrétiens autrement, des non chrétiens.

Un dialogue, parmi d’autres, qui m’a beaucoup touché est celui que j’ai eu en plusieurs mails avec une jeune personne chrétienne, d’éducation plutôt conservatrice, et qui a voulu entamer une conversation avec moi pour mesurer la réalité de la profondeur spirituelle d’un chrétien gay : peut-on être authentiquement gay et chrétien ? Certaines de mes publications la faisaient questionner ce qu’elle avait entendu dans son milieu d’origine. J’ai répondu comme j’ai pu à ses questions qui étaient sincères et sans ambages. Puis, quand elle a fini de poser ses questions et de recevoir mes réponses, elle m’a remercié pour l’espace que cet échange avait ouvert en elle.

Et tant d’autres rencontres, chacune si importante. Je n’en citerai aucune autre, j’en oublierais forcément.

A tous ceux qui lisent encore ce blog, et suivent peut-être mes rares publications en ce moment, je vous dis : je ne pars pas, je fais juste un pas de coté avec cette migration sur un autre blog et ce sera peut-être l’occasion de réfléchir à la forme dont j’aimerais m’engager désormais.

La “thérapie” étant terminée pour moi, je me réveille un peu avec cet étonnement qu’on ressent quand une difficulté est passée et que la solution en est tellement ingérée qu’on se demande comment cette difficulté a pu exister.

Et pourtant, ici ou là, il y a encore des gens qui se réclament de Dieu et qui excluent les autres. Ici ou là l’homophobie rampante, haineuse, abuse, violente et tue. Ici ou là, des gens disent “péché”, “enfer”, “diable”, ou “contre-nature” “structurellement désordonné”, “incomplétude”. Et moi je cherche le regard du Jésus des Evangiles, je me demande s’il a trouvé des frères humains incomplets, structurellement désordonnés, etc. juste par ce que l’amour genré préférentiel qu’ils portent envers autrui est différent de ce qu’une caste sociale voudrait imposer à tous.

Evidemment que je suis solidaire. Evidemment que je n’abandonnerai pas le combat. C’est juste que je ne sais pas encore bien comment.

Et puis, je n’oublie pas. Je n’oublie pas un autre ici ou là, celui qui est incrusté dans ma chair, mon coeur, ma mémoire. J’avais un ami, j’étais son ami, nous étions amis. Juste amis, croyions-nous. Probablement nous étions amoureux mais nous ne le savions pas encore, nous ne nous étions pas encore ouverts de cela. D’autres que nous se sont chargés de nous séparer. C’était il y a longtemps mais je ressens encore en moi cette injustice d’avoir été séparé de celui que j’aime, ce vol – oui littéralement le vol – de notre histoire sur fond d’homophobie latente et honteuse (au sens qui produit la honte) : ça ne se fait pas, ça n’est pas bien, c’est une maladie, il ne faut pas être comme ça. Et lui, lui mon amour de toujours, lui si généreux, ouvert et tolérant, qui, de colère, me rejette avec les mêmes arguments. Homosensibilité refoulée, hétéroxexualité décalée, simple amitié déçue : le saurai-je un jour ?

Non, je n’oublie pas d’où je viens. Je sais, par les témoignages reçus, que ce genre de situations existe encore. Malheureusement.

Alors, je ne peux pas abandonner ce combat.

A aucun moment, l’amour authentique ne doit être montré du doigt. A aucun moment, il ne doit donner lieu à des moqueries, des insultes, du rejet. Car on ne choisit pas qui on aime. Et cet immense honneur pour l’être aimé que d’être celui vers qui “notre coeur soupire”.

C’est tout. Pour le moment 🙂

N’oubliez pas de vous abonner sur le nouveau blog.

Z.

Photo : Herbert Basedow (1881-1933)

Trois questions qui me sont posées régulièrement :

Pourquoi illustrer  mes articles avec  des images d’ hommes nus ? Cette nudité provoque et empêcherait certains d’accéder à certains textes qui pourtant les nourrissent.
Pourquoi une iconographie exclusivement masculine ? C’est un peu réducteur. On trouve aussi la beauté et l’inspiration auprès du féminin aussi.
Pourquoi cette fascination pour les jeunes gens ? On la voit à travers les images publiées. Est-ce dire que tu n’es attiré que par les jeunes gens ?

J’ai déjà répondu ici ou là par le passé mais, comme ces questions reviennent régulièrement, je vais essayer d’y répondre brièvemement.

 

Pourquoi des hommes nus ?

D’abord, concédez-moi qu’il n’y en a pas tant que ça et que, quand une nudité est affichée, elle n’est en général pas érotisée. Donc, elle choque le regard. Mais est-elle choquante en soi ? Vraiment, en publiant des sujets masculins, je ne cherche pas à choquer, mais j’ai clairement l’intention de dédramatiser la nudité, de la dépudibonder parce que vouloir à tout prix jeter le voile sur une partie du corps humain revient, au fond, à ne pas vouloir l’accepter en entier.

Vu que mes textes sont largement introspectifs, ce n’est pas la nudité de l’autre que je vise – même si elle est agréable à contempler, mais la mienne. Je m’explique : pas de salut pour moi tant que je ne saurai pas accéder à l’ensemble de mon humanité, même dans ses recoins les plus cachés, les plus secrets, même ceux perçus par certains comme honteux. Qu’y a-t-il de honteux dans l’humanité ? Jésus passe son temps à rencontrer justement les gens qui font honte ,ceux qui ne sont pas socialement fréquentables, les pécheurs, les malades, les laissés pour compte. Tous ces gens-là représentent une part de mon humanité. Toute mon humanité doit être sauvée, je n’ai pas à en rougir, même si ce n’est pas facile.

Croyez-vous que je sois naturiste ? Non pas vraiment. J’ai encore beaucoup de pudeur qui m’empêche de me montrer en public même si, ma foi, je m’améliore peu à peu. Ce que j’ai compris, c’est que la question n’est pas vraiment de savoir qui me regarde et comment on me regarde, elle est bien plutôt : comment je me regarde moi puisque j’ai tellement honte de moi que je ne veux pas me montrer.

C’est à la fois concret et symbolique (le symbolique n’étant pas un fruit de l’imagination mais une représentation porteuse d’un sens plus grand encore que la réalisation matérielle). Je ne veux pas être vu, je veux pouvoir ne pas me cacher. Dans tous les aspects de ma vie, si possible. Tout exposer à la lumière salvatrice. Et je le veux pour moi mais aussi pour autrui, si cela lui convient. Être vrai, être authentique, être soi, autant que cela se peut.

Peut-être est-ce mon histoire qui me conduit à raisonner ainsi et prendre ce chemin ? Souvenons-nous d’où je viens : un milieu simple et catholique d’une petite ville de province, une famille dans laquelle je n’ai jamais entendu de réflexion homophobe mais dans laquelle, du fait de la culture ambiante, je n’ai jamais eu la liberté d’exposer et vivre tranquillement mon homosensibilité. Trop risqué. Les gens qui sont comme ça, ils sont malades. C’est que des ennuis pour eux et pour leurs familles. Je me suis caché, j’ai mis les habits de l’hétéronormalité, j’ai refusé l’idée que je pourrais être attiré par les garçons. Il fallait absolument que cela ne se voit pas. Donc, oui, je me suis caché.

Et tout mon travail, à travers ce blog, est de me dévoiler. De redécouvrir qui je suis vraiment, me le réapproprier et le déployer, l’offrir à ceux que cela pourrait aider aussi. Bref , voilà un sujet dérivé de la nudité qui est intéressant : Met-on des habits pour se cacher ou pour se protéger des intempéries ? Le froid, le vent, la pluie… Moi je me suis couverts des habits de l’hétéronormalité pour ne pas être moqué, rejeté, abandonné. Je n’ai pas osé être moi, je ne m’y suis pas senti autorisé. Pire : il fallait le cacher. Mais pour de mauvaises raisons.

Au delà de l’orientation sexuelle, n’est-il pas vrai que les habits sont souvent l’occasion d’un masque social ? Ou, parfois, l’occasion de se construire une identité sociale qu’on veut afficher pour mieux la vivre ? Voilà pourquoi j’aime beaucoup, par exemple, l’esprit de la famille Rainbow, dans laquelle vous pouvez côtoyer à la fois des personnes aux look improbables et des gens qui sont nus, l’essentiel étant la liberté de chacun. Liberté respectée par tous.

Pour moi, la nudité est de l’ordre d’un tabou qu’il faut interroger sinon lever comme beaucoup d’autres. Dans une entreprise de vérité sur soi-même, ne vous attendez pas à ce que j’arrête de publier des photos d’hommes dénudés s’il me semble que cette illustration sert ce que je veux dire dans le texte

Pour terminer sur ce sujet, j’ai remarqué que les réactions étaient encore plus fortes lorsque la nudité représentée ou évoquée dans les images se rapportait à l’homme Jésus (comme par exemple dans l’article intitulé Un homme). Cela n’enlève rien à ce que j’ai dit avant. Au contraire. Cet homme Jésus avait un corps, utilisait son corps. Son corps est mort et pourtant sa chair a été re-suscitée. Redécouvrir la belle chanson de Raymond Fau : J’ai vu tout nu le roi.

J’ai vu tout nu le roi
Il ne faut pas le dire
Pourtant je l’ai bien vu
J’ai vu le roi tout nu
Il me ressemble fort
Il est fait comme moi
Il est fait comme moi mais…
Ne le répétez pas.

(P :Jean Debruynne / M :Raymond Fau)

 

Pourquoi une iconographie exclusivement masculine ?

Figurez-vous que, en société, je suis plutôt du genre à fuir les ambiances exclusivement masculines. C’est très personnel, je ne m’y retrouve pas. J’ai besoin que l’ensemble de l’humanité soit présente autour de moi.

Mais s’agissant de ce blog, c’est un peu différent. C’est sa “marque de fabrique” en quelque sorte. Je tiens à garder pour mon blog une iconographie masculine en rapport avec les textes que je publie. C’est ma contribution (modeste) à la “déshétérotisation” de toute la belle littérature mystique, spirituelle et amoureuse.

Comme je l’ai déjà dit, ça a été un choc positif pour moi de découvrir le blog de Loquito (aujourd’hui fermé) qui mettait en rapport de beaux textes et citations avec de belles images homosensibles. Certaines étaient plus osées que d’autres, presqu’érotiques, mais peut-être est-ce ma naïveté et ma pudeur de l’époque qui me les faisait voir ainsi.

Cela m’a fait du bien pour accepter et assumer mon homosensibilité, je pense que cela peut faire du bien à d’autres aussi.

 

Pourquoi cette fascination pour les jeunes gens ?

Très intéressante question. Cela fait quelque temps que je voulais la traiter et n’en ai pas eu le temps. Mais avant de répondre, j’aimerais préciser quelque chose : il y a ce que je publie et il y a qui je suis. Les textes et les images publiées ici ne dévoilent pas exactement qui je suis. Ou, s’ils le font, ce n’est que de manière incomplète. Alors, projeter qui je suis et quelle serait ma vie affective et sexuelle à partir des seules images publiées, cela va être forcément très réducteur.

Cela donne parfois des scènes un peu cocasses. Récemment un internaute me contactait pour, disait-il, me parler. Et en fait de parler, il n’avait que des questions intrusives à me poser agrémentées de réflexions à deux balles comme celle-ci : “Oui, de toute façon, on voit bien que vous n’êtes attiré que par les jeunes gens. Je juge pas, hein, mais quand on voit les photos sur votre site, on se pose pas de questions…” Ah oui ? Ben quand même… Je ne sais pas quel est le nom du biais cognitif employé pour en arriver à de telles conclusions mais toujours est-il que le dialogue s’est assez vite terminé.

— Il arrive parfois que certains s’égarent à chercher un contact avec moi qui d’emblée se révèle une relation possiblement toxique. Toxique parce que jugeante. Je coupe court et me félicite intérieurement de garder cet anonymat qui me permet de m’exprimer en toute liberté. Que ça plaise ou non. —

Bref, revenons à nos moutons. La première réponse à la question est très simple. Oui, ce sont souvent des sujets jeunes qui sont représentés, d’abord parce que c’est ainsi que fonctionne la société humaine. La plupart des modèles, masculins comme féminins, ont entre 18 et 30 ans. Pourquoi ? Parce qu’ils sont beaux, frais et inachevés. C’est le moment de la vie où tout est encore possible, celui auquel on se réfère spontanément quand on veut revenir à ses choix premiers, les réengager, les rediscuter.

Oui, la jeunesse fascine. Elle me fascine, comme d’autres. Parce qu’elle vient m’interroger sur le champ des possibles, sur les choix ou non choix que j’ai faits et que je dois revisiter. Que ferait le Zabulon de ses 20 ans s’il avait toute la liberté que j’ai un peu acquise depuis et que les jeunes de cette génération, pour beaucoup,  ont acquise ? Comprenons-nous bien : je n’ai aucune nostalgie et ne veux pas redevenir jeune, je veux puiser dans l’intuition et l’innocence de ma jeunesse la force de déployer qui je suis, ma conviction étant que je l’étais déjà et que j’en ai été détourné.

Les photos de jeunes gens nous renvoient à des moments de l’existence où tout peut encore basculer. On peut regarder ces photos avec le désir d’avoir un compagnon qui aurait la même esthétique (mais ça garantit quoi de son état d’esprit, de ses qualités d’âme et de coeur ?) ou juste se laisser inviter au voyage des possibles sans le filtre du désir. Ce modèle qui est représenté en illustration d’un texte que je cite ou que j’écris, c’est toi, c’est moi, sublimés, en train de se poser les questions que je me pose, en train de refaire les choix de sa vie. Voilà tout.

La jeunesse, je le disais tout à l’heure, a un goût d’inachevé. C’est là que reprend ou peut reprendre l’histoire. Dans un long article de son blog, le photographe Matt Kulisch répond à cette même question : pourquoi ne photographie-t-il quasiment  que des jeunes gens ? Sa réponse m’a beaucoup aidé à comprendre ce qui se passait aussi pour moi et probablement pour nombre de lecteurs :

“Quand on me demande pourquoi je travaille avec des jeunes hommes, parfois avec une pointe de méfiance ou d’hostilité, je pense à un dimanche matin de fin mai 2013. Ce matin-là, je devais travailler avec un tout nouveau modèle et dans un tout nouveau lieu. (…)

Drew et moi avions discuté d’un lieu lors d’une réunion préalable à la séance photo. Drew avait décrit l’endroit comme « déjanté », « urbain » et « unique », alors qu’il n’en avait entendu parler que par un ami photographe. En fait, il ne savait même pas exactement où il se trouvait, seulement que c’était près du terminus du tramway, au milieu du chaos rouillé et austère du quartier industriel du Central Eastside de Portland. Ce qu’il décrivait collait parfaitement à la personnalité de Drew : le genre d’alliance entre sujet et lieu que j’espère toujours photographier. Lorsque Drew et moi avons aperçu pour la première fois cette beauté clôturée par des chaînes (en remontant SE Clay), nous nous sommes simplement regardés, avec cette complicité commune aux artistes et aux délinquants : « C’est l’endroit idéal ».

Drew portait un débardeur, un slip et des baskets : il bondissait dans et par-dessus des flaques d'eau, elles-mêmes brillantes sur la surface dure, presque vitreuse.

Drew photographié par Matt Kulisch

(…) Il y eut un moment, peut-être en milieu de matinée, où le sol en asphalte, rouge mortier par endroits, parfois gris cendré, était presque entièrement vitrifié par l’eau de pluie. (Comme dans un poème de William Carlos Williams…) Drew portait un débardeur, un slip et des baskets : il bondissait dans et par-dessus des flaques d’eau, elles-mêmes brillantes sur la surface dure, presque vitreuse. Il enfilait des pneus de voiture usagés, trois d’entre eux sur le côté, disposés en triangle, ces quatre objets interrompant ce qui aurait été un miroir parfaitement blanc.

En tant que photographe, et peut-être en tant qu’être humain, je vis pour ces moments où mon sujet devient partie intégrante de l’arrière-plan – ni accessoire ni vraiment principale – mais une autre partie, composée de ses formes et lignes individuelles, ce que Sontag appelle « participation ». Ce sont des scènes intégrées. Elles ont quelque chose de tangible, de musculeux dans leur qualité, et aussi sujettes à la perte et au changement que le temps ou la masse brûlée dans laquelle elles ont été créées.

Ce sont des moments comme ceux-ci qui m’amènent à travailler avec la jeunesse radieuse. Je recherche des moments comme ceux-ci : où l’intimité est aussi fragile, enracinée, menaçante et à jamais perdue que le sera le souvenir de cette expérience. Je souhaite réaliser des photographies qui s’intéressent à cette vulnérabilité et à cette perte mêlées à cet instant singulier. La beauté, la jeunesse, et en particulier l’énergie incertaine et inachevée des récits alternatifs de la masculinité, semblent précisément être le lieu où ces moments vivent pour moi.”

 

La saveur et la promesse de l’inachevé… Se replonger dans ce qui a été pour refaire ses choix ou bien en faire d’autres. Se resourcer pour mieux repartir.

Je peux comprendre que tous n’ont pas ce chemin à faire et que certains se trouvent dépités face à des images représentant la jeunesse alors qu’ils cherchent l’âme soeur dans les mêmes âges qu’eux.  Il se trouve que je ne cherche pas l’âme soeur  dans la jeunesse  (ce n’est d’ailleurs pas l’objet de ce blog)  mais que j’ai encore besoin de replonger dans ma jeunesse – pas celle des autres – pour retrouver qui je suis. Ca ne durera peut-être pas toute la vie mais c’est l’étape où j’en suis. Bref, les illustrations publiées ne viennent que soutenir mon mouvement intérieur, elles ne sont pas l’indice d’une préférence sexuelle et encore moins une invitation !

Il me reste encore un point à aborder concernant la fascination envers la jeunesse. Tel ou tel de mes lecteurs m’a confié n’avoir eu dans sa vie que des relations avec des hommes plus jeunes que lui et de là s’interroger sur sa capacité à vivre une relation affective stable alors que les années ont passé et que le corps est vieillissant. Je n’ai pas de réponse toute faite, ou plus exactement je pense que tout est possible. Mais, si c’est ton cas, ami lecteur, peut-être y a-t-il à s’interroger sur ce que tu cherches ou cherchais lorsque tu ne t’attaches qu’à des hommes plus jeunes que toi. Au-delà de leur beauté, est-ce que ce n’est pas toi-même que tu cherches, toi-même de quand tu étais jeune ? Si c’est le cas, la question serait : que t’a-t-il manqué quand tu étais jeune que tu cherches à combler à travers la rencontre à travers d’autres jeunes ?

Il me semble qu’aucune histoire d’amour véritable, en tant que rencontre égalitaire de deux êtres qui se donnent l’un à l’autre, ne peut résoudre les blessures de l’histoire spécifique de l’un des deux. Ce serait faire porter à l’autre un poids sévère et injuste.

Pour ma part,  je ne cherche pas à “draguer” à travers ce blog ni même à exprimer de préférence. Comment pourrait-on être ouvert à la rencontre et décider d’avance de la forme qu’elle doit prendre ?  La présence des jeunes modèles ne fait que me replonger dans mon être inachevé, là où je peux reprendre tranquillement le cours de ce que j’avais laissé.

Z – 29 juillet 2025

 

Source photo : Café Littéraire @C_litteraire – « Trois nobles sœurs de Bohême à la cour » par Cerboni, contemporain. Réalisation inspirée de la collection, XVIe siècle, de Rodolphe II Roi de Bohême. – Elles sont suffisamment stylées pour représenter les trois questions qui me sont adressées, non ? 🙂

Il s’en est passé des choses depuis la création de ce blog.
Il s’en est passé….
Tellement !

Suis-je toujours chrétien ?
Oui, assurément. Je ne pourrais pas ne pas l’être.
Ce bonhomme Jésus, il me parle encore, il me fait encore grandir en humanité.
Je n’ai pas trouvé mieux que lui pour m’inspirer, me conduire et m’accompagner sur mon propre chemin d’humanité.

Suis-je encore catholique ?
Oui, puisque c’est ainsi. Puisque c’est le fruit de mon histoire.
Mais ça n’a tellement plus beaucoup d’importance…
L’institution et les hommes qui font l’institution sont décevants.
Le message, la perle précieuse qu’est cette révélation d’être aimé inconditionnellement
et d’avoir le droit et le devoir d’être là, tel que je suis, où que j’en sois,
oui, cela demeure, quoi qu’il en soit de l’institution et de ses limites.
Ce message, ce témoignage qui vient de la grande tradition apostolique,
cette expérience inouïe faite par les contemporains d’un certain Jésus
et qui a pu parvenir jusqu’à moi.

Et de l’homosexualité, l’homosensibilité ?
Ouh là ! Que de chemin parcouru !
Chemin d’acceptation d’abord.
Quoi qu’en dise l’institution ou ceux qui se réclament d’elle,
je n’ai pas vu que Jésus et le Dieu de Jésus me rejetassent sur ce seul motif
– ni aucun motif d’ailleurs.
Je peux être chrétien et homosensible. Quoi dire de plus ?
Si Dieu ne me rejette pas, quelle est donc cette bizarrerie que des hommes qui se réclament de lui le fassent ?
Chemin d’ouverture ensuite.
Cette acceptation ne vaut pas que pour moi, elle vaut pour tous les blessés et réprouvés de la terre.
Il n’y a pas un humain qui ne soit racheté, consolé, invité à se joindre à la fête des retrouvailles.

Mais alors la fidélité, la conjugalité, la paternité, etc. etc. ?
Je ne sais pas… Est-ce un sujet spécifiquement lié à l’orientation sexuelle ?
Y a—t-il un autre devoir premier que celui de survivre et de s’épanouir ?
De se développer comme tout être vivant, spécialement le végétal qui le fait sans affect
– les brins d’herbe, les plantes, les arbres –
qui se laisse aspirer par le soleil et monte vers la lumière ?

En soi, l’homosexualité n’est pas un sujet.
Seulement celui de se respecter soi-même, d’être respecté par les autres
et d’aller vers la meilleure version de soi-même.

Dans l’idéal,
je n’ai pas besoin d’affectivité.
Pas besoin de lien préférentiel, pas besoin de sexualité.
Mais c’est dans l’idéal. A la résurrection, dit Jésus.
Quand bien même une femme aurait sept maris successifs issus de la même fratrie,
elle ne sera la possession d’aucun d’entre eux dans le royaume du ciel.
Au ciel, on est comme des anges.
Libérés des contingences affectives, sentimentales sexuelles,
qui sont liées à notre finitude, notre condition humaine,
une création faite de limites que nous peinons à intégrer.

Là,
sur le moment,
alors que je ne suis pas au ciel,
engoncé dans mes limites humaines
dans mes blessures subies, dans mes manques d’amour,
le risque (la tentation ?) est grand de perdre mon chemin,
de me dérouter du seul bien qui vaille :
me trouver moi-même
et, trouvant l’être de mon être,
de me laisser conduire
par le maître, l’essence, l’origine, l’énergie
-prenez le terme que vous voulez –
de toute vie.

En attendant,
je survis,
je subis,
je crie,
je pleure,
je m’adapte,
me sur-adapte.
Je cherche
de l’approbation,
de l’assurance
de l’estime,
de la consolation,
de l’affection,
de la reconnaissance,
de la complétude
aussi,
à la mesure
où je me sens incomplet
où il me manque
quelque chose
que l’autre aurait
et que je n’ai pas.
Et il se peut
que je n’en sois pas toujours
totalement
conscient.

Bref,
je vis dans un monde limité,
j’ai besoin de tendresse,
d’amour et d’amitié.
Et si,
dans cette vie humaine limitée,
je ne l’ai pas reçu en suffisance
notamment pendant l’enfance
– ce qui est le cas de la plupart d’entre nous –
je le cherche éperdument
comme un besoin vital,
fondamental,
dans tous les actes de ma vie.

Où j’en suis, alors ?

A ça :
savoir que j’ai besoin de tendresse
tout en sachant
que celle dont je rêve
n’existe pas sur terre
mais que des bras humains
qui seraient bienveillants et compatissants
pourraient me confirmer
et m’encourager dans mon aspiration
à l’amour sans limité,
comme un signe d’inachevé
qui montre le chemin
vers la plénitude.
.
Peut-être,
le temps de la finitude,
le bien que nous pouvons recevoir les uns des autres
n’a-t-il d’autre sens
que de figurer ce bien de tous à tous
et de nous aider à patienter.

Z – 15/02/2025

Source photo : Unsplash

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
“Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.”
Jn 14,15

Silence

Hormis quelques récentes publications pendant le confinement, j’ai été peu présent sur ce blog depuis plusieurs mois. Et certains lecteurs, gentiment se rappellent à mon bon souvenir et m’enjoignent de publier à nouveau.

Je suis touché d’avoir des amis qui me lisent et m’attendent dans le monde entier. Ce n’est pas une question de nombre puisque ce blog, étant donné son sujet, est et restera d’audience limitée. Mais, bien sûr, cela me touche et je me retrouve face à moi-même me demandant ce que je dois faire.

Qu’ai-je de particulier sinon d’écrire sur des sujets qui me tiennent à coeur, … – j’ai écrit « des » sujets » , en fait un seul et unique sujet : être gay et chrétien. J’utilise clairement ce blog pour sortir, sous couvert d’anonymat, l’être que je suis, devenu conscient par je ne sais quel mystère que seule l’authenticité me sauvera et de la tristesse et de l’angoisse et de la torpeur et encore plein d’autres sentiments compensatoires. Ce faisant, l’écriture est thérapeutique et aujourd’hui je ne sais plus très bien quoi exprimer à ce propos tant il est devenu clair pour moi qu’être gay et chrétien n’est pas un problème.

Cependant, cela le reste pour nombre de chrétiens, qu’ils soient des « hétéros » qui ne comprennent pas ou des « homos » handicapés dans une conception étriquée de la vie chrétienne. Cela je l’entends, je le vois, je le mesure. Je suis touché de la confiance qui m’est manifestée pour aider d’autres personnes à avancer sur ce chemin et, en même temps, je me sens si petit, si impuissant, si désemparé. Je n’ai, je l’ai déjà dit, que la recherche de mon authenticité à offrir. Forcément subjective, forcément incomplète, forcément en chemin.

Je ne comprends pas bien ce qui se passe mais si les mots que je mets sur ce que je peux ressentir et exprimer peuvent aider d’autres personnes, je n’ai pas envie de me défiler.

Sidération

Parmi les autres raisons à mon silence depuis ces longs mois, il y a cependant une autre raison que j’aimerais signaler. C’est la sidération dans laquelle je suis devant toutes les affaires d’abus sexuels, et en premier lieu de pédophilie, d’une part, et les révélations – en fait les confirmations de ce que je savais déjà – du livre de Frédéric Martel, Sodoma, d’autre part.

Je n’entrerai pas dans le débat « comment en est-on arrivé là ? » car ce n’est pas le propos de ce blog. Non, ce qui me sidère et m’interroge, c’est ma propre torpeur, mon silence, mon manque d’activisme à agir comme bon je l’entends puisque ma conscience me fait percevoir des choses que l’Eglise ne m’enseigne pas.

A l’instar de ce qu’exprime très bien Frédéric Martel dans son livre, je me fiche éperdument d’apprendre ou de savoir que tel ou tel membre du clergé ait une orientation homosexuelle et même qu’il ait un ami ou un amant. Au contraire, je le respecte, et j’imagine à quel point cela est difficile à vivre de se découvrir/s’accepter sur le tard homosexuel alors qu’on pensait parfois pouvoir être chaste et continent, et peut-être pouvoir être libéré de ses pulsions sexuelles. Las, la chair (au sens noble, basar) reprend ses droits, et cette chair, c’est aussi là que s’incarne notre être : impossible de fuir ! Chacun est face à lui-même dans cette découverte de sa sexualité, et, au-delà, de son besoin de tendresse reçue et donnée, de tendresse partagée.

Pour des raisons qui me sont encore un peu mystérieuses, il semble que pour les hommes homosexuels, la tendresse et la sexualité soient très liées et que le besoin de sexualité soit difficile à refréner, et vient assez vite la question : au fait, au fond, pourquoi le refréner ?

Chacun est donc seul face à cette découverte de lui-même et les responsabilités qui en découlent. Et c’est là que le bât blesse. Je suis sidéré, pour ne pas dire indigné, par ces ecclésiastiques, mais on pourrait l’étendre à l’ensemble des laïcs chrétiens parfois pères de famille, qui d’un côté se vautrent dans l’homophobie, l’enseignent, la propagent, et dans une double vie honteuse vont chercher du plaisir dans les bras d’autres hommes, parfois avec de l’argent, parfois avec des relations sado-maso, et comme dans le cas de ce désormais célèbre cardinal colombien, tête de pont des combats de Jean-Paul II en Amérique Latine contre le communisme et l’homosexualité, à coût de violences après l’acte sexuel comme si cette violence tarifée pouvait expurger la jouissance ressentie et l’acte pulsionnel qu’ils n’ont pas pu s’empêcher de commettre.

J’ai qualifié de « honteuses » ces double-vies là. Pas la double vie en général tant il est vrai qu’elle peut être aussi une solution selon le contexte dans lequel on se trouve. Mais ce qui est honteuse, c’est cette opposition de valeurs dans l’extrême qui pousse à condamner d’un côté et à en faire fi de l’autre côté. Combien d’ados en recherche de leur identité se sont trouvés mal, ont eu peut-être des tendances suicidaires – voire sont passés à l’acte, à cause de propos homophobes tenus par des prêtres ou des laïcs bien-pensants et irresponsables qui allaient tranquillement baiser ensuite dans un sauna ou je ne sais où ailleurs ? Je ne comprends pas cette dichotomie. Chaque fois que j’y pense me revient la parole de Jésus à propos des hypocrites pharisiens :

« Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. » (Mt 23,4)

Pareil pour la pédophilie, sujet tellement terrible que je ne sais même pas quoi en dire sinon qu’on a fait rentrer les loups dans la bergerie, pas seulement parce que la bergerie était mal gardée, mais aussi parce qu’on a cru indûment que c’était une bergerie, parce qu’on nous a fait croire que c’était une bergerie où nous étions en sécurité, où nous vivions en frères et sœurs, soucieux du bien les uns des autres. Et depuis combien de temps l’Eglise n’est-elle plus cette bergerie ? Et est-il vrai que nous y prenions soin du bien les uns des autres ? Tant de quant-à soi, de cancanements, de rumeurs, de jugements péremptoires, de désirs parfois très subtils de puissance… Certains pointent la culture de l’abus qui s’est instaurée du fait de cette prééminence du rôle ecclésiastique, du fait du cléricalisme, du fait que l’autorité du prêtre a pris le dessus sur l’autorité de l’évangile comme le déclarait récemment Laurent Stalla-Bourdillon.

Il y a un autre scandale dont on ne parle pas encore et dans lequel l’Eglise a aussi une lourde responsabilité. Celui des hommes qui, dans ce contexte d’homophobie latente, ne se sentant pas attirés par la vocation religieuse, ont crû légitimement bon de se marier, d’avoir une vie de famille, d’amputer leurs désirs profonds pendant des années et qui, au hasard de leur histoire, de leur insatisfactions ou de leurs expériences, se découvrent homosexuels ou s’assument enfin comme tels. Embarqués dans une vie où d’autres sont concernés : une épouse, des enfants, et devant résoudre cette terrible équation de ne pas faire de peine à ceux qui les aiment tout en découvrant et assumant qui ils sont. Si l’Eglise – et la société dans son ensemble – avaient été plus tolérantes, on n’en arriverait pas à de tels drames humains.

Sidération, oui.

Sidération d’avoir été si mouton, si bête, si naïf, face à des hommes qui disent et ne font pas, qui condamnent d’un côté ce qu’ils se permettent de l’autre, et, même quand ce n’est pas le cas, qui se permettent – mais au nom de quoi, mon Dieu ! – d’amputer l’humanité de leurs semblables !

Alors oui, ces derniers mois, je n’avais pas envie d’écrire, partagé que j’étais entre tristesse et colère. Et d’abord une colère contre moi-même parce que comme beaucoup, je connaissais ce système de l’intérieur, et je m’en veux de cette fidélité débile qui conduit à un aveuglement et un abêtissement sur les petits pouvoirs de ces messieurs et leur manque de considération de l’humanité du frère.

Voilà, comme ça, c’est dit.

Peut-être cet article ne plaira pas, et ça n’est pas grave. Je veux être libre. Ce n’est pas une déclaration, c’est un besoin. Seul, je peux savoir qui je suis. Seul, je peux laisser se déployer en moi l’être que je suis. Et pour cela, il me faut être libre.

Et je ne peux pas compter sur ces gens qui disent et ne font pas, qui condamnent et qui ne réconcilient pas, qui séparent mais ne rassemblent pas. Je ne fais pas, en tout cas je ne veux pas faire partie, de cette clique-là.

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… Mais, à toutes fins utiles, au cas où subrepticement certains lecteurs seraient concernés – sait-on jamais ? – je veux quand même préciser qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, c’est-à-dire aller vers cette authenticité qui est garante de notre cohésion ou cohérence de vie. Comprenez-moi bien : je ne veux pas juger, je sais trop combien c’est compliqué la découverte de son orientation sexuelle, quels dénis, quels combats, quels idéaux, il faut passer. Mais la limite, ça reste, et probablement ce sera toujours : ne pas faire de mal à autrui.