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“Tu seras aimé
quand tu pourras montrer ta faiblesse
sans que tu n’aies peur que l’autre
s’en serve pour affirmer sa force.”

Cesare Pavese

C’est une belle citation, sûrement intéressante pour toute personne qui a besoin de s’éveiller, s’ouvrir, se découvrir. Probablement est-elle vraie pour les relations parents-enfants, pour toute démarche ressemblant à un coming out.

Mais elle est insuffisante. Parce que l’amour n’a en fait pas à voir avec un rapport de force ou de non rapport de force. Je dirais plutôt :

Je saurai que tu m’aimes le jour où je pourrai paraître devant toi sans que rien de moi ne t’effraie ni te repousse, et que ton regard bienveillant m’accueille et me fasse encore grandir. Je me saurai aimé quand je m’apercevrai que tout ce qui m’effraie n’est rien pour toi tellement tu m’as précédé dans l’acceptation inconditionnelle de qui je suis.

Et puis… Parce que l’amour est échange et relation : je saurai aimer quand ayant reconnu cet amour inconditionnel sur moi, pour moi, en moi, je saurai t’accueillir avec le même amour inconditionnel sans aucun désir particulier ni possessivité. Inconditionnel et désintéressé. Totalement libre et disponible.

 

Z – 7 juin 2016

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Être soi, cela ne va pas de soi. Pour être soi, il faut que l’altérité de l’être m’accorde ma part. Et chacun, en tant qu’être humain, a sa “part d’être” à prendre. Il se trouve que l’ami peut m’aider à prendre ma part. Il peut me montrer que j’ai à être. Tous ceux qui sont de vrais amis savent cela.

Hölderlin dit que ce qui nous est propre est ce que nous apprenons le plus difficilement – alors même que cela nous est propre. Pour entrer dans un libre rapport avec ce qui nous est propre, poursuit Hölderlin, il faut passer par l’étranger. En l’occurrence, il parle des peuples, mais cela est tout aussi vrai pour chacun de nous. (…) Au départ, nous sommes toujours crispés avec ce qui nous est propre. Ce détour par l’étranger pour “s’être soi-même” ou “être à soi” correspond à la structure même de la finitude humaine. Alors que l’ego est en pleine possession de lui-même, je ne suis pas pas en possession de mon propre être. Mon être doit m’être octroyé. C’est une situation étrange, au sens littéral. C’est donc un autre qui va me faire don de ce qui m’est le plus propre? Oui ! “L’amitié (philia) est la bienfaisante faveur qui dispense à l’autre son aître” dit Heidegger dans le cours sur Héraclite – son aître : ce qui lui est le plus propre.

(..) Dans le cours sur Héraclite, Heidegger poursuit :

“L’amitié (philia) est la bienfaisante faveur qui dispense à l’autre son aître, cet aître qu’il a de telle manière que c’est grâce à cette amitié que l’aître qui en reçoit la faveur vient à fleurir en sa propre liberté.”

J’ai donc bien mon être, mais je ne l’ai pas au sens d’une possibilité véritable, c’est-à-dire avec tout le rayonnement libre que cela implique. L’ami est celui qui m’octroie cela. Le plus extraordinaire tient au fait que l’ami m’octroie quelque chose dont il n’a pas lui-même la possession. Il n’a pas notre être dans sa poche, comme s’il pouvait nous dire un beau matin “tiens, au fait”, il faut que je te donne ton être!” Non : il donne quelque chose qu’il n’a pas. Mais c’est par lui et grâce à lui que je vais y prendre part – prendre part à cela qui m’est propre.

Ainsi est structurée la finitude humaine : ce qui m’est le plus propre, je n’en ai pas la possession. C’est pourquoi Aristote écrit (Ethique à Nicomaque, VIII,2) :

“A un ami, en revanche, on dit qu’il faut souhaiter tout ce qui est bon pour être celui qu’il est en propre.”

Il le faut. Sans quoi l’ami ne reçoit pas ce qui lui est propre. Ce “falloir” est un signe de manque (en ancien français, “il faut” voulait dire “il manque”). Ce qui manque, c’est le rapport libre à ce que vous avez en propre? Vous l’avez sans l’avoir, ou, mieux, vous l’avez sans l’être pleinement. Votre part d’être vous est adressée, mais pour qu’elle soit pleinement votre partage, il faut que vous la preniez cette part – alors même que c’est la vôtre. Et l’ami, au sens le plus élevé, est celui qui vous aide à la prendre, et vous la donne en vous la montrant, car une fois encore, il n’en est pas lui-même le détenteur. Cela ne dépend plus ni d’un toi ni d’un moi – cela dépend de : être.

(…) C’est cela que veut dire Dasein chez Heidegger. Être le là : je ne vise pas, je ne me concentre pas – j’ouvre toute ma possibilité d’être pour que (cela) vienne à être et ainsi m’ad-vienne.

(…) Dans le rapport avec l’ami, vous êtes le là de ce que vous avez à être, parce que l’ami vous octroie votre ouverture à être. Sans en avoir lui-même possession, il vous l’octroie en ceci qu’il vous la montre. Telle est la finitude humaine : c’est le fait que les choses doivent nous être montrées. Et la première monstration dans laquelle j’existe, c’est la langue. elle me porte dans l’être. Ce n’est pas moi qui utilise, comme on dit la langue, mais bien plutôt elle qui me porte et me montre. Tant que nous pensons que nous nous servons de la parole, nous ne parlons pas véritablement. Tant que nous pensons que nous avons choisi notre ami, ce n’est d’une certaine manière pas encore un ami au sens le plus plein.

Hadrien France-Lanord,
S’ouvrir en l’amitié, Editions du Grand Est, 2010, p. 55-58.

Voilà le plus beau texte que j’ai pu trouver pour rendre compte de ce qu’il semble arriver: le fait d’advenir à être par et grâce à l’ami qui n’a rien demandé du tout et qui, sans l’avoir lui-même, donne la part d’être qui est la vôtre. Sorte de réveil, de sursaut, d’appel. Y a-t-il réciprocité possible ? L’auteur répond de manière sybilline (p.56) :

Réciprocité ne veut pas nécessairement dire simultanéité, au sens où cela ne se fait pas nécessairement dans le même temps chronologique – même si cela se fait dans la même maturation de temps.

Ce n’est pas la réponse que j’aurais aimé entendre. La simultanéité offrait la possibilité d’une grande explosion de bonheur et de joie partagés. Faut-il se résoudre à être éveillé à soi-même, saisi d’amour par et pour celui qui provoque cela et devoir passer son chemin ? Possible. Ou tout simplement se défaire de l’amour-fascination qui est encore projection de soi sur l’autre et non pas invitation à son éveil à être. Simultanéité ou pas, en soi, ça n’a pas d’importance. Si cela en a, c’est que le mouvement n’est pas encore libre.

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« Dieu a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations » (Ga 1, 15-16)

Quelle curieuse formule emploie Saint Paul pour parler de sa conversion : “Dieu a trouvé bon de révéler en moi son Fils”. Il ne parle pas d’apparition extérieure ou de vision mais de révélation. Verbe apocalipto, en grec : révéler, dévoiler, comme dans Apocalypse (dévoilement).

En moi. Révéler en moi.

Le Christ se révèle en moi….

Il y a à penser, à méditer, à recevoir, là.
Suis-je bien à l’écoute du Christ qui se révèle en moi?

S’il y est, y suis-je?
Il y est. Y suis-je ?

Z – 7 juin 2016

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à propos de la sensibilité
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Voici deux poèmes de René-Guy Cadou, parmi ses plus beaux, mis en musique par Môrice Bénin. Cet artiste a un talent extraordinaire pour révéler, par son interprétation, les subtilités de la sensibilité de René-Guy Cadou.  A travers Hélène, sa compagne bien aimée, à travers toute chose de la vie, serait-ce que quelques pattes d’oiseaux sur une vitre ou le souffle du vieux cheval sur la fenêtre, Cadou sent et  perçoit plus loin.

Je ne sais pas bien expliquer cela, mais je ressens cette poésie au plus profond de moi, Cadou exprime ce que je ressens: je t’atteindraià travers les prairies, à travers les matins de gel et de lumière, à travers ces choses données à voir et surtout à vivre, qui réveillent cet espace intérieur où l’on ressent une vérité plus grande, plus intense, plus riche, que ce qu’offre la seule observation extérieure.

Cadou, c’est une vieille rencontre de mon adolescence, qui me parlait de manière bien mystérieuse. Ca parlait de moi mais je ne savais pas pourquoi ni comment. “Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie, ce grand tapage matinal qui m’éveillait. Tous ces oiseaux, tous les pays, ces astres, ces millions d’astres qui se levaient. Que tu parlais bien quand toutes les fenêtres pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau…”  Cette présence à Autre en même temps qu’à moi-même, cette perception que le monde me parle, que Dieu me parle, à travers la plus infime petite chose qui ne parle apparemment pas. Cette manière d’être touché, renversé et rempli. Voilà mes premiers émois poétiques, amoureux et spirituels à la fois.

Sa sensibilité est la mienne, même si je l’exprime davantage en termes spirituels. Mais je t’atteindrai, toi qui te donnes à moi, qui m’invites sans cesse à te trouver, “à travers les prairies, à travers les matins de gel et lumière, sous la peau des vergers, dans la cage de pierre où ton épaule à fait son nid.”… “Sans jamais t’avoir vu, je t’appelais déjà, chaque feuille en tombant me rappelait ton pas”

Pour Cadou, tu t’appelles Hélène. Pour moi, tu t’appelles mon Seigneur, mon Ami, ou mon ami, l’ami que je croise et qui crée un charivari dans mon coeur, dans ma vie, dont tu n’es même pas conscient. Tu es l’oiseau sur la branche, le merle qui chaque matin vient me visiter, le rossignol qui chantait à la fin de la veillée après la prière, l’odeur de la rose, du lilas et du jasmin, le vent frais sur mon visage, tu es le regard en qui je plonge et vois tant de beautés, tu es la mer qui vient par vagues, tantôt douce et consolante tantôt agitée et terrifiante, toi, toi ma vie, toi la Vie, toi qui es en moi et en chacun, et partout. Toi que je peux appeler tantôt mon ami, tantôt mon amour, tantôt mon Dieu, mon Seigneur. Oh, oui, je crois qu’il m’est donné de pressentir cela, et mon grand frère René-Guy Cadou, Dieu merci, m’a précédé et m’a offert de le savoir très tôt. Comment, comment aurais-je pu survivre avec cette sensibilité extrême, si je n’avais pu entrer dans les pas d’un ami, d’un poète, d’un frère comme Cadou?

Oui, sans t’avoir jamais vu, je t’appelais déjà. Chaque feuille en tombant me rappelait ton pas. La vague qui s’ouvrait recréait ton visage et tu étais l’auberge aux portes du village… Mon Amour, quel que soit ton visage, quelle que soit ta forme, quels que soient tes messages, Tu me parles et je ne peux faire autrement que de t’attendre et te désirer. Je t’appartiens, tu m’appartiens, nous devons nous retrouver, et tu es à tout et à tous, et moi je te suis, te reçois. Tu n’a pas de limites. “C’était toi dans le clair matinal de ma vie, ce grand tapage qui m’éveillait…”

Je t’attendais, je t’attendais ainsi qu’on attend les navires, dans les années de sécheresse quand le blé ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe, qui écoute apeurée la grande voix du temps. Je t’attendais et tous les quais, toutes les routes ont retenti du pas brûlant qui s’en allait vers toi que je portais déjà sur mes épaules comme une douce pluie qui ne sèche jamais…

 

Sans t’avoir jamais vue, je t’appelais déjà…” parce que cette vie, cet appel à être, cet appel au bonheur, déjà en moi cherchait son objet, l’objet de sa révélation et de son épanouissement.

Ami qui me lis, entends. Ce n’est pas de moi dont je parle. Je rentre dans un chant plus grand que moi et qui me dépasse, je n’en perçois que l’écho qui m’éveille et m’appelle et je sais que c’est pour moi. Sais-tu, cela peut-être ton sourire, l’ombre sur ton visage, ton coeur inquiet, ta douceur tranquille, un rien peut être ce signe qui réveillera en moi cette sensation d’un plus grand que nous avons à vivre ensemble et que, le plus souvent, tu ne sentiras pas  toi-même. Mais là, le vivant, le vivant, cette  présence discrète ténue, séduisante, cette présence qui est moi, après laquelle je ne peux pas ne pas aller. Elle m’appelle, elle m’attire, elle est moi, je suis à elle. Elle est la part la meilleure de moi. Tout le reste n’est que bruits et fumées. Ecoute, écoute le chant de Cadou. Cet homme a perçu l’invisible et me le donne, il me parle de moi, il m’ouvre le ciel.

 

Je t’atteindrai Hélène
À travers les prairies
À travers les matins de gel et de lumière
Sous la peau des vergers
Dans la cage de pierre
Où ton épaule fait son nid

Tu es de tous les jours
L’inquiète la dormante
Sur mes yeux
Tes deux mains sont des barques errantes
À ce front transparent
On reconnaît l’été
Et lorsqu’il me suffit de savoir ton passé
Les herbes les gibiers les fleuves me répondent

Sans t’avoir jamais vue
Je t’appelais déjà
Chaque feuille en tombant
Me rappelait ton pas
La vague qui s’ouvrait
Recréait ton visage
Et tu étais l’auberge
Aux portes des villages.

(René Guy Cadou, La vie rêvée)

Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encor que par quelques paupières
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

(René-Guy Cadou, Quatre poèmes d’amour à Hélène)

 

Pentecote

 

J’avais l’intention de parler de la Pentecôte, du don de l’Esprit, honorer cette belle fête chrétienne. Mais je ne le peux pas… Pas à la manière dont je l’envisageais et peut-être ne le pourrai-je jamais plus. Trop de choses se bousculent en moi en ce moment.

Je voulais parler du corps et de l’esprit, ce pauvre amas d’os et de chair, promis à la mort tandis que l’Esprit nous anime et nous conduit à la vie éternelle. Je ne peux pas.

Ce n’est pas que j’ai perdu la foi, oh non ! Ce n’est même pas que mon discours était faux. Mais face au surgissement de l’être, quel discours puis-je tenir?

Ma Pentecôte, je vais vous la raconter, puisqu’elle est en train d’advenir dans ma vie. Que puis-je faire d’autre? Elle est là qui surgit tout à coup et elle ne ressemble à rien de ce qui était prévu. Pourtant je la reconnais bien. Car elle est une force de vie gigantesque qui est en train de jaillir, me bouleverse, me réconforte, me console, me fortifie à la fois. Elle est Paix, Amour, Joie, et plein d’autres choses en même temps et tout ça confondu.

Débordement d’amour.
Jaillissement de vie.
Torrents de compassion.
Je suis submergé,
et c’est bon.

Ah ça prend une drôle de tournure : au départ c’est comme si j’étais submergé par mes propres émotions. Et me voilà à dire ou à penser que je suis bien trop sensible, que ça ne se fait pas d’écouter ses émotions à ce point là et les laisser prendre le pouvoir, mais, mais… ai-je seulement eu le temps de vraiment le penser? Elles sont déjà là, elles m’entraînent avec elles. Je suis comme porté par une vague qui m’enveloppe et me protège, et me berce, et accueille mes larmes si longtemps contenues. Ces émotions n’étaient qu’une goutte d’eau à la surface de la vague qui m’entraîne

Une digue vient de se rompre.
Un mur, des murs, des verrous, que sais-je? qui sautent.
Ca ne fait même pas mal. C’est doux, c’est bon, c’est infini.

Où est-ce ? Je ne sais pas.
Ca surgit d’un fond de moi que je ne sais pas situer physiquement,
mais ça remplit aussi l’espace et le temps,
et me relie à d’autres qui le reçoivent aussi.

C’est immense.
Immensément bon.
Ma raison me dit de faire attention,
que peut-être ça va m’entraîner n’importe où,
ou que, peut-être, ça va s’arrêter et que je me retrouverai perdu et désemparé.
– Mais tais-toi donc ma tête, je ne t’écoute plus !

Il y a ce surgissement primal qui m’emplit et qui est si bon.
Tu comprends, c’est la vie, c’est la Vie qui revient,
la folie, la joie, la fête et la danse !

Mais d’où ça vient ? Je ne sais pas. C’est partout.
Ca vient de moi mais c’est aussi le coeur de mes amis,
mes bien nouveaux amis, c’est vrai.
Ils m’ont touché le coeur, ils ont touché mon être.
Il semble que mon être
attendait un mot, un geste, de vrai amour
pour se réveiller, se libérer, grandir,
venir habiter chez lui.

Et voilà, c’est le moment.

Le plus incroyable, et c’est cela ma Pentecôte,
c’est que nous parlions le même langage,
celui de l’Être.
Tu as vu? Je ne dis même plus celui du coeur.

Ils sont gays ou pas,
ils sont de France, de Suisse, d’Italie, du Canada …
Ils sont ma famille,
Ils m’accueillent comme tels.

Et tous ces débordements
qui m’affolent un peu, je dois bien le reconnaître,
ils les regardent avec gentillesse.
C’est naturel pour eux.

C’est le plus étonnant, d’ailleurs.
Le naturel avec lequel ils reçoivent
ce que nous appelons sensibilité
et qui est en fait l’accueil tranquille
de la puissance de Vie
déposée en chacun de nous.

Mon coeur est touché,
mon être se réveille.
Je baisse les bras, je laisse les armes.
Je ne veux que ça.
Toute ma vie, j’ai attendu ça, je crois.

Où cela m’entraîne-t-il,
De quoi demain sera-t-il fait ?
Je ne sais pas.
Je ne veux pas savoir.

Pour l’instant, je veux juste continuer
à sentir le Vent gonfler mes voiles,
ouvrir toutes les portes et les fenêtres de ma maison intérieure
et rejoindre le vent des amis
qui ont déjà le coeur ouvert
et m’invitent dans leur danse
déjà commencée.

C’est la fête de la Vie.

Bienheureux amis !

Z  – 14 mai 2016

Quand arriva le jour de la Pentecôte,
au terme des cinquante jours après Pâques,
ils se trouvaient réunis tous ensemble.

Soudain un bruit survint du ciel
comme un violent coup de vent :
la maison où ils étaient assis
en fut remplie tout entière.

Alors leur apparurent des langues
qu’on aurait dites de feu,
qui se partageaient,
et il s’en posa une sur chacun d’eux.

Tous furent remplis d’Esprit Saint :
ils se mirent à parler en d’autres langues,
et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

(Actes des Apôtres, 2, 1-4)