La tradition mystique chrétienne peut-elle être utile pour la vie spirituelle des personnes contemporaines et peut-elle s’enrichir de leur expérience ? Est-il possible pour un homme expressément gay, et qui s’affirme comme tel, de vivre pleinement la vie mystique chrétienne en union avec Dieu ?

Comment un tel voyage intérieur transformerait-il notre compréhension de la mystique chrétienne, d’une part, et notre appréciation de la sexualité humaine, en particulier gay, de l’autre ?

Ou bien, est-ce que la tradition mystique serait la relique d’un autre temps, façonnée par des célibataires pour des célibataires, incapable d’évoluer ou de s’engager de manière significative avec les gens de notre génération qui embrassent la corporalité et la sexualité comme des aspects cruciaux de leur chemin spirituel ?

Mickaël Bernard Kelly
Christian Mysticism’s Queer Flame: Spirituality in the Lives of Contemporary Gay Men (Routledge Studies in Religion) (English Edition) 1st Edition

Voilà les premières phrases de l’introduction de ce livre au titre évocateur….
Exactement une des questions qui sous-tendent de nombreux articles de ce blog.
Je suis pressé de le lire !

Source image : oeuvre de Mickaël Breyette

Et pendant que je me tenais là, j’ai vu plus que ce que je peux dire et compris plus que ce que j’ai vu; car je voyais d’une manière sacrée les formes de toutes choses dans l’esprit, et la forme de toutes les formes telles qu’elles doivent vivre ensemble comme un seul être. Et j’ai vu que le cerceau sacré de mon peuple était l’un des nombreux cerceaux qui formaient un cercle aussi large que le jour et la lumière des étoiles. Au centre, un puissant arbre à fleurs abritait tous les enfants d’une mère et d’un père. Et j’ai vu que c’était saint.


Black Elk (1863-1950)
Heȟáka Sápa
Holy Man of the Oglala Sioux


Source image: oeuvre de Kelly Latimore

« Il y a un petit problème avec Noël.
Le nouveau-né que l’on célèbre, on va le massacrer quelques mois après, à Pâques…

Et puis on apprend que de ce massacre, on ne nous en veut pas.
C’est la plus vaste énigme qui soit :
celle de Pâques est plus grande que celle de Noël,
mais elles sont liées, comme les deux faces de la même pièce.

Qui n’a pas vu la terreur dans les yeux d’un nouveau-né ? Il faut imaginer une étoile tombée jusque dans la chambre surchauffée d’une maternité. Cette étoile ne comprend pas où elle est, ni ce qu’elle fait, et elle commence à ressentir les tremblements de la faim et de la soif, des menaces dont elle ne sait pas le nom.

L’extraordinaire est que celui qui est le plus exposé soit le plus grand donateur. Car évidemment, rien n’est plus réjouissant qu’un bébé. Mais comment quelqu’un qui est mis en danger à chaque seconde de sa vie, quelqu’un qui est aussi anxieux, peut-il nous réjouir autant ? Un nouveau-né est le croisement de la plus grande angoisse et du plus grand apaisement.

On ne peut résoudre ce paradoxe.
Mais à l’entrevoir,
on sait qu’on a une réponse absolument informulable
à nos interrogations sur le sens de la vie.

Christian Bobin, abécedaire intime de Noël in La Vie

Source photo : The Conversation

 

J’embrasse qui je veux.

Quand je veux.

Où je veux.

J’embrasse la vie.

J’embrasse le monde.

J’embrasse le ciel, les étoiles et la nuit.

 

Ash,

Publié le 15 sept 2018 sur son tumblr
#ASH MY LIFE

Photo : love-for-boys.tumblr.com. Nota Bene : L’auteur du blog a annoncé la fin prochaine de ses publications du fait des nouvelles normes très restrictives que Tumblr appliquera dès décembre 2018.