
Dieu soit loué de ce que je ne sois pas bon
Et que j’aie l’égoïsme naturel des fleurs
Et des fleuves qui poursuivent leur chemin
Préoccupés sans le savoir
Uniquement de fleurir et de couler.
La voilà, l’unique mission du Monde,
Celle d’exister clairement
Et savoir le faire sans y penser.
Fernando Pessoa
(in : Le gardeur de troupeaux, XXXII)
Photo : Blascksword
On ne saurait dire mieux
Le printemps est un rêve,
Quand l’hiver d’être vieux
Ralentit toute sève,
De sa voix enrouée
Les sons ne portent pas
Qui saurait dire où est
La Vie en ce trépas,
Active de sa lenteur
Freinée dans l’immobile
Là où de sa froideur
Elle attend volubile !
Personne ne saurait dire
Jusqu’à quelle limite
S’étend tout son empire
Elle-même jamais n’invite,
Nul ne saurait dire l’heure
L’instant où tout s’amorce
Où tout naît, où tout meurt
Où se retient sa force,
En silence et en bruit
La musique de la terre
Forma l’homme et le fruit
Peut-être dans l’univers
Sont-ils sang pareil ?!
Je ne saurais dire quand
M’apparut ses merveilles
Je me souviens pourtant
Elle me parla jadis
Mais déjà j’étais sourd
Aveugle à ses indices
Trop loin de son amour
Et n’en saurais dire plus…
musicalisé :
https://www.youtube.com/shorts/gJN3OKlCtMI
Merci 🙂 Jolie musicalité qui aide à entrer dans rythme et le fond du texte. Jolie vox, également 🙂
Belle photo et beau texte comme j’aime.
Il en faudrait plus souvent.
David