Quelques nouvelles quant au devenir de ce site…

Je suis en train d’organiser la migration des articles de ce blog vers l’adresse suivante : paysdezabulon.wordpress.com/, page sur laquelle vous trouverez dans le menu latéral droit la possibilité de vous “abonner” pour suivre les publications du blog si vous le souhaitez.

Cela se fait à mon rythme, quand j’ai le temps, donc pas très rapidement : 14 ans d’histoire, quand même ! Mais ce blog-ci disparaîtra de toute façon en septembre 2026 puisque je ne renouvellerai pas l’abonnement.

En fait, cela fait des mois que je vois le service se dégrader en termes de fonctionnalités et de compatibilité entre wordpress et OVH. Le formulaire de contact ne marche plus, l’envoi des newsletters est aléatoire, on me propose des améliorations payantes qui n’améliorent rien et OVH ne prend plus certaines évolutions en compte sauf à bidouiller soi-même, ce qui d’une part n’est pas dans mes centres d’intérêt et qui, d’autre part me fait me demander alors pourquoi et quoi je paye.

La solution trouvée n’est pas idéale non plus (j’ai déjà plein d’invitations à prendre des formules payantes pour améliorer ceci ou cela) mais elle permettra au moins dans un premier temps de laisser ces publications en ligne et d’en ajouter de temps en temps.

Ce qui ne finit pas de m’étonner et de me toucher, c’est le nombre de connexions hebdomadaires qui continuent de se faire. Vous êtes nombreux, principalement de France, francophones, mais aussi de langue hispanique du fait du relais amical et extraordinaire de certaines publications sur le site critianosgays dont le rédacteur a décidé récemment d’arrêter ses publications. Son constat, et je le partage, est qu’à l’ère des réseaux sociaux le format blog ne correspond plus exactement à l’audience souhaitée.

+++Mi blog se va a trasladar a la dirección indicada más arriba. Aprovecho para dar las gracias de todo corazón a los amigos de habla hispana que me siguen desde hace tiempo gracias al fundador y moderador de cristianosgays. No hay fronteras entre las personas cuando se busca la verdad.+++

Cela étant, parlons-en de l’audience “souhaitée”. Je n’ai jamais rien souhaité. J’ai juste voulu continuer le chemin qu’un autre auteur de blog (Loquito) avait commencé en moi, ressentant très fortement qu’il fallait continuer à alimenter un espace homosensible chrétien sur la toile quand bien même cela se ferait sans plan préparé, au fil des questions, des émotions, des ressentis qui se présentaient à moi. Ce blog m’a servi d’accouchoir. Certains diraient de “thérapie”, et c’est vrai : il s’agit d’accueillir et d’accepter mon homosensibilité et de lever l’apparente contradiction qu’il y a entre foi chrétienne et homosensibilité. Mais le mot “thérapie” pourrait laisser entendre qu’il y a de la maladie derrière tout ça, alors je préfère le mot accouchoir : accoucher de moi-même, oser être moi-même : oser accueillir que mes élans affectifs sont envers d’autres hommes et qu’en rien je ne vois Jésus me juger, et encore moins me condamner pour cette raison. Bref, il s’agi ni plus ni moins d’opérer une sorte de coming-in et d’en tirer les conséquences, de sortir de mon placard intérieur, de secouer mes fausses représentations pour accueillir qui je suis vraiment.

Tous ces thèmes se croisent et s’entrecroisent : l’accueil, l’acceptation, l’authenticité, la nudité de l’être, la nécessité de la vérité, la recherche de relations authentiques et sincères, la confiance absolue dans le fait que Jésus accueille, et ne juge en rien, toute humanité.

Cetains d’entre vous ont été touchés par tel ou tel témoignage de mon humanité, par tel ou tel texte. Grâce à ce blog, j’ai communiqué avec de belles personnes, des gens en recherche, en questionnement, en souffrance parfois. Des personnes des milieux les plus improbables et de tous les coins du monde. Des jeunes, des anciens. Des chrétiens, catholiques ou chrétiens autrement, des non chrétiens.

Un dialogue, parmi d’autres, qui m’a beaucoup touché est celui que j’ai eu en plusieurs mails avec une jeune personne chrétienne, d’éducation plutôt conservatrice, et qui a voulu entamer une conversation avec moi pour mesurer la réalité de la profondeur spirituelle d’un chrétien gay : peut-on être authentiquement gay et chrétien ? Certaines de mes publications la faisaient questionner ce qu’elle avait entendu dans son milieu d’origine. J’ai répondu comme j’ai pu à ses questions qui étaient sincères et sans ambages. Puis, quand elle a fini de poser ses questions et de recevoir mes réponses, elle m’a remercié pour l’espace que cet échange avait ouvert en elle.

Et tant d’autres rencontres, chacune si importante. Je n’en citerai aucune autre, j’en oublierais forcément.

A tous ceux qui lisent encore ce blog, et suivent peut-être mes rares publications en ce moment, je vous dis : je ne pars pas, je fais juste un pas de coté avec cette migration sur un autre blog et ce sera peut-être l’occasion de réfléchir à la forme dont j’aimerais m’engager désormais.

La “thérapie” étant terminée pour moi, je me réveille un peu avec cet étonnement qu’on ressent quand une difficulté est passée et que la solution en est tellement ingérée qu’on se demande comment cette difficulté a pu exister.

Et pourtant, ici ou là, il y a encore des gens qui se réclament de Dieu et qui excluent les autres. Ici ou là l’homophobie rampante, haineuse, abuse, violente et tue. Ici ou là, des gens disent “péché”, “enfer”, “diable”, ou “contre-nature” “structurellement désordonné”, “incomplétude”. Et moi je cherche le regard du Jésus des Evangiles, je me demande s’il a trouvé des frères humains incomplets, structurellement désordonnés, etc. juste par ce que l’amour genré préférentiel qu’ils portent envers autrui est différent de ce qu’une caste sociale voudrait imposer à tous.

Evidemment que je suis solidaire. Evidemment que je n’abandonnerai pas le combat. C’est juste que je ne sais pas encore bien comment.

Et puis, je n’oublie pas. Je n’oublie pas un autre ici ou là, celui qui est incrusté dans ma chair, mon coeur, ma mémoire. J’avais un ami, j’étais son ami, nous étions amis. Juste amis, croyions-nous. Probablement nous étions amoureux mais nous ne le savions pas encore, nous ne nous étions pas encore ouverts de cela. D’autres que nous se sont chargés de nous séparer. C’était il y a longtemps mais je ressens encore en moi cette injustice d’avoir été séparé de celui que j’aime, ce vol – oui littéralement le vol – de notre histoire sur fond d’homophobie latente et honteuse (au sens qui produit la honte) : ça ne se fait pas, ça n’est pas bien, c’est une maladie, il ne faut pas être comme ça. Et lui, lui mon amour de toujours, lui si généreux, ouvert et tolérant, qui, de colère, me rejette avec les mêmes arguments. Homosensibilité refoulée, hétéroxexualité décalée, simple amitié déçue : le saurai-je un jour ?

Non, je n’oublie pas d’où je viens. Je sais, par les témoignages reçus, que ce genre de situations existe encore. Malheureusement.

Alors, je ne peux pas abandonner ce combat.

A aucun moment, l’amour authentique ne doit être montré du doigt. A aucun moment, il ne doit donner lieu à des moqueries, des insultes, du rejet. Car on ne choisit pas qui on aime. Et cet immense honneur pour l’être aimé que d’être celui vers qui “notre coeur soupire”.

C’est tout. Pour le moment 🙂

N’oubliez pas de vous abonner sur le nouveau blog.

Z.

Photo : Herbert Basedow (1881-1933)

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