Kevin-Mischel-01

” Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.”
Jean (20,30)

 

Première réaction : lesquels ? Pourquoi ne pas les dire tous. J’ai l’impression qu’il n’y en aura jamais assez pour s’efforcer de comprendre le mystère de ce Jésus qui est Seigneur. Si tu es Envoyé de Dieu, Jésus, dis-nous donc ce qu’il faut faire, clairement ! Encore des signes, encore des signes ! Pas pour crier au miracle, juste pour me laisser toucher, savoir enfin en quoi je suis concerné. Avec certitude.

Mais voilà, deuxième réaction : Et combien de signes te faudra-t-il, tant qu’il s’agit de signes qui apparaissent dans la vie des autres ? Si cela arrivait dans ta vie, le recevrais-tu comme signe ? Ce n’est même pas sûr !

Troisième réaction : mais alors, où es-tu Seigneur dans ma vie ? Quand as-tu été là ? Quand t’ai-je reconnu ? Etrange consonance avec la finale de Mathieu….

La vérité, c’est qu’avec 10 000 signes, je peux encore être incrédule alors que l’Evangéliste nous appelle à être croyants, et pas incrédules. Croyant, c’est-à-dire : à avoir confiance.

Confiance en quoi alors ? En fait dans l’Evangile, c’est bien avoir confiance en qui. Et c’est précisé en toutes lettres (Jean 20, 31) : avoir confiance que Jésus est l’Envoyé de Dieu, venu nous révéler tout à la fois la splendeur de notre humanité et l’amour de notre Dieu qui la trouve belle et la magnifie. C’est bien ce que nous voyons en Jésus, non ?

Alors, je me tourne vers toi, Jésus que je reconnais comme mon Seigneur. Et je te dis : je t’en prie, je t’en supplie même, aide-moi à accepter mon humanité et à y lire les signes de l’amour de Dieu pour moi. Ton Père, Notre Père, m’a créé avec amour et m’a confié cette parcelle d’humanité en me fait confiance pour la porter. Il me l’a confiée pour que je l’honore. Il n’ignorait rien des errements, des terreurs, des obstacles et contradictions diverses que provoque la confrontation à ses limites et à celles des autres. Mais il m’a créé avec confiance.

En Toi, Jésus, je reconnais mon Maître et Seigneur, car ton humanité, toute disponible à Dieu est resplendissante. En toi, Seigneur, je reconnais l’océan des possibles qui me sont offerts également, je les reconnais comme une invitation à m’avancer et à être. A être ce que je suis, pas autre chose, fût-ce pour des convenances, des usages ou des peurs.

En te regardant, j’entends cet appel, déjà entendu dans les Psaumes : lève-toi et parais.

Une fois pour toutes, n’aie pas honte de ce que tu es,
N’aie pas honte d’être sensible,
N’aie pas honte d’être attiré par les hommes,
N’aie pas honte de relire ton histoire et de l’assumer.
Même si tu ne comprends pas,
Même si les autres ne comprennent pas,
Moi te je dis :
Tu Es celui que mon Père a voulu,
Tel que tu es.

Alors, porte cette humanité
grandement
et bellement.

 

Z – 3 avril 2016

Source photo:Kevin Mischel, danseur

fils-perdu

Le temps passe…
Je suis au milieu d’une tempête qui n’en finit pas et que je sais pourtant nécessaire.
Ca secoue de partout, c’est douloureux parfois.
Et ce sentiment inépuisable d’être perdu…
Ne pas savoir, où aller, quoi faire, quoi décider.
Je suis partagé entre deux extrêmes :
Tout abandonner, tout lâcher – laisser faire –
Et me battre, lutter envers et contre tout
– mais je ne sais pas contre quoi et contre qui.
Je ne vais pas me battre contre moi-même, quand même,
Alors que je sens bien que l’enjeu est, au contraire, de me retrouver.

C’est bizarre cette impression d’être comme un fils prodigue
Qui a quitté la maison, dilapidé ses biens, essayé plein de choses,
Fier de mener sa vie, confiant, optimiste, terriblement irréaliste aussi,
Et qui se retrouve sans rien, sinon la faculté de revenir en lui,
Et de se rappeler ce qu’il a quitté, ce qu’il a perdu.
Non pas une richesse matérielle, mais un amour qui le constituait,
Un amour qui sécurisait, un amour qui vitalisait,
Un amour qui sourçait tranquillement
Et le structurait en son être.

Je ne suis pas si vieux que ça,
Et pourtant je n’en finis pas de revisiter l’enfance et l’adolescence.
Comme si quelque chose m’attendait là-bas,
Que j’ai oublié ou perdu.
Et ce quelque chose, il se pourrait bien que ce soit quelqu’un.
La part de moi, irréductible, encore pure
Qui aspirait à la vie, au bonheur.

Comment replonge-t-on dans ses sources ,
Comment y revient-on ?
Le fis perdu médite en son cœur et se prépare.
C’est peut-être le sens de ce qui m’agite.
Qu’on l’appelle tempête ou désert.
Je vais donc revenir,
Demander pardon à mon Père de m’être enfui si loin de lui,
De n’avoir cru qu’à mes propres forces,
D’avoir cru pouvoir vivre hors de ce qui m’origine.

Il y a dans mon enfance et mon adolescence,
Cet appétit de vivre,
Cette soif de découvrir,
Ce bonheur de donner et recevoir,
Cette insouciance même,
Qui rendaient présent l’instant présent.

Comment fait-on pour retrouver le chemin ?
J’ai parcouru tellement de routes depuis.
Comment fait-on pour retrouver le chemin ?

Mon être, réveille-toi.
Même si je t’ai malmené un peu parfois,
Si je t’ai oublié ou, pire, caché et fait taire,
Mon être, réveille–toi.
Car c’est toi qui sais le chemin.
La vérité, c’est que je suis perdu sans toi.
Et j’avais bien besoin de cette leçon.
Mon être, toi qui reçois la vie divine chaque jour,
Pardonne-moi et reprends place en moi.
C’est toi qui sais le chemin de l’Être.

Zabulon – 13/03/2016

 

 

Source image : Ryan by tehhuskeh (deviantart)

quand

Quand je serai fort,
Quand je serai beau,
Quand je serai bon,
Quand je serai grand,
Quand je serai saint,
Je…

– Tais-toi.

– Quoi ?

-Tais-toi.

– Mais…

-Tais-toi !

– Pourquoi ?

-Fais-le maintenant !

 

*

Zabulon- 21 janvier 2016

amitié-tu-existes-pour-moi

 

Tu m’as écris ” tu es mon ami….”
Et je suis fier d’être ton ami.

Ce ne sont que quatre mots
mais tellement précieux.

C’est quoi être un ami ?
Probable que pour toi
ce n’est pas comme pour moi

Mais c’est un mot
qui est magique.

Un ami,
c’est tellement merveilleux
c’est une autorisation à vivre à deux
à plusieurs peu importe

Me dire “je suis ton ami”
ou “tu es mon ami”
c’est une déclaration d’existence.

J’existe
puisque le mot ami
a été prononcé quelque part
par quelqu’un qui le disait à propos de moi.

Ca peut te paraître curieux
que je sois sensible à ce point.

Je sais.

Ca peut même te faire peur,
en tout cas t’impressionner.

Tu peux te dire:
mais qu’est-ce qu’il me fait ?
Qu’est-ce que j’ai déclenché ?

Mon ami,
tu m’as juste dit
“tu existes pour moi”

Tu es mon ami
ça veut dire tout ça
et plein de choses
que je ne sais pas traduire en mots

Alors… merci !

Zabulon – 25 juillet 2014