Bonjour à tous,

Des évolutions se préparent concernant ce blog, j’en reparlerai prochainement. Pour le moment, je voudrais partager avec vous un joli dialogue qui date d’il y a presque 10 ans et qui est passé un peu inaperçu car il était en commentaire de la page de confirmation d’inscription au suivi de ce blog. Cela commence par un beau message d’un lecteur qui témoigne de ce que ce blog apporte dans sa vie, j’y réponds et s’ensuit, je trouve, un bel échange qui pourrait rejoindre d’autres personnes.

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Pol on 26 novembre 2017 at 22 h 24 min said:
Aujourd’hui je m’étais égaré mais grâce à toi un rayon de lumière a percé mon chagrin et a éclairé mon esprit agité…
Gay assumé depuis plus de 7 ans -j’en ai alors 22- j’avais commencé par marier religion catholique et sexualité.
Mais le temps a fait qu’en moi naisse une idée qui m’a éloigné de cet équilibre. L’idée que ce n’est pas la religion catholique qui m’a délivré des maux causés par le mal-être du placard de l’homosexuel inavoué… L’idée qu’elle avait pourtant, en tant que phare alors de ma spiritualité, le rôle de me guider vers le bonheur auquel j’aspirais…L’idée que ce n’est pas grâce à cette religion que je dois mon épanouissement…
Depuis j’ai bien du mal à me confier au Christ, je n’arrive plus à percevoir cette figure d’amour auquel je partageais autrefois toutes mes émotions. Aujourd’hui, je puis me confier à un Dieu tout en préférant lui donner d’autres noms que ceux de la religion chrétienne car je n’arrive plus à lui attribuer cette figure paternelle qui autrefois berçait mes nuits après une douce prière…
Je n’arrive plus à confier ma spiritualité à un Dieu qui prend corps dans une religion dont l’histoire est marquée dans mon esprit principalement par des bains de sangs et du prosélytisme (ce qui causa la disparition de nombreuses croyances dont on ne garde plus de traces… ).
Et je dois mon malheur à cette spiritualité trop longtemps vécue en solitaire et sans lumière directrice autre que moi, mon coeur et ma raison… Mais je ne pense pas que ce soit suffisant, je pense qu’à cette vie mystique manque une composante phare de toute spiritualité: le partage.
C’est ainsi, aujourd’hui je me suis retrouvé assez perdu et vagabondant dans les abysses du web alors que j’avais d’autres occupations à m’affairer.
Je suis tombé sur ton blog qui a fait briller quelques belles étoiles dans les ténèbres de mes tourments de ce jour et pour ce, je t’en remercie!
Merci pour ton écrit et ton témoignage,
Je ne sais vers quel chemin je vais,
Mais je pense me laisser guider par quelque brillante étoile pour retrouver un équilibre me laissant en paix avec moi-même.
Merci beaucoup!
Pol

zabulon on 27 novembre 2017 at 1 h 01 min said:
Bonjour et bienvenue sur ce blog !
Je comprends ce combat entre la foi de l’enfance, l’inconséquence de certains chrétiens, l’acceptation de ton orientation sexuelle et ta soif (légitime) de bonheur. Si tu veux revenir à la foi de ton enfance, peut-être faut-il revenir au Maître, plutôt qu’aux disciples, parfois si maladroits… Pour illustrer cela, je pense à l’Evangile de l’aveugle de Jéricho où l’aveugle qui crie se fait rabrouer par les apôtres, il faut que ce soit Jésus lui-même qui l’entende et demande à ce qu’on aille le chercher. Je pense aussi et surtout à ce passage d’Evangile dans lequel Philippe dit à Jésus : “Allez, quoi ! Montre-nous le Père et cela suffira!” Et Jésus de répondre : “Quoi? Si longtemps que tu es avec moi et tu n’as toujours pas compris? Qui me voit, voit le Père.”
Ami c’est ainsi. Dieu, nul ne l’a jamais vu sinon le coeur de l’homme dans lequel il a fait sa maison. En Jésus, il a trouvé complètement sa demeure et nous, en regardant, en accompagnant et en imitant Jésus, nous voyons Dieu, nous le voyons restaurer sublimement notre humanité. Contempler l’humanité de Jésus, c’est toucher la promesse de Dieu envers notre humanité, celle de chacun d’entre nous. La tienne, aussi. Il t’aime tel que tu es et, en vérité, il est déjà en toi. Y es-tu?
Fraternellement,

Pol on 27 novembre 2017 at 23 h 40 min said:
Merci pour cette belle réponse qui méritera de ma part des moments de réflexions !

(Désolé pour cette longue réponse, je ne sais le temps dont tu disposes ni si mon message t’es d’un grand intérêt car je suis parti assez loin sur ce qui m’a emmené ce dimanche sur mon désarroi spirituel… Puis je parle d’une conception fictive car imaginée pour un monde de contes de fées, je ne sais si c’est très adapté et surtout si ça intéresse d’autres que moi!).
(Du coup s’il n’y a pas de réponse faute de “pas le temps” ou autre je ne m’offusquerai pas, car à vrai dire je profite aussi de ce moment de réflexion que je m’offre pour transcrire ce qui me pèse et avancer dans ce sac de nœuds que peuvent être les émotions très profondes que l’on rattache à nos croyances.)

Je pense me ré intéresser aux Écritures et laisser dans un premier temps mon esprit vagabonder librement entre mes pensées mes envies et mes émerveillements…

Car je suis quelqu’un d’émerveillé par bon nombre de choses dont en ce moment par un auteur très connu pour ses romans fantasy mais dont les croyances religieuses sont très peu connues -je crois- par le grand public. (C’est d’ailleurs par sa faute/ grâce à lui que je me pose des questions sur mon avenir et mes besoins spirituels).
Il s’agit de J.R.R. Tolkien qui m’émerveille de part sa Poésie et son Lyrisme dans ses oeuvres traitant de la Terre du Milieu, monde imaginaire qui naît de sa passion des langues tout en étant très très très empreinte de valeurs qu’il attribue à sa confession catholique (rappelons qu’il était anglais…).
Mon esprit n’a su rattacher l’enchantement que j’ai eu lors de la lecture de la la genèse de la Terre du Milieu avec la genèse dans la Bible qui me parait à l’inverse très dure…
Cette première, L’Ainulindalë, également appelé « Grande Musique », relate la création d’Eä, l’univers, par la volonté d’Eru Ilúvatar (=Dieu) . Il naît d’une grande musique interprétée par les Ainur, êtres créés par Ilúvatar (=dieux, que Tolkien compare plus tard dans des lettres à des anges). Cette musique laisse aux Ainur une vision à laquelle ils doivent se rattacher pour créer Eä (qui comprend la Terre du Milieu).
(il faut comprendre que s’il existe des “petits dieux” -comme je les appelle- cette fiction se base sur un Monothéisme car Eru Iluvatar est, et toujour fut, est le père des “enfants d’Illuvatar” les Elfes et les Hommes.)

Et mon coeur s’est attaché à cette vision fictive de la genèse d’un monde imaginaire. Mais ma raison a ensuite compris que l’écrivain, fervent catholique a écrit une genèse pour laquelle j’éprouve plus d’émerveillement et de fascination que pour la genèse de cette Bible qui a 10 00 ans d’histoire (pour l’ancien testament…).

(Je dis fervent catholique car: allait à la messe très souvent, était attaché à sa lecture en latin, a eu un fils prêtre, a demandé à sa femme protestante de se convertir au catholicisme, et a converti C.S. Lewis -écrivain du Monde de Narnia- à la chretienneté -pour le plus grand désarroi de Tolkien, il est devenu protestant- je dis cela car je pense que c’est assez peu su de nos jours… On entend bien plus parler des films!)

Ceci n’est pas la raison pour laquelle mon cœur a arrêté de chanter à l’église mais certainement l’une des raisons pour lesquelles mon esprit n’arrive plus à s’intéresser aux Écrits. Hors j’ai le sentiment d’avoir besoin d’une croyance, et surtout que cette croyance ait la possibilité de s’enrichir par des échanges, des lectures et des épisodes de vie…

Sauf que je n’arrive pas à m’enchanter de croyances tirées d’une Bible qui ne me parle plus, surtout que -comme susdit- ma passion pour la fantasy et qui se trouve être en ce moment nourrie par les textes de J.R.R. Tolkien m’enchante et me donne pleins d’étoiles aux yeux tellement il arrive à me transporter vers des histoires qui me parlent et me font rêver…
Et mon plus gros trouble est que je ne comprend pas comment un monsieur qui a écrit de choses si belles croie et s’attache à des textes Bibliques qui ont perdu de mes yeux en beauté… Il se peut que je n’arrive plus à la percevoir à cause justement de disciples qui en ont terni la lueur… Ou bien que je ne passe pas assez de temps à la chercher… Ou bien peut être que comme les astres les plus lointains ils faille regarder un peu à côté -ici lire entre les lignes- pour en percevoir l’éclat très lointain…

Bref, après avoir finit son livre je fais une pause de fictions pour m’attacher à la réalité et notamment à ma soif de spiritualité que je dois étancher tout en trouvant façon à me ré-émerveillé de cette religion dont pas mal de choses m’ont éloigné. Je sais que j’ai besoin de croire et je ne pense pas pouvoir être assouvi par autre source de croyances…
Pour finir, je me suis rappelé ce matin que si je n’attribue pas -ce jour- à l’Eglise catholique mon épanouissement, ma croyance en Dieu m’a beaucoup aidé pour m’accepter tel que je suis dans ce monde terrible.
Car je ne pense pas qu’Il m’aurait fait ainsi si je n’avais pu moi aussi vivre l’amour. Pourquoi eux y aurait-ils eu droit et pas moi? Pas possible selon ce que l’on m’a dit de Lui. Et me le rappeler fut un beau pas de franchit!

zabulon on 28 novembre 2017 at 9 h 55 min said:
Bonjour, merci pour ce message. C’est toi qui vois si tu veux communiquer par com public ici ou en MP (utiliser dans ce cas la page contact ou le mail), mais je ne vois rien dans ton message qui empêche de le publier. Tes réflexions peuvent rejoindre celles d’autres internautes. On est étonné parfois de découvrir que ce que l’on pense unique et étrange peut rejoindre d’autres personnes et exprimer ce qu’elles mêmes n’osent pas exprimer.

Concernant Tolkien, je ne le connais pas bien. Et pourtant, cela fait longtemps que j’entends parler de lui ! Mais, sur ce point précis, je ne pourrai donc pas te répondre.

Concernant la différence que tu vois entre le monde imaginaire qu’il décrit et qui qui te fascine et celui que tu crois percevoir de la Bible comme moins “excitant”, je comprends. Mais puis-je apporter quelques réflexions?

– Tolkien utilise son imagination en puisant dans sa foi catholique : c’est donc qu’elle est vive (au sens vivante) pour lui. Et pourrait l’être pour toi.
– Faire attention à ce que dit vraiment la Bible, et les nombreux filtres qu’on lui applique, issus de notre éducation, de notre histoire, de milliers d’années de couches d’interprétations diverses et variées, même officielles. Nous ne sommes pas dispensés de recevoir la Parole divine, chacun en notre for intérieur, là où elle prend tout sens sens, libéré de toutes les apories extérieurs. Je pense à Kierkegaard, un des fondateurs de l’existentialisme, qui en gros nous dit qu’un jour, en notre développement, il faut nous libérer du filtre déformant de la foi reçue de nos pères pour entrer dans notre propre expérience et perception du divin. Nous ne sommes pas dispensés de faire une expérience personnelle du divin, nous ne pouvons pas croire par procuration. Cette position est d’ailleurs conforme à la position juive libérale (celle qui a traversé les temps) : la Bible est sans cesse à interpréter, car, même si c’est au travers d’un texte d’il y a 2 à 3000 ans, c’est aujourd’hui que Dieu parle dans nos coeurs et nos consciences, pour que nous le trouvions – en fait nous nous recevions de Lui – et vivions de Lui, aujourd’hui. Là, maintenant.
– Donc, je ne perçois pas ça comme Imagination (de Tolkien ou un autre ) vs Bible. Les deux sont compatibles, et l’une peut alimenter les autres. Il ne faut pas négliger la force symbolique de la Bible. C’est en cela aussi qu’elle est Parole vivante.
– Ta question, au fond, (en es -tu conscient?) est : où est Dieu? Où est-il ce Dieu de mon enfance qui me parlait et à qui je parlais? Qui me faisait chanter dans mon coeur, m’apportait consolation et me rendait heureux ? Il n’est plus dans les représentations que je m’en faisais enfant, il n’est pas dans ce monde désenchanté que les hommes semblent en avoir fait, il n’est pas dans les attitudes et arguments des chrétiens qui n’acceptent pas l’homosexualité et qui, du coup, remettent en cause ton existence et la vérité de ton être. Et pourtant,il Est. Et pourtant, tu l’aimes et il et manque… Peut-être as-tu à faire le deuil de tes représentations et à en venir à ta propre liberté d’enfant de Dieu, avec la même Bible :), peut-être as-tu à te libérer de la référence externe à ta foi, pour devenir un croyant…. Un croyant, ce n’est pas quelqu’un qui adhère à un ensemble de codes et de lois qui lui sont imposés de l’extérieur et qu’il ne comprend pas. Un croyant, c’est d’abord quelqu’un qui a fait une expérience spirituelle, celle d’une Rencontre avec quelqu’un qui nous met en chemin, nous entraîne avec lui : Jésus, le Christ. Où en es-tu de ton expérience spirituelle? En plein dedans, me semble-t-il. 🙂
– Ce que je vois de bon dans ce que tu exprimes de ton chemin, et aussi du “merveilleux” que tu partages ici, c’est que ton coeur est vivant et a envie de beau, de pur, de connexion aussi. Je te propose d’écouter cela en toi, de l’accueillir, de de poser doucement le mot Dieu dessus… Car il se pourrait bien que Dieu te parle ainsi. Et c’est beau.
– J’aime beaucoup ton image du chant : “mon coeur a arrêté de chanter à l’église“. Peu importe que ce soit à l’église ou ailleurs. Chante, mon ami ! Retrouve le chemin de ce chant, c’est bien plus essentiel que de savoir où et comment cela se passe. Car, oui, tu as le droit d’être heureux et de vivre l’amour. Retrouve ce chant, rends grâces à Dieu avec et pour lui et laisse-toi conduire sans crainte. Tu sais bien que l’Esprit souffle là où on ne l’attends pas, et le lieu de sa réception : c’est toi-même.

J’espère que ces quelques mots sauront te rejoindre.

Bien amicalement,

Pol on 28 novembre 2017 at 19 h 54 min said:
Seconde fois que je ne m’attendais pas à une si belle réponse, merci, merci et encore merci!
Mon cœur n’arrête pas de chanter et de s’exalter à la vue d’arbres et de nature, sans doute faudrait-il que je m’attache à la vie de Saint François pour entrevoir une religion catholique attachée aux animaux, peut-être est-il des saints que je ne connais ou dont je ne sais les attaches aux arbres… Je suis aussi dans l’attente d’une Église plus à même de s’attacher aux luttes écologiques dont notre monde a tant besoin… Car comme le dit si bien l’article 5 de la Loi Scout des Guides et Scouts d’Europe: “Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu, il aime les plantes et les animaux”.

Merci encore pour ta réponse! Je suis très heureux d’avoir découvert ta page!

zabulon on 30 novembre 2017 at 12 h 40 min said:
Bonjour, j’avais la même loi scoute 🙂 , celle qui dit que le scout est l’ami de tous et le frère de tout autre scout.

Puis-je me permettre … “Je suis dans l’attente d’une Eglise qui…” … … Mais tu es l’Eglise ! Comme moi, comme d’autres. Si tu sens ce besoin fondamental en toi, c’est peut-être que tu es invité à y répondre pour toi et pour le bonheur des autres. C’est ainsi que naissent les vocations : elles ne nous tombent pas dessus de l’extérieur (ah! la pensée magique jusqu’au fins fonds du christianisme !), elle surgit de l’intérieur ou, en tout cas, vient corroborer l’élan naturel de ton être : ce qui fait que répondre à ce genre d’appel ne nous trompe jamais et nous rend heureux.

Ami, tu as en toi tous les trésors nécessaires pour t’épanouir et rendre le monde meilleur, il te suffit d’accepter qui tu es avec reconnaissance. Pas par rapport à l’Eglise, non ; mais envers, ton Créateur, qui t’a suscité et qui, en te voyant a dit que cela était très bon. Assume ton homosexualité et cette sensibilité si particulière qui nous fait être présent au monde autrement ; engage-toi pour la protection de la nature et combats pour l’écologie, avec d’autres qui ont déjà commencé, si cela est important pour toi. N’hésite pas à créer le bonheur auquel tu as droit ; si tu le sais important pour toi, c’est que tu es invité à y collaborer. Et peut-être au sein de l’Eglise, pour témoigner que ta foi t’amène là et aider les frères et soeurs à cheminer, à leur rythme. Chacun son rythme, mais nous nous soutenons et exhortons les uns les autres (n’est-ce pas ce que suggère St Paul aux membres des premières communautés chrétiennes ?) C’est cela un appel.

Et merci pour les compliments 🙂

Fraternellement,

PS : François d’Assise est un bon compagnon. Nous avons un ami en commun !

Photo : Yiorgos Paraskeva (Iorgo Paraskeva)

Dieu soit loué de ce que je ne sois pas bon
Et que j’aie l’égoïsme naturel des fleurs
Et des fleuves qui poursuivent leur chemin
Préoccupés sans le savoir
Uniquement de fleurir et de couler.
La voilà, l’unique mission du Monde,
Celle d’exister clairement
Et savoir le faire sans y penser.

Fernando Pessoa
(in : Le gardeur de troupeaux, XXXII)

Photo : Blascksword

Lire la Bible en étant homosensible

On me demande comment je fais pour avoir une lecture si optimiste de la Bible en étant une personne homosensible.

Cela tient d’abord à la foi que j’ai reçue, c’est-à dire la confiance que j’ai (plus encore : la certitude) que Dieu aime tous les êtres humains et que Jésus vient nous le signifier de manière magistrale et définitive par tous les champs de son humanité. Son existence, son exemple, ses enseignements, son dévouement, sa manière de relire les écrits qui l’ont précédé, sa manière d’être habité de Dieu et de prier, le don de sa vie jusqu’à la mort. Dès lors, si je dois relire l’Ancien Testament, je le relis avec cette formidable nouveauté qu’est la bonne nouvelle évangélique (oups, tautologie pléonasmique !) : l’amour. Arrêtez de vous faire du mal : vous êtes aimés. Arrêtez d’avoir peur (d’être rejeté, d’être jugé, d’être abandonné, etc.) : vous êtes aimés. Arrêtez de vous juger, vous séparer, vous discriminer, vous exclure les uns les autres :  vous êtes aimés ! Tous. Vous êtes TOUS aimés.

Deuxio, cela tient au fait que rien de ce qui constitue mon identité n’est motif à me rejeter, et donc certainement pas mon homosensibilité ou quelconque autre particularité qui me serait spécifique  : origine, ethnie, genre, sexe, orientation sexuelle ou autre.

Dès lors, je peux accueillir la Parole sans le filtre de ce qui exclut.

Dieu me parle dans toutes mes dimensions, y compris celles de mon homosensibilité. Evidemment, pas que celle-là non plus. Je veux juste dire que quand elle déverse l’amour de Dieu sur moi et en moi, la Parole de Dieu n’exclut aucune part de mon humanité. Si Dieu n’est pas contre vous, qui le sera ? nous dit saint Paul.

Et alors la Parole de Dieu fait son office de consolation, de libération et d’envoi en mission. Dans la manière dont je la reçois intérieurement indépendamment de tout commentaire ou toute critique qui viendraient de l’extérieur.

Les textes du jours : pourquoi je ne suis pas condamné par la Bible

Prenons l’exemple des lectures d’aujourd’hui. Nous sommes le premier dimanche de Carême, les textes proposés sont :
– Gn 2, 7-9; 3, 1-7a : la consommation du fruit de l’arbre du milieu du jardin
– Rm 5, 12-19 : la rédemption de tous par un homme là où tous avaient été plongés dans le péché par un autre
– Mt 4, 1-11 : les 40 jours au désert et les tentations proposées à Jésus

D’abord, je m’efforce de bien comprendre le texte, de le méditer, de me rappeler ou de découvrir à frais nouveaux ce que la Parole de Dieu m’enseigne. Brièvement (désolé pour le style télégraphique mais cela va être plus simple pour aller droit au but) :

Du livre de la Genèse :
– L’homme est modelé depuis la poussière de la terre, puis Dieu lui insuffle son Souffle. Je comprends intuitivement que c’est déjà le souffle de vie.
– Les arbres, eux, ne sont pas modelés. Ils sont plantés dans la terre et puisent leur force vitale depuis le dedans de la terre du jardin.
– On peut manger de tout sauf de l’arbre qui est planté au milieu du jardin : l’arbre de vie et celui de la connaissance du bien et du mal. Est-ce le même arbre? La formulation est étrange et peut laisser planer le doute.
– Le serpent qui est le plus rusé des animaux créés par Dieu (donc : aussi création de Dieu et, à ce stade du texte sans aucune identification démoniaque) fait son travail d’animal “rusé” (ici, au sens perfide): il insuffle le doute:  “Ah bon, si vous en mangez, vous mourrez ? Mais pas du tout !  ca vous rendrait intelligents, vous connaîtriez le bien et le mal et vous seriez comme des dieux!”
– La femme s’approche de  l’arbre  du milieu du jardin (cette fois-ci, la formulation ne laisse aucun doute sur le fait qu’il n’y en a bien qu’un). Ses fruits ont l’air appétissants. Appétissante est aussi l’idée d’être rendus intelligents. Elle en prend et en offre à son homme.
-Ils mangent et découvrent qu’ils sont nus.

Commentaire :

Personnellement, ce que je retiens, c’est que Dieu est le maître de la vie. Il en dispose comme il entend mais, à l’être humain, il fait le cadeau magnifique de l’insuffler en lui et de l’installer dans un jardin où les végétaux et les animaux, bien que participant eux aussi à cette vie, n’en reçoivent ni la même capacité ni la même potentialité. Il n’est certainement pas innocent que l’homme soit tiré de la poussière : sa valeur ne tient pas à la glaise avec laquelle il a été modelé, mais au souffle qui est propulsé en lui, celui de la vie, celui de Dieu.

Revenons à cette histoire d’arbre au milieu du jardin : y en -a-t-il un ou deux ? C’est quoi cette confusion, Dieu voudrait-il nous tromper? Ou c’est l’être humain encore aveugle ou bigleux qui n’en voit plus qu’un parce que, quoi ? l’autre serait caché ? Stop, stop, stop aux interprétations qui pourraient devenir rapidement des élucubrations. Revenons à ce que dit le texte : un arbre de vie qui est au milieu du jardin et un arbre de la connaissance du bien et du mal. Point commun : le milieu du jardin. Sont-ce deux arbres, le même arbre, deux arbres accolés qui se tiennent l’un l’autre ? C’est l’arbre du milieu du jardin.
Mais alors pourquoi donner à l’arbre du milieu du jardin deux désignations différentes ?  Parce que c’est le même et en même temps pas le même ? Ou bien en fonction de comment on le regarde ?

Ici, je reconnais que d’avoir lu le texte de saint Paul que je commenterai plus loin aide à la compréhension chrétienne de ce texte.
La vie, les humains l’ont déjà. Elle a été donnée, personne ne parle de la leur reprendre. Ce qu’ils n’ont pas, c’est la connaissance du bien et du mal. Et pour cause : Dieu ne leur veut que du bien. Il faut être Dieu lui-même, maître de toute vie, pour connaitre le bien et le mal et ne choisir quand même que le bien, i.e. ce qui conduit à la vie. Alors, oui, pour préserver sa création, Dieu ne lui souhaite pas de connaître le mal – car si on connaît le mal et le bien, on connaît aussi le mal, n’est-ce pas ? Ce n’est pas juste une connaissance intellectuelle : on va recevoir, gérer, éprouver, le mal et le bien, devoir distinguer en permanence, être confronté à des choix auxquels on n’est pas préparés (à ce stade du récit de la création), etc. Il me semble très important  pour la compréhension du texte de se rappeler que le mot “connaître” en hébreu est très rarement intellectuel: c’est une connaissance par l’expérimentation, une connaissance totale, pas juste par le mental. C’est avec le même mot connaître que la Bible désigne la relation amoureuse et sexuelle : un don total de l’un à l’autre.

Ce qui est rusé dans l’attitude du serpent, c’est qu’à la fois il ment et il ne ment pas : certes manger du fruit de l’arbre de la vie, cela ne fait pas mourir au sens de “perdre la vie”, mais manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal , c’est ouvrir la possibilité d’être envahi et de suivre le mal, bref d’être absorbé ou submergé par ce qui conduit à la mort. Pour rappel, la conception biblique du péché – ce qui fait le mal – est de “rater sa cible”, ne pas faire ce pour quoi on est fait. Pour un humain, connaître le mal, c’est immanquablement le commettre. Et c’est le mal qui nous conduit à la mort. Ici, il ne s’agit pas vraiment de la mort physique mais de la mort à l’esprit, de la mort à la vie qui est insufflée en nous et qui n’est que bien. C’est dans le monde créé qu’il y a besoin de séparation, de dualité, d’ombres et de lumières ; pas dans le sein de Dieu.

Alors oui, leurs yeux s’ouvrent sur cette connaissance du bien et du mal, sur un monde fini et limité. La belle affaire, n’est-ce pas. Ils sont comme des dieux, oui, le serpent n’avait pas menti. Mais ils n’ont pas l’être du Dieu vivant. Cette connaissance va leur pourrir la vie. Ils ouvrent leur intelligence sur la matière, la limite, la comparaison, tout ce qu’on peut avoir ou ne pas avoir, tous ces bienfaits matériels, ces possibilités d’exercer un pouvoir ou de briller dans le monde. Tout ça qui est si fascinant mais qui n’a plus grand chose à voir avec l’esprit de Dieu.

En attendant, ils sont nus. Fragiles, vulnérables, sans rien. Sauf qu’avant ils n’avaient besoin de rien, tout leur été donné et ce n’était pas un problème. Maintenant ils en ont peut-être un de problème : ils se rendent comptent qu’ils n’ont rien, ils sont nus.

Ils sont nus.

Il y aurait tellement à dire sur cette nudité originelle. Elle ne dérangeait personne avant qu’ils acquièrent l’art de savoir si c’est bien ou si c’est mal, avant qu’ils jugent, qu’ils se jugent les uns les autres, qu’ils s’auto-jugent. Cette nudité n’était pas honteuse (ni sexualisée) avant qu’ils ne s’aperçoivent que ça voulait dire qu’ils sont des êtres limités, faits de chair, et que cette connaissance devienne si importante qu’elle semble en avoir plus que celle de se laisser porter par l’esprit insufflé en eux.
Ils sont nus, les pauvres. Ils se découvrent tels des dieux mais si limités. Pas du tout à la hauteur : eh hop! déjà un jugement sur eux-mêmes qu’ils s’appliquent copieusement comme étant pas assez bien pour être présentables. Pas assez bien… comment pourraient-ils ressentir cela sans la connaissance du bien et du mal ?
Ils se cacheront, honteux de ne pas être assez bien devant Dieu.

 

De l’épître aux Romains

  • Par un seul homme (Adam) le péché est entré dans le monde : le détournement de la cible… Nous étions faits pour le bien et voilà que nous sommes confrontés au mal et même que nous pouvons le choisir. La mort entre dans le monde à chaque fois que nous ne choisissons pas d’assumer le magnifique cadeau de la vie qui nous a été insufflé.
  • Le péché, la mort, nous concernent tous: nous sommes dans un monde  de souffrance et d’injustice où nous nous débattons comme nous pouvons. Nous subissons le mal causé par d’autres et dans nos efforts de survie nous causons du mal à d’autres.
  • Avant Moïse, le péché était déjà dans le monde mais faute de loi, il n’était imputable à personne. Nous étions livrés à nous-mêmes, ivres et aveugles. Depuis le don de  la Loi à Moïse, nous ne sommes plus autant aveugles, nous avons des repères fondamentaux pour restaurer le bien et la vie, pour bien vivre ensemble en respectant la dignité de chacun : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas tuer, ne pas prendre la femme de son voisin, honorer son père et sa mère, etc. Ca devrait être plus simple de choisir le bien, de sauvegarder la dignité des êtres humains mais voilà : le péché est entré dans le monde et nous sommes sans cesse en lute contre lui, nous sommes traversés par lui même malgré nous.
  • Pourtant, il y a toujours cet Adam. Qui survit en chacun de nous. Dieu ne lui a pas retiré son esprit. Dieu n’a jamais abandonné son projet de restaurer l’humanité. De même qu’il a fallu un homme, Adam,  pour créer l’humanité, un homme suffira pour la restaurer : le nouvel Adam. Et bon lecteurs chrétiens que nous sommes, nous savons déjà que Paul parle du Christ Jésus.
  • Il y a cependant une différence entre les deux Adams mais qui tourne sacrément à notre avantage : de même qu’il a suffit d’un homme pour entraîner la multitude dans le péché (par la connaissance du bien et du mal, rappelons-le), il suffira d’un homme pour racheter cette multitude une fois pour toutes. Ca fait penser à une équation qu’on pourrait écrire de la sorte : Adam < multitude > nouvel Adam
  • En un seul homme, la grâce de Dieu est accordée à la multitude et c’est homme c’est Jésus-Christ. A la multitude. On pourrait traduire : à tous et à toutes, à toute l’humanité. A celle qui précède la venue de Jésus dans l’histoire humaine mais aussi aux générations postérieures.
  • Autre différence, note saint Paul : a cause d’un homme, une “condamnation”. Je comprends ce mot comme une projection dans un monde où nous sommes perdus, prisonniers de nous-mêmes, dans un monde où nos spiritualités ne sont pas éveillées et nos instincts non éduqués. Grâce à l’autre homme, une “justification” : nous sommes rendus justes. Une fois pour toutes. Il n’y a pas d’arriérés, pas de comptes à rendre, pas de mérites à exercer : l’ardoise est payée par un seul et unique  Jésus-Christ.
  • L’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie“:  tout est dit. Jésus est le juste par excellence. Fils d’Adam, il est lui aussi tiré de la poussière, modelé de la glaise dans son existence humaine  historique et terrestre mais il est aussi insufflé de l’esprit de Dieu.  Il est tellement disponible à cet Esprit que Fils de l’Homme et Fils de Dieu en deviennent synonymes. Désormais, les hommes ont ce modèle qui leur prouve que non seulement Dieu n’a pas délaissé l’humanité mais qu’il la désire, la recherche, il ira chercher jusqu’au fond de la glaise le souffle qui fait l’humanité pour la restaurer.

De l’évangile de Mathieu, les tentations au désert.

  • 40 jours… 40, chiffre hautement symbolique qui rappelle les 40 ans passés dans le désert par le peuple hébreu. 40, ça veut dire beaucoup. En années, c’est le temps d’une ou deux générations. En jours, c’est le temps de deux cycles lunaires, le passage d’une saison à une autre. Bref, c’est le temps qu’il faut pour décanter, purifier, passer à autre chose ; c’est aussi l’annonce d’un nouveau cycle à venir.
  • Dans le désert… Là où il n’y a pas de perturbations extérieures, là où l’on peut approfondir et bien entendre les voix qui surgissent de l’intérieur.
  • Trois tentations. De multiples fois commentées, je ne prétends pas faire mieux. Je livre juste ce qui me frappe aujourd’hui. Trois tentations : 1/ celle de l’abondance, de la vie facile, de la consommation 2/ Celle du pouvoir et de la domination 3/ celle de la puissance (qui n’est pas tout à fait le pouvoir) et de la gloire.
  • Trois tentations qui sont bien terrestres et qui nous traversent tous dans les petites ou les grandes choses. Quelques exemples : 1/ soif de nourriture, d’argent, de biens, de sécurité. Crispation sur l’insécurité. 2/ Avoir raison, commander, être respecté, obéi, même dans des projets ubuesques….ou futiles. Crispation de l’ego. 3/ Etre le meilleur, le plus beau, le plus puissant, le plus respecté, le plus vu, adulé, liké, instagrammé, etc. Dysphorie de la réalité.
  • Jésus ne tombe dans aucun des pièges. Cela lui semble facile. Pas de polémique, juste un rappel de la volonté divine par une citation biblique. Chacune de ces citations témoigne, en quelque sorte, que Dieu n’a jamais abandonné l’humanité, il lui a toujours offert les voies de revenir à lui.  Il manquait juste…
  • Il manquait juste qu’un homme, insufflé du même esprit de vie divin, montre le chemin en restant sans concession sur cette histoire de connaissance du bien et du mal.  Dans les Actes des Apôtres, Pierre emploie une belle formule pour parler de Jésus : “Il est passé parmi nous en faisant le bien”.  Que le bien. Pas le mal, rien de mal. En Jésus, le mal n’a aucune prise. Il nous montre en cela le chemin et parce qu’il l’a vécu en son humanité, il nous montre que cela est possible pour chacun, dès maintenant. Il nous montre aussi que, même si on n’y arrive pas, on n’est pas jugé ni rejeté. L’amour de Dieu est solide et fidèle.  C’est la base de la foi chrétienne : qui que tu sois, quoi que tu aies fait, quelques soient tes manquements actuels : tu es aimé de ton Dieu et il vient te chercher.

Une lecture LGBTQA+ de la Bible ?

Aucun des textes cités ne parle spécifiquement de la condition LGBTQA+  ni d’aucune condition spécifique d’ailleurs. Alors y a-t-il une manière queer d’accueillir et comprendre les passages que je viens de commenter ? Oui et non.

Non, parce qu’il n’y a pas à exercer d’emblée un filtre particulier qui conditionnerait la réception de la parole de Dieu. Mais oui parce que je ne peux pas m’abstraire de recevoir la Parole avec tout mon être, avec mon homosensibilité, avec la manière dont je me suis exclu de cette dimension de mon humanité par autocensure et par condamnation insidieuse et bien introjectée de la société dans laquelle je vis.

Par ailleurs, rien n’interdit d’entendre le message évangélique en transférant les schémas sociétaux d’hier sur notre réalité d’aujourd’hui : hier Jésus s’adressait à un peuple sous domination romaine, un peuple  qui s’efforçait de maintenir son rôle de nation élue par des jeux de pouvoir et des  codes de pureté qui excluaient nombre personnes. Aujourd’hui nous sommes dominés par une idéologie libérale et consumériste qui est encore largement excluante envers ceux qui ne rentrent pas dans une vison globale du système : les étrangers, les femmes, les personnes queers, etc. Rien n’interdit d’entendre le message de libération des pauvres et discriminés envers toute personne d’aujourd’hui pauvre, délaissée, discriminée. Le Dieu des chrétiens est le Dieu de tous, à commencer par les exclus.

Fondamentalement, comme personne gay, ce que je retiens, c’est qu’il n’y a pas de condamnation de mon identité. Et si d’autres prennent la Bible pour me condamner, assurément ils n’ont pas bien compris la Parole sur laquelle ils s’appuient pour émettre leur condamnation.

A ce titre, ces textes sont une consolation pour toute personne ou tout groupe de personnes qui est exclu par la société sur des critères différenciants qui échappent  à la volonté de la personne. En chacun et chacune Dieu a insufflé son esprit de vie et nous invite à le retrouver, l’accueillir et le faire grandir.

J’ai failli dire “et à en être dignes” mais encore faut-il s’accorder sur le sens de cette formule et de “qui” déciderait de la dignité de tel ou tel. Pour moi, la dignité n’est pas la conformité à un code moral. Qui en plus s’imposerait à nous de l’extérieur et donnerait lieu à des jugements et des condamnations à propos de qui est digne et qui est indigne. Pour moi, la dignité est une notion interne à chacun. Je suis fait pour la vie, je le suis avec mon identité propre. A chaque fois que je me recentre sur ce qui est essentiel pour moi et que je cherche à le réaliser, à chaque fois que je je m’exprime ou j’agis avec une authenticité qui est de l’ordre de : voilà ce qui est bon et juste pour moi, je me montre dans la dignité de l’enfant de Dieu  que je suis.

En l’occurrence, grâce aux lectures de ce jour, je sais que Dieu ne juge pas ni mon corps, ni mon genre, ni mon sexe, ni mon affectivité, aucun de ces aspects qui sont dus à mon incarnation et mon histoire : je suis de la glaise avec laquelle j’ai été modelé. Rien de ce que Dieu a créé ne le repousse. Je peux me présenter nu devant lui, c’est-à-dire tel que je suis vraiment.

Je sais aussi qu’en Jésus, le Seigneur me libère et me sauve quoi qu’il en soit de mes manquements et qu’il le fait également pour chacun de ceux de la multitude, y compris mes bourreaux, harceleurs  ou contradicteurs.

J’entends enfin l’invitation qu’il me fait, sans bruit, sans contrainte, sans jugement, à l’imiter. A interroger mes besoins de sécurité qui m’amènent à consommer trop de ceci ou de cela et à ne pas partager avec les plus nécessiteux. A surveiller mon égo et ses besoins de reconnaissance jusque dans des victoires futiles, à surveiller mes “abandons de poste” par peur d’être contredit ou mis en difficulté. A ne pas chercher la puissance et la gloire mais à le laisser humblement demeurer chez moi à l’abri des regards et du monde, sans en tirer d’autre profit que la joie de sa Présence quand il veut bien se manifester.

Z – 22 février 2026

 

Photo : trouvée sur <a href=”https://br.pinterest.com/pin/574490496235312279/”>Pinterest</a>, auteur inconnu

dis-leur

DIS-LEUR…
ce que le vent dit aux rochers,
ce que la mer dit aux montagnes.

DIS-LEUR

qu’une immense bonté
pénètre l’univers.

DIS-LEUR…

que Dieu n’est pas ce qu’ils croient !
Qu’il est un vin que l’on boit
un festin partagé
où chacun donne et reçoit !

DIS-LEUR

qu’Il est le joueur de flûte dans la lumière de midi :
Il s’approche et s’enfuit bondissant vers les sources !

DIS-LEUR…

que sa voix seule pouvait t’apprendre ton nom !

DIS-LEUR…

son visage d’innocence, son clair-obscur et son rire !

DIS-LEUR…

qu’il est ton espace et ta nuit
ta blessure et ta joie !

Mais

DIS-LEUR aussi

qu’Il n’est pas ce que tu dis…
et
que tu ne sais rien de Lui !

Sr Marie-Pierre (Chambarand)

source: Loquito – www.anotherdaylight.wordpress.com – 4 mai 2010


Du livre du prophète Isaïe (Is 58, 7-10) :

Ainsi parle le Seigneur :

Partage ton pain avec celui qui a faim,
accueille chez toi les pauvres sans abri,
couvre celui que tu verras sans vêtement,

ne te dérobe pas à ton semblable.

Alors ta lumière jaillira comme l’aurore,
et tes forces reviendront vite.
Devant toi marchera ta justice,
et la gloire du Seigneur fermera la marche.

Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »

Si tu fais disparaître de chez toi
le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires,
et si tu combles les désirs du malheureux,

ta lumière se lèvera dans les ténèbres
et ton obscurité sera lumière de midi.

 

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