Benjamin Peltonen_1

YOUNG AND RESTLESS (Jeunes et turbulents)

par Benjamin Peltonen

 

Un peu de fraîcheur avec Benjamin Peltonen, un jeune artiste finlandais. Fraîcheur de la jeunesse, fraîcheur de l’adolescence, fraîcheur des grands idéaux et des rebellions contre tout establishment qui voudrait dire ou imposer comment il faudrait se comporter.

Oui, je me souviens.  De ces grands élans, de ces grands enthousiasmes, de ces promesse faites à soi-même – éventuellement à sa bande de potes – selon lesquelles , avec nous ce serait différent, que le monde allait changer, qu’il serait plus beau.

A quiconque me dirait ” c’étaient des rêves”, je répondrais encore aujourd’hui : ” Non, ce n’étaient pas des rêves, c’étaient des intuitions.” Car ces élans ne venaient pas de l’extérieur, ils surgissaient de l’intérieur et emplissaient l’espace, le coeur, les tripes, les pensées; Ils étaient authentique, ils étaient la vie. Ce qui faisait que j’étais jeune et “agité”.  Restless, littéralement : sans repos, en vie, bougeant tout le temps, parce qu’il y avait tant de choses à faire, et notre appétit de vivre était si grand !

Et aujourd’hui alors?  Y a-t-il encore quelque chose qui vit là dedans ?  ou ne suis-je qu’un vieux viking fatigué qui lève la main vers le soleil ?

We’re survivors
Dodge lightning
Eat and run, eat and run
Team vikings
Hands are rising
To the sun, to the sun 

When all the work is up
Who gives a f?
We just got paid
And we forget about our troubles
While we play the fool
And go for days and days

 

It’s going down tonight
We’ll do it the way we like
We’re playing hard, alright
Young and restless

 

High on a hill
Swing by
Skyhigh into we die
We’re looking up, alright
Young and restless

 

She’s a fast driver, yeah
Yeah, on the highway
Where I go I don’t know
Free riders, yeah
Lights on the line and
I may never make it home

 

When all the work is up
Who gives a f?
We just got paid
And we forget about the troubles
While we play the fool
And go for days and days

 

It’s going down tonight
We’ll do it the way we like
We’re playing hard, alright
Young and restless

 

High on a hill
Swing by
Skyhigh into we die
We’re looking up, alright
Young and restless

 

No slowing down
Where we go
Where we go now
No slowing down
Where we go
We go
(X3)

 

It’s going down tonight
We’ll do it the way we like
We’re playing hard, alright
Young and restless

 

High on a hill
Swing by
Skyhigh into we die
We’re looking up, alright
Young and restless

 

Nous sommes des survivants
esquivant la foudre
Manger et courir, manger et courir
Une bande de vikings
Les mains levées
Vers le soleil, vers le soleil. 

Quand le travail est accompli
Qui s’en préoccupe ?
Nous sommes seulement payés
et nous oublions nos problèmes
jouant à faire les idiots
pour des jours et des jours.

 

Ca va changer ce soir,
Nous allons le faire comme on aime,
Nous amuser vraiment, d’accord,
Jeunes et turbulents

 

Au sommet d’une colline
Nous balançant
Sous le ciel où nous mourons
Nous lèverons les yeux, vraiment,
Jeunes et turbulents

 

C’est une conductrice rapide, yeah,
Oui , sur la grand’route
Où je vais, je ne sais pas
Profiteurs (voyageurs sans payer), yeah,
Les lumières sur le chemin
Peut-être je ne pourrais jamais faire ça à la maison.

 

Quand le travail est accompli
Qui s’en préoccupe ?
Nous sommes seulement payés
et nous oublions nos problèmes
jouant à faire les idiots
pour des jours et des jours.

 

Ca va changer ce soir,
Nous allons le faire comme on aime,
Nous amuser vraiment, d’accord,
Jeunes et turbulents

 

Au sommet d’une colline
Nous balançant
Sous le ciel où nous mourons
Nous lèverons les yeux, vraiment,
Jeunes et turbulents

 

Pas de ralentissement
Là où nous allons
Là où nous allons maintenant
Pas de ralentissement
Là où nous allons
nous allons.
(X 3)

 

Ca va changer ce soir,
Nous allons le faire comme on aime,
Nous amuser vraiment, d’accord,
Jeunes et turbulents

 

Au sommet d’une colline
Nous balançant
Sous le ciel où nous mourons
Nous lèverons les yeux, vraiment,
Jeunes et turbulents

 

revenir

Ce qui est vrai,
est-il toujours vrai ?

Oui.

Alors pourquoi
ai-je passé tant de temps
à partir ailleurs
à chercher autre chose
à me fuir moi-même
à me chercher ailleurs ?

A bout de course,
à bout de souffle,
j’arrive,
j’arrive ou je reviens,
je reviens à moi.

C’est comme ces chemins initiatiques,
racontés si souvent, par lesquels
le voyageur part dans des pays lointains
vivre des expériences inédites,
étoffer son personnage,
puis revient à son point de départ.

Revenir, oui,
mais différent et plus fort,
revenir autrement,
revenir capable
d’accueillir sa vérité
et y plonger.

Donc me revoilà.

A bout de course,
à bout de souffle,
me voilà face à ma vie,
comme invité à plonger
en l’Essentiel.

L’essentiel…

Je retrouve les fulgurances,
belles et engageantes,
de ma jeunesse,
comme autant d’instants fondateurs
que j’avais délaissés.

C’est un mystère cette errance
ailleurs que là où on est chez soi.

Peut-être étais-je trop jeune,
peut-être trop naïf.
Non, pas trop naïf,
naïf tout court.
Et, dans le bel âge de la jeunesse,
quand on est naïf,
on est sensible et fragile.

Et, il faut vivre,
et construire.
En tout cas,
c’est ce que l’on croit,
c’est ce que semble dire la vie.
Alors je suis parti, parti,
loin de moi-même.

Oh, toujours fidèle
à cette partie de moi-même,
mais comme en rêve,
comme en souvenir.

Maintenant, je veux revenir.

Je veux retrouver
les intuitions de ma jeunesse,
celles qui me remplissaient
et me rendaient vivant,
celles par lesquelles je m’émerveillais
et étais disponible au monde.

Je veux rentrer chez moi,
retrouver la beauté de ces élans
qui étaient directement connectés à la Vie,
– et je ne le savais pas!
qui allumaient un feu en moi,
ou était-ce un flot ?

Je veux retrouver mes rêves,
car ils n’étaient pas que des rêves,
ils étaient une espérance portée au monde
qui jaillissait d’un profond infini.

Je veux retrouver ce temps
où j’étais comme une page blanche,
une terre inculte,
un champ sans sillon.
Qui sait si, déjà,
j’étais conditionné ou influencé
par mes expériences intra-utérines
ou ma prime enfance ?
J’étais une terre disponible,
une terre belle et sauvage
dans laquelle jaillissaient des sources.

La vérité que je ressentais,
je ne savais pas que c’était la vérité.
Alors je suis parti vivre,
je suis parti découvrir, expérimenter,
je me suis oublié, je me suis un peu cabossé.

Je suis parti pour vivre,
n’est-ce pas le chemin d’un homme?

Mais parce que ce qui est vrai,
est toujours vrai,
je veux revenir
maintenant.

Je veux rentrer chez moi,
revenir différent et plus fort,
mais non sans retrouver
cette naïveté
qui fait que toute chose est belle,
et que toute découverte, toute rencontre,
sont merveilleuses.

Vrai, Seigneur, je reviens.
Accueille-moi chez toi, chez nous.
Je voudrais rallumer le feu
sans plus chercher ailleurs.
Je voudrais rallumer le feu,
et calmement accueillir celui qui passe
comme un ami qui est lui aussi sur sa route,
être signe pour lui de ta présence
qui le renvoie à sa propre route.

Voilà, voilà ma vocation, finalement.
Tant de temps pour la découvrir.

Juste être là,
Te laisser faire
avec cette part de moi
qui est de toi
et qui ne demande qu’à grandir
du moment que je sois là.

Zabulon – 13 oct 2015