Lire la Bible en étant homosensible
On me demande comment je fais pour avoir une lecture si optimiste de la Bible en étant une personne homosensible.
Cela tient d’abord à la foi que j’ai reçue, c’est-à dire la confiance que j’ai ( plus encore : la certitude) que Dieu aime tous les êtres humains et que Jésus vient nous le signifier de manière magistrale et définitive par tous les champs de son humanité. Son existence, son exemple, ses enseignements, son dévouement, sa manière de relire les écrits qui l’ont précédé, sa manière d’être habité de Dieu et de prier, le don de sa vie jusqu’à la mort. Dès lors, si je dois relire l’Ancien Testament, je le relis avec cette formidable nouveauté qu’est la bonne nouvelle évangélique (oups, tautologie pléonasmique) : l’amour. Arrêtez de vous faire du mal : vous êtes aimés. Arrêtez d’avoir peur (d’être rejeté, d’être jugé, d’être abandonné, etc.) : vous êtes aimés. Arrêtez de vous juger, vous séparer, vous discriminer, vous exclure les uns les autres : vous êtes aimés ! Tous. Vous êtes TOUS aimés.
Deuxio, cela tient au fait que rien de ce qui constitue mon identité n’est motif à me rejeter, et donc certainement pas mon homosensibilité ou quelconque autre particularité qui me serait spécifique : origine, ethnie, genre, sexe, orientation sexuelle ou autre.
Dès lors, je peux accueillir la Parole sans le filtre de ce qui exclut.
Dieu me parle dans toutes mes dimensions , y compris celles de mon homosensibilité. Evidemment, pas que celle-là non plus. Je veux juste dire que quand elle déverse l’amour de Dieu sur moi et en moi, la Parole de Dieu n’exclut aucune part de mon humanité. Si Dieu n’est pas contre vous, qui le sera ? nous dit saint Paul.
Et alors la Parole de Dieu fait son office de consolation, de libération et d’envoi en mission. Dans la manière dont je la reçois intérieurement indépendamment de tout commentaire ou toute critique qui viendraient de l’extérieur.
Les textes du jours : pourquoi je ne suis pas condamné par la Bible
Prenons l’exemple des lectures d’aujourd’hui. Nous sommes le premier dimanche de Carême, les textes proposés sont :
– Gn 2, 7-9; 3, 1-7a : la consommation du fruit de l’arbre du milieu du jardin
– Rm 5, 12-19 : la rédemption de tous par un homme là où tous avaient été plongés dans le péché par un autre
– Mt 4, 1-11 : les 40 jours au désert et les tentations proposées à Jésus
D’abord, je m’efforce de bien comprendre le texte, de le méditer, de me rappeler ou de découvrir à frais nouveaux ce que la Parole de Dieu m’enseigne. Brièvement (désolé pour le style télégraphique mais cela va être plus simple pour aller droit au but) :
Du livre de la Genèse :
– L’homme est modelé depuis la poussière de la terre, puis Dieu lui insuffle son Souffle. Je comprends intuitivement que c’est déjà le souffle de vie.
– Les arbres, eux, ne sont pas modelés. Ils sont plantés dans la terre et puisent leur force vitale depuis le dedans de la terre du jardin.
– On peut manger de tout sauf de l’arbre qui est planté au milieu du jardin : l’arbre de vie et celui de la connaissance du bien et du mal. Est-ce le même arbre? La formulation est étrange et peut laisser planer le doute.
– Le serpent qui est le plus rusé des animaux créés par Dieu (donc : aussi création de Dieu et, à ce stade du texte sans aucune identification démoniaque) fait son travail d’animal “rusé” (ici, au sens perfide): il insuffle le doute: “Ah bon, si vous en mangez, vous mourrez ? Mais pas du tout ! ca vous rendrait intelligents, vous connaîtriez le bien et le mal et vous seriez comme des dieux!”
– La femme s’approche de l’arbre du milieu du jardin (cette fois-ci, la formulation ne laisse aucun doute sur le fait qu’il n’y en a bien qu’un). Ses fruits ont l’air appétissants. Appétissante est aussi l’idée d’être rendus intelligents. Elle en prend et en offre à son homme.
-Ils mangent et découvrent qu’ils sont nus.
Commentaire :
Personnellement, ce que je retiens, c’est Dieu est le maître de la vie. Il en dispose comme il entend mais, à l’être humain, il fait le cadeau magnifique de l’insuffler en lui et de l’installer dans un jardin où les végétaux et les animaux, bien que participant eux aussi à cette vie, n’en reçoivent ni la même capacité ni la même potentialité. Il n’est certainement pas innocent que l’homme soit tiré de la poussière : sa valeur ne tient pas à la glaise avec laquelle il a été modelé, mais au souffle qui est propulsé en lui, celui de la vie, celui de Dieu.
Revenons à cette histoire d’arbre au milieu du jardin : y en -a-t-il un ou deux? C’est quoi cette confusion, Dieu voudrait-il nous tromper? Ou c’est l’être humain encore aveugle ou bigleux qui n’en voit plus qu’un parce que, quoi ? l’autre serait caché ? Stop, stop, stop aux interprétations qui pourraient devenir rapidement des élucubrations. Revenons à ce que dit le texte : un arbre de vie qui est au milieu du jardin et un arbre de la connaissance du bien et du mal. Point commun : le milieu du jardin. Sont-ce deux arbres, le même arbre, deux arbres accolés qui se tiennent l’un l’autre? C’est l’arbre du milieu du jardin.
Mais alors pourquoi donner à l’arbre du milieu du jardin deux désignations différentes ? Parce que c’est le même et en même temps pas le même ? Ou bien en fonction de comment on le regarde ?
Ici, je reconnais que d’avoir lu le texte de saint Paul que je commenterai plus loin aide à la compréhension chrétienne de ce texte.
La vie, les humains l’ont déjà. Elle a été donnée, personne ne parle de la leur reprendre. Ce qu’ils n’ont pas , c’est a connaissance du bien et du mal. Et pour cause : Dieu ne leur veut que du bien. Il faut être Dieu lui-même, maître de toute vie, pour connaitre le bien et le mal et ne choisir quand même que le bien, i.e. ce qui conduit à la vie. Alors, oui, pour préserver sa création, Dieu ne lui souhaite pas de connaître le mal – car si on connaît le mal et le bien, on connaît aussi le mal, n’est-ce pas ? Ce n’est pas juste une connaissance intellectuelle : on va recevoir, gérer, éprouver, le mal et le bien, devoir distinguer en permanence, être confronté à des choix auxquels on n’est pas préparés (à ce stade du récit de la création), etc. Il me semble très important pour la compréhension du texte de se rappeler que le mot “connaître” en hébreu est très rarement intellectuel: c’est une connaissance par l’expérimentation, une connaissance totale, pas juste par le mental. C’est avec le même mot connaître que la Bible désigne la relation amoureuse et sexuelle : un don total de l’un à l’autre.
Ce qui est rusé dans l’attitude du serpent, c’est qu’à la fois il ment et il ne ment pas : certes manger du fruit de l’arbre de la vie, cela ne fait pas mourir au sens de “perdre la vie”, mais manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal , c’est ouvrir la possibilité d’être envahi et de suivre le mal, bref d’être absorbé ou submergé par ce qui conduit à la mort. Pour rappel, la conception biblique du péché – ce qui fait le mal – est de “rater sa cible”, ne pas faire ce pour quoi on est fait. Pour un humain, connaître le mal, c’est immanquablement le commettre. Et c’est le mal qui nous conduit à la mort. Ici, il ne s’agit pas vraiment de la mort physique mais de la mort à l’esprit, de la mort à la vie qui est insufflée en nous et qui n’est que bien. C’est dans le monde créé qu’il y a besoin de séparation, de dualité, d’ombres et de lumières ; pas dans le sein de Dieu.
Alors oui, leurs yeux s’ouvrent sur cette connaissance du bien et du mal, sur un monde fini et limité. La belle affaire, n’est-ce pas. Ils sont comme des dieux, oui, le serpent n’avait pas menti. Mais ils n’ont pas l’être du Dieu vivant. Cette connaissance va leur pourrir la vie. Ils ouvrent leur intelligence sur la matière, la limite, la comparaison, tout ce qu’on peut avoir ou ne pas avoir, tous ces bienfaits matériels, ces possibilités d’exercer un pouvoir ou de briller dans le monde. Tout ça qui n’a plus grand chose à voir avec l’esprit de Dieu et qui est si fascinant.
En attendant, ils sont nus. Fragiles, vulnérables, sans rien. Sauf qu’avant ils n’avaient besoin de rien, tout leur été donné et ce n’était pas un problème. Maintenant ils en ont peut-être un de problème : ils se rendent comptent qu’ils n’ont rien, ils sont nus.
Ils sont nus.
Il y aurait tellement à dire sur cette nudité originelle. Elle ne dérangeait personne avant qu’ils acquièrent l’art de savoir si c’est bien ou si c’est mal avant qu’ils jugent, qu’ils se jugent les uns les autres, qu’ils s’auto-jugent. Cette nudité n’était pas honteuse (ni sexualisée) avant qu’ils ne s’aperçoivent que ça voulait dire qu’ils sont des êtres limités faits de chair et que cette connaissance devienne si importante qu’elle semble en avoir plus que celle de se laisser porter par l’esprit insufflé en eux.
Ils sont nus, les pauvres. Ils se découvrent tels des dieux mais si limités. Pas du tout à la hauteur : eh hop! déjà un jugement sur eux-mêmes qu’ils s’appliquent copieusement comme étant pas assez bien pour être présentables. Pas assez bien… comment pourraient-ils ressentir cela sans la connaissance du bien et du mal ?
Ils se cacheront, honteux de ne pas être assez bien devant Dieu.
De l’épître aux Romains
- Par un seul homme (Adam) le péché est entré dans le monde : le détournement de la cible… Nous étions faits pour le bien et voilà que nous sommes confrontés au mal et même que nous pouvons le choisir. La mort entre dans le monde à chaque fois que nous ne choisissons pas d’assumer le magnifique cadeau de la vie qui nous a été insufflé.
- Le péché, la mort, nous concernent tous: nous sommes dans un monde de souffrance et d’injustice où nous nous débattons comme nous pouvons. Nous subissons le mal causé par d’autres et dans nos efforts de survie nous causons du mal à d’autres.
- Avant Moïse, le péché était déjà dans le monde mais faute de loi, il n’était imputable à personne. Nous étions livrés à nous-mêmes, ivres et aveugles. Depuis le don de la Loi à Moïse, nous ne sommes plus autant aveugles, nous avons des repères fondamentaux pour restaurer le bien et la vie, pour bien vivre ensemble en respectant la dignité de chacun : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas tuer, ne pas prendre la femme de son voisin, honorer son père et sa mère, etc. Ca devrait être plus simple de choisir le bien, de sauvegarder la dignité des êtres humains mais voilà : le péché est entré dans le monde et nous sommes sans cesse en lute contre lui, nous sommes traversés par lui même malgré nous.
- Pourtant, il y a toujours cet Adam. Qui survit en chacun de nous. Dieu ne lui a pas retiré son esprit. Dieu n’a jamais abandonné son projet de restaurer l’humanité. De même qu’il a fallu un homme, Adam, pour créer l’humanité, un homme suffira pour la restaurer : le nouvel Adam. Et bon lecteurs chrétiens que nous sommes, nous savons déjà que Paul parle du Christ Jésus.
- Il y a cependant une différence entre les deux Adams mais qui tourne sacrément à notre avantage : de même qu’il a suffit d’un homme pour entraîner la multitude dans le péché (par la connaissance du bien et du mal, rappelons-le), il suffira d’un homme pour racheter cette multitude une fois pour toutes. Ca fait penser à une équation qu’on pourrait écrire de la sorte : Adam < multitude > nouvel Adam
- En un seul homme, la grâce de Dieu est accordée à la multitude et c’est homme c’est Jésus-Christ. A la multitude. On pourrait traduire : à tous et à toutes, à toute l’humanité. A celle qui précède la venue de Jésus dans l’histoire humaine mais aussi aux générations postérieures.
- Autre différence, note saint Paul : a cause d’un homme, une “condamnation”. Je comprends ce mot comme une projection dans un monde où nous sommes perdus, prisonniers de nous-mêmes, dans un monde où nos spiritualités ne sont pas éveillées et nos instincts non éduqués. Grâce à l’autre homme, une “justification” : nous sommes rendus justes. Une fois pour toutes. Il n’y a pas d’arriérés, pas de comptes à rendre, pas de mérites à exercer : l’ardoise est payée par un seul et unique Jésus-Christ.
- “L’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie“: tout est dit. Jésus est le juste par excellence. Fils d’Adam, il est lui aussi tiré de la poussière, modelé de la glaise dans son existence humaine historique et terrestre mais il est aussi insufflé de l’esprit de Dieu. Il est tellement disponible à cet Esprit que Fils de l’Homme et Fils de Dieu en deviennent synonymes. Désormais, les hommes ont ce modèle qui leur prouve que non seulement Dieu n’a pas délaissé l’humanité mais qu’il la désire, la recherche, il ira chercher jusqu’au fond de la glaise le souffle qui fait l’humanité pour la restaurer.
De l’évangile de Mathieu, les tentations au désert.
- 40 jours… 40, chiffre hautement symbolique qui rappelle les 40 ans dans le désert du peuple hébreu. 40, ça veut dire beaucoup. En années, c’est le temps d’une ou deux générations. En jours, c’est le temps de deux cycles lunaires, le passage d’une saison à une autre. Bref, c’est le temps qu’il faut pour décanter, purifier, passer à autre chose ; c’est aussi l’annonce d’un nouveau cycle à venir.
- Dans le désert… Là où il n’y a pas de perturbations extérieures, là où l’on peut approfondir et bien entendre les voix qui surgissent de l’intérieur.
- Trois tentations. De multiples fois commentées, je ne prétends pas faire mieux. Je livre juste ce qui me frappe aujourd’hui. Trois tentations : 1/ celle de l’abondance, de la vie facile, de la consommation 2/ Celle du pouvoir et de la domination 3/ celle de la puissance (qui n’est pas tout à fait le pouvoir) et de la gloire.
- Trois tentations qui sont bien terrestres et qui nous traversent tous dans les petites ou les grandes choses. Quelques exemples : 1/ soif de nourriture, d’argent, de biens, de sécurité. Crispation sur l’insécurité. 2/ Avoir raison, commander, être respecté, obéi, même dans des projets ubuesques….ou futiles. Crispation de l’ego. 3/ Etre le meilleur, le plus beau, le plus puissant, le plus respecté, le plus vu, adulé, liké, instagrammé, etc. Dysphorie de la réalité.
- Jésus ne tombe dans aucun des pièges. Cela lui semble facile. Pas de polémique, juste un rappel de la volonté divine par une citation biblique. Chacune de ces citations témoigne, en quelque sorte, que Dieu n’a jamais abandonné l’humanité, il lui a toujours offert les voies de revenir à lui. Il manquait juste…
- Il manquait juste qu’un homme, insufflé du même esprit de vie divin, montre le chemin en restant sans concession sur cette histoire de connaissance du bien et du mal. Dans les Actes des Apôtres, Pierre emploie une belle formule pour parler de Jésus : “Il est passé parmi nous en faisant le bien”. Que le bien. Pas le mal, rien de mal. En Jésus, le mal n’a aucune prise. Il nous montre en cela le chemin et parce qu’il l’a vécu en son humanité, il nous montre que cela est possible pour chacun, dès maintenant. Il nous montre aussi que, même si on n’y arrive pas, on n’est pas jugé ni rejeté. L’amour de Dieu est solide et fidèle. C’est la base de la foi chrétienne : qui que tu sois, quoi que tu aies fait, quelques soient tes manquements actuels : tu es aimé de ton Dieu et il vient te chercher.
Une lecture LGBTQA+ de la Bible ?
Aucun des textes cités ne parle spécifiquement de la condition LGBTQA+ ni d’aucune condition spécifique d’ailleurs. Alors y a-t-il une manière queer d’accueillir et comprendre les passages que je viens de commenter ? Oui et non.
Non, parce qu’il n’y a pas à exercer d’emblée un filtre particulier qui conditionnerait la réception de la parole de Dieu. Mais oui parce que je ne peux pas m’abstraire de recevoir la Parole avec tout mon être, avec mon homosensibilité, avec la manière dont je me suis exclu de cette dimension de mon humanité par autocensure et par condamnation insidieuse et bien introjectée de la société dans laquelle je vis.
Par ailleurs, rien n’interdit d’entendre le message évangélique en transférant les schémas sociétaux d’hier sur notre réalité d’aujourd’hui : hier Jésus s’adressait à un peuple sous domination romaine, un peuple qui s’efforçait de maintenir son rôle de nation élue par des jeux de pouvoir et des codes de pureté qui excluaient nombre personnes. Aujourd’hui nous sommes dominés par une idéologie libérale et consumériste qui est encore largement excluante envers ceux qui ne rentrent pas dans une vison globale du système : les étrangers, les femmes, les personnes queers, etc. Rien n’interdit d’entendre le message de libération des pauvres et discriminés envers toute personne d’aujourd’hui pauvre, délaissée, discriminée. Le Dieu des chrétiens est le Dieu de tous, à commencer par les exclus.
Fondamentalement, comme personne gay, ce que je retiens, c’est qu’il n’y a pas de condamnation de mon identité. Et si d’autres prennent la Bible pour me condamner, assurément ils n’ont pas bien compris la Parole sur laquelle ils s’appuient pour émettre une condamnation.
A ce titre, ces textes sont une consolation pour toute personne ou tout groupe de personnes qui est exclu par la société sur des critères différenciants qui échappent à la volonté de la personne. En chacun et chacune Dieu a insufflé son esprit de vie et nous invite à le retrouver, l’accueillir et le faire grandir.
J’ai failli dire “et à en être dignes” mais encore faut-il s’accorder sur le sens de cette formule et de “qui” déciderait de la dignité de tel ou tel. Pour moi, la dignité n’est pas la conformité à un code moral. Qui en plus s’imposerait à nous de l’extérieur et donnerait lieu à des jugements et des condamnations à propos de qui est dans digne et qui est indigne. Pour moi, la dignité est une notion interne à chacun. Je suis fait pour la vie, je le suis avec mon identité propre. A chaque fois que je me recentre sur ce qui est essentiel pour moi et que je cherche à le réaliser, à chaque fois que je je m’exprime ou j’agis avec une authenticité qui est de l’ordre de : voilà ce qui est bon et juste pour moi, je me montre dans la dignité de l’enfant de Dieu que je suis.
En l’occurrence, grâce aux lectures de ce jour, je sais que Dieu ne juge pas ni mon corps, ni mon genre, ni mon sexe, ni mon affectivité, aucun de ces aspects qui sont dus à mon incarnation et mon histoire : je suis de la glaise que je suis. Rien de ce que Dieu a créé ne le repousse. Je peux me présenter nu devant lui, c’est-à-dire tel que je suis vraiment.
Je sais aussi qu’en Jésus, le Seigneur me libère et me sauve quoi qu’il en soit de mes manquements et qu’il le fait également pour chacun de ceux de la multitude, y compris mes bourreaux, harceleurs ou contradicteurs.
J’entends enfin l’invitation qu’il me fait, sans bruit, sans contrainte, sans jugement, à l’imiter. A interroger mes besoins de sécurité qui m’amènent à consommer trop de ceci ou de cela et à ne pas partager avec les plus nécessiteux. A surveiller mon égo et ses besoins de reconnaissance jusque dans des victoires futiles, à surveiller mes “abandons de poste” par peur d’être contredit ou mis en difficulté. A ne pas chercher la puissance et la gloire mais à le laisser humblement demeurer chez moi à l’abri des regards et du monde, sans en tirer d’autre profit que la joie de sa Présence quand il veut bien se manifester.
Z – 22 février 2026
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