Pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui…
Thérèse de Lisieux
Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre
Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…
(…)
Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !…
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd’hui.
Si je songe à demain, je crains mon inconstance
Je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance
Rien que pour aujourd’hui.
Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle
O Pilote Divin ! dont la main me conduit.
Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd’hui.
Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face.
Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce
Rien que pour aujourd’hui.
(…)
Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L’Eternel Aujourd’hui !…
Encore et encore,
retourne encore et encore,
nais et renais encore !
N’arrête jamais,
ne te désespère jamais,
recommence sans cesse, ami.
Retourne
au pays de ton âme…
Retourne encore, retourne encore,
retourne encore au pays de ton âme.
Retourne à qui tu es, Retourne à ce que tu es, Retourne à là où tu es, Nais et renais encore !
Retourne encore, retourne encore, retourne encore au pays de ton âme.
Return again, return again,
Return to the the land of your soul
Return to who you are Return to what you are
Return to where you are Born and reborn again
Return again, return again, Return to the the land of your soul
(Return again, interprété par Rabi David Zeller)
J’ai découvert récemment cette chanson grâce à des amis bien intentionnés – merci à eux !
En fait, c’est plus qu’une chanson, c’est même plus qu’une prière, c’est plus qu’une méditation.
C’est, c’est… un appel. Un appel profond.
On peut recevoir cet appel, cette invitation, de différentes manières. Elles sont toutes belles et bonnes,
Au premier chef, comme l’auteur -compositeur est de confession juive – il s’agit du grand spirituel et artiste Shlomo Carlebach – on peut le comprendre comme une invitation à revenir vers la terre promise, un temps abandonnée, qu’on soit contraint par les évènements extérieurs, l’exil, ou qu’on en soit parti spirituellement. Sur youtube, plusieurs versions de “Return again” sont illustrées par des paysages de la Terre Sainte.
L’invitation peut donc être bien concrète et on peut la comprendre comme l'”Alyah” cette démarche qu’ont fait concrètement de nombreux juifs de revenir et s’installer en Terre Sainte. Ou sans y retourner physiquement, invitation humble à entreprendre une démarche spirituelle de retour à soi-même, à la Promesse, à sa foi.
De confession juive ou pas, on peut aussi recevoir cette invitation d’une manière spirituelle comme un appel à renouer avec le Créateur, ou bien avec soi-même, ou avec son enfant intérieur… Ce n’est pas précisé après tout, car les paroles de cette belle… prière permettent de comprendre ce qu’on veut. Dans la version la plus répandue, on ne parle pas de Dieu, on ne parle pas de créateur, on ne parle pas de Père (notion que l’on trouve dans certaines interprétations chantées par des rabbins).
Appel, douce invitation, à revenir. Appel à se retrouver. Appel à la vérité, appel aux retrouvailles de soi-même. On peut le comprendre comme un appel à retrouver son âme ou son origine divine, ou bien comme un appel à la transformation, mais n’est-ce pas pareil finalement ?
Ce qui est sûr, c’est que, née dans la famille judaïque, cette supplique touche de nombreux coeurs des autres confessions, et même qui ne se réclament d’aucune confession.
Ci-dessous, voici une version chantée lors d’une session de Rainbow Spirit, vous savez: ces rassemblements éphémères, issus de la mouvance hippie mais sans ces excès ( j’y reviendrai, promis!). Bon, si on oublie le contexte d’une fraternité qui vise l’unité et l’amour universel entre les êtres et qu’on visionne juste cette vidéo, ce qui frappe, c’est ce qui se passe pendant que ce chant est lancé. Regardez bien : au départ une communauté humaine éparse, diverse, désordonnée et peu à peu un rassemblement qui fait corps, un seul corps, une unité. Quel beau symbole !
Bref, “return again“, c’est une prière et c’est plus qu’une prière.
C’est une invitation à revenir à soi.
Attention, revenir à soi, ce n’est pas revenir à son ego.
Non, il s’agit de revenir à soi, le vrai Soi,
celui peut être oublié, celui de son âme.
Revenir à qui on est vraiment,
à ce qu’on est vraiment,
à où on Est vraiment.
Sortir de l’apparence,
sortir de l’errance,
sortir de la misère extérieure.
Revenir.
revenir au pays d’où l’on est
revenir à qui on est
à ce qu’on est
à là où on est.
Je rêve du jour où le travail sera vraiment libération,
où l’on pourra agir selon son coeur
– créer, faire, servir, enseigner, etc. –
et en vivre sereinement,
sans crainte matérielle.
La société actuelle a tout misé sur le pouvoir marchand,
et son succédané le pouvoir financier.
Cela contribue à nous détourner de ce que nous sommes
jusqu’à nous faire oublier d’être parfois.
Or, il n’y a qu’un pouvoir qui compte,
celui d’être.
Viens Seigneur,
apprends-moi à me recevoir de toi,
à m’accepter tel que tu me veux,
à être vivant selon ton coeur et ton bon vouloir,
en tout instant, en toutes choses,
si petits soient-ils.
Il n y a pas de petit travail,
parce qu’il n’y a pas de petite façon d’être.
Zabulon
Le 1er mai, fête du travail en de nombreux pays, est aussi la fête des travailleurs, et parmi eux
de Joseph, le charpentier. Voici un texte publié par l’excellent site www.cristianosgays.com (en espagnol).
Vivías del trabajo cotidiano,
fuiste un trabajador, un simple obrero;
¿tu fidelidad?: -“es José el carpintero”-,
un humilde currante, un artesano.
Trabajo en el que fuiste nuestro hermano;
un trabajo de honrado jornalero
que en todo cuanto hace pone esmero,
porque sabe que Dios usa su mano.
Patrono del trabajo y su salmista,
-manos callosas y dedo vendado-
enseña al hombre de hoy, tan derrotista,
a vivir su trabajo ilusionado,
más alegre, cristiano y optimista,
más solidario y más humanizado.
*
Tu as vécu dans le travail quotidien, tu étais un travailleur, un simple ouvrier ; Ta fidélité ? – ” C’est Joseph le charpentier ” -, un travailleur acharné humble, un artisan.
Travail dans lequel tu fus notre frère ; un travail d’honnête journalier qui s’applique dans tout ce qu’il fait, parce qu’il sait que Dieu utilise sa main .
Patron du travail et son psalmiste , -mains calleuses et pansement au doigt – enseigne à l’homme aujourd’hui, si défaitiste , à vivre son travail de manière enthousiaste , plus heureux, chrétien et optimiste, plus solidaire et plus humain .