Comment sortir de soi ?  Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : Un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre.

Christian Bobin

 

 

Photo : Chris Camplin Photographed by Lee Roberts

Source : via Loquito.

 

Sans son, ça chante
Et sans rythme, ça danse
Ecoute la musique inaudible.

 

Attribué à Mirabaï

 

Mirabaï (1498 – 1546) est une poétesse de l’hindouisme,  auteur de chants d’amour mystique dédiés au dieu Krishna et qui sont encre chantés dans le nord de l’Inde.  Le poème cité ici est mentionné par Michel Gay dans “Kabir : Une expérience mystique au-delà des religions“, Collection “Spiritualités vivantes, Albin Michel, 2012,  qui, lui-même le tient de Catherine Clément, La princesse mendiante, Editions du Panama 2007.

On retrouve dans ce poème une même source mysqtique que celle signalée, il y a quelques jours,chez le poète persan, Sohrab Sepehri, de tradition soufie.

Photo : Piero Méndez, modèle espagnol sur Instagram

 

Les hauts, les bas,
regarde-les d’un même oeil !
Ne regarde pas le visible,
regarde l’invisible !
Il n’ y a pas d’aile,
il y a le signe d’un envol,
il n’ y a pas de chanteur,
il y a la trace d’un chant.

Sohrab Sepehri, Pârâh,
in : L’Orient du chagrin,
traduit du persan par Jalal Alaviniar,
Lettres persanes, 2009.

 

Photo : Jon Kortajarena

 

 

I hold tightly to the cold,
unsure of anything but its numbing grip,
but the unstoppable advance of your
gentle, easy touch
melts away such concerns

Je tiens fermement au froid,
Incertain de tout sauf de sa manière d’engourdir,
mais l’avancée inarrêtable de ton
toucher, léger et simple,
met fin à toute préoccupation.

 

Dylan Geick“Dearth”,
in Early Works,blurb.com

 

 Dylan Steven Geick est une jeune athlète homosexuel américain, spécialisé dans la lutte, qui livre sur blurb.com son premier recueil de poèmes.

Vous trouverez ici (cliquer) un article en anglais dans lequel il détaille son goût pour la poésie et quelles sont ses inspirations.

 

 

Source texte et image : Dylan Geick (& Jackson Krecioch, sur la photo) sur dylan-geick-fan.tumblr.com

Laisse subsister ce peu de moi par quoi,
je puisse te nommer mon tout.

Laisse subister ce peu de ma volonté par
quoi je puisse te sentir de tous cotés,
et venir à toi en toutes choses, et t’offrir
mon amour à tout moment.

Laisse seulement subsister ce peu de moi
par quoi je puisse jamais te cacher.

Laisse seulement cette petite attache
subsister par quoi je suis relié à ta volonté,
et par où ton dessein se transmet dans ma vie :

c’est l’attache de ton amour.

Tagore, L’offrande lyrique.

Tagore, grand poète indien, chantre de l’immanence dans les choses simples de la vie, est aussi le découvreur de Kabir dont il a proposé une traduction dès 1922.

Source photo: everydaysagreatday.tumblr.com