e7b0f271871032cb15e5b19ca698172dMon cher petit,

Je voudrais te dire pourquoi mon plaisir a été si grand, hier, lorsque tu m’as joué cette sonate de Schubert.
Tu voulais à tout prix me la jouer, tu avais peur, tu m’avais mis la partition dans les mains, sans doute pour te faire plus petit, alors que tu es si grand.

Tu attendais « des conseils »

Mon Dieu. Tu as de ces mots.

D’abord, le travail avec toi est un luxe. J’ai l’impression de voir des chaussures de prix, comme je n’en aurai jamais (toi, si, sans doute) : en cuir très fin et très souple, qu’on ne doit pas sentir aux pieds tant elles sont légères. On a passé du cirage dessus : il n’y faut plus qu’un petit coup de chiffon, elles brillent.

Moi, je ne me préoccupe pas de la fabrication de la chaussure, ni de sa taille, ni même du cirage. Je viens avec mon petit chiffon, je frotte, et la voilà somptueuse.

Surtout (pardon, mais je ne trouve pas d’autre manière de le dire), j’ai cru entrer en toi. Comme par une porte.
Un jour, en écoutant jouer le vieux Cherkassky, j’ai cru qu’il était devenu transparent, qu’on lui voyait l’âme à travers le corps. J’avais été excessif, j’avais hâte de faire des expériences.

Ce que j’ai ressenti hier était absolument nouveau. Peut-être unique.

J’ai vu comment tu étais au plus profond de toi, et c’était d’une grande beauté.

Ta manière de jouer le mouvement lent te disait tout à fait : l’absence de complète méchanceté, de vice, de mensonge, de désespoir.

En revanche, une présence active, de la tendresse (trait dominant, 95% du mélange), de la mélancolie, quelque chose de triste et de déçu, qui se mêlait drôlement au goût de la gaîté, à laquelle tu t’accroches comme à une certitude, l’amour du bien, du poli technique ; de l’énoncé clair et pur des lignes, dans le finale, le mépris de la facilité et de la disparate, la délicatesse des sentiments, la droiture de la pensée, le contrôle des actes, la morale en action (et non en réaction).

J’ai lu en toi « comme en un livre ouvert ».
Tu étais dans ce que tu jouais. Que m’importait Schubert, alors ! Ou plutôt, sa sonate ! Tu te rappelles ce que disait Giacometti ? « Si ma maison brûle, entre le Velázquez et le chat, je n’hésite pas, je sauve le chat. »
J’ai compris hier ce qu’il disait ; et je m’émerveille de l’avoir compris. Tu rends meilleur celui qui sait t’écouter ; et je m’émerveille d’avoir su le faire si vite, de ce que tu aies su me l’apprendre.

Tu as reçu ce don rarissime, le même que celui dont Schubert avait hérité, et que je ne sais pas nommer. (Un jour, peut-être, j’en trouverai le nom, et ce sera, somme toute, une immense victoire que je remporterai sur ma faiblesse. Quand on ne sait pas nommer une chose, c’est qu’on ne l’a pas en soi.)

Porte-toi bien, ne grandis pas trop.

 

Jacques Drillon, in « Propos sur l’imparfait »

 

source : Loquito in anotherdaylight

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Est-il possible de percer le mystère de Matthew McCo­nau­ghey ?

Cet acteur a plusieurs vies.  Sportif et beau gosse au succès instantané dans des comédies romantiques, il coupe court au cinéma et, sac au dos, il part bourlinguer deux ans en Amérique Latine. Quand il revient, il a changé et prend des rôles avec plus d’épaisseur humaine.

Est-ce un signe ? Ce renouveau commence en 2011, avec La Défense Lincoln,  dans le quel il joue le rôle d’un avocat désabusé qui décide de reprendre sa carrière en main dans une affaire de meurtre.  Il enchaîne divers films dont le succès doit à ses prestations de héros tourmenté , comme dans  le remarquable Mud de Jeff Nichols.

Dans une interview à Télérama,Jeff Nichols lui rend un très bel hommage, le comparant même à Paul Newman :

 

Télérama :Le rôle de Mud était-il écrit pour Matthew McGonaughey ?
Jeff  Nichols: Oui, dès que j’ai eu l’idée du film, il y a quinze ans. Matthew m’avait impressionné dans Lone Star, de John Sayles, où il incarne un shérif légendaire. Un véritable mythe mais au passé trouble, comme le personnage de Mud. Matthew me rappelle Paul Newman, mon acteur préféré : dès que vous les découvrez sur l’écran, vous avez envie de devenir leur ami. Vous me direz que c’est une qualité que partagent nombre d’acteurs de sitcoms (rires). Mais Newman et McConaughey sont, eux, très doués pour incarner des héros ambigus, voire vicieux, sans que l’on cesse d’être attirés par eux.

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Bref, il enchaîne les succès et  les collaborations avec les plus grands. Meilleur acteur dans un un second rôle dans la comédie policière Bernie,  apparition dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese, où il interprète un trader déjanté et mentor du personnage incarné par Leonardo DiCaprio.

En 2013, il perd environ vingt kilos pour incarner un cow-boy texan séropositif qui se bat à la fois pour la dignité des personnes séropositives et pour sa survie dans le film Dallas Buyers Club. Il remporte plusieurs prix pour son interprétation dans ce film dont celui du meilleur acteur lors du Huitième Festival International de Rome, le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique ainsiq ue l’Oscar du meilleur acteur.

 

Actuellement, dans Interstellar, de Christophe Nolan (réalisateur de Inception et de Batman), sorti en 2014 en France, il change encore de registre (nous voici en science-fiction) et il allie les deux personnages : le héros mature et sexy. Il est devenu sauveur du monde, mais pas à n’importe quel prix. Car au delà du réalisme du film ( oui, oui, réalisme puisque c’est un film de science-fiction qui tien compte des dernières découvertes), il pose également des questions éthiques, celles que l’on retrouve, génération après génération, suscitées par les appétits de l’humanité.

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Dire que je ne connaissais que de loin, ce Matthew. C’est Télérama qui m’a intrigué avec sa drôle de photo et sa manière de critiquer toujours acidulée qui est en même temps signe qu’il y a quelque chose à voir par là.

Ce que j’aime, chez cet acteur, c’est qu’il ne se prend pas la tête. Il assume à la fois le choix de ses rôles de héros tourmentés et l’entretien de sa plastique, ce qui montre qu’il n’a pas tant changé que ça depuis le début de sa arrière et surtout ce qui le rend profondément humain.  Dans un entretien à Gala, Matthew McConaughey dévoile comment il prend soin de son apparence physique :

 

Au programme, une routine presque comme celle de toutes les hommes. «Ma routine est assez basique: je prends ma douche le soir, j’aime me passer à l’eau le matin pour me rafraî­chir, précise-t-il. Je n’aime pas les gels, j’uti­lise du savon Ceta­phil. Je me nettoie le visage avec des produits Jurlique, et leur crème au calen­dula riche est parfaite pour la nuit. Si je dois me lever et filer, j’ap­plique une crème Kiehl’s SPF15 pour homme qui contient du menthol. Le soir, je termine avec un serum.» En véri­table midi­nette, Matthew a craqué pour le produit que toutes les incon­di­tion­nelles de la peau nette s’ar­rachent: la brosse Clari­so­nic. Une brosse de nettoyage expert large­ment adou­bée par notre beau-gosse. «J’ai un Clari­so­nic depuis huit ans. C’est un outil super avant les soirées. Parfois je l’ou­blie, mais j’aime l’em­me­ner avec moi en voyage. Il enlève les peaux mortes, estompe les ridules. Sinon, je ne fais pas beau­coup de peeling.»

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Ca ne le rend que plus attachant. Car que ce soit dans Lincoln, Mud, ou Interstellar, sa manière d’interpréter ses rôles ne s’en ressent pas. Aucune pédanterie chez cet homme, mais du talent ! Je n’en reviens pas de le découvrir si tard !

 

Zabulon

 

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Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole :  « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. »

(Mt 25,14)

 

Dieu nous confie ses biens.

De quels biens parle-t-on?

Le monde, la terre, l’environnement?

Oui.

 

Il nous confie aussi la relation,

cette capacité à entretenir le lien entre nous.

Interconnexion vitale, essentielle.

 

Il nous confie ses biens,

et donc il y a en a plusieurs,

et donc le lien entre eux.

 

Il nous confie ses biens,

il nous confie ce lien entre nous,

il fait de nous des serviteurs

de la communion.

 

Et puis, il y a  ce corps,

Temple de l’Esprit,

Réceptacle de ses biens.

 

Et puis l’Esprit lui-même.

Nous sommes faits à l’image de Dieu,

selon sa ressemblance.

 

Dieu nous confie ses biens.

Ils se donne lui-même

et nous laisse liberté

D’éprouver l’amour de sa maison.

 

A son retour,

Les biens auront-ils fructifié,

L’amour aura-t-il triomphé?

 

Zabulon

 

 

 

[source photo : malemodelscene]

 

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DERNIERE DANSE par Indila

Oh ma douce souffrance,
Pourquoi s’acharner tu recommences
Je ne suis qu’un être sans importance
Sans lui je suis un peu « paro »,
Je déambule seule dans le métro
Une dernière danse
Pour oublier ma peine immense
Je veux m’enfuir, que tout recommence
Oh ma douce souffrance!

Je remue le ciel le jour, la nuit.
Je danse avec le vent la pluie.
Un peu d’amour, un brin de miel,
Et je danse, danse, danse, danse, danse, danse.
Et dans le bruit, je cours et j’ai peur
Est-ce mon tour?
Vient la douleur…
Dans tout Paris, je m’abandonne
Et je m’envole, vole, vole, vole, vole…

Que d’espérance!
Sur ce chemin en ton absence,
J’ai beau trimer, sans toi ma vie n’est qu’un décor qui brille, vide de sens

Je remue le ciel le jour, la nuit
Je danse avec le vent la pluie
Un peu d’amour, un brin de miel,
Et je danse, danse, danse, danse, danse, danse.

Et dans le bruit, je cours et j’ai peur
Est-ce mon tour?
Vient la douleur…
Dans tout Paris, je m’abandonne
Et je m’envole, vole, vole, vole, vole

Dans cette douce souffrance
Dont j’ai payé toutes les offenses,
Ecoute comme mon cœur est immense.
Je suis une enfant du monde.

Je remue le ciel le jour, la nuit,
Je danse avec le vent, la pluie.
Un peu d’amour, un brin de miel,
Et je danse, danse, danse, danse, danse, danse
Et dans le bruit, je cours et j’ai peur.

Est-ce mon tour?
Vient la douleur…
Dans tout Paris, je m’abandonne
Et je m’envole, vole, vole, vole, vole.

Indila (Dernière Danse – Album: Mini World – 2014)

[source:principekamar]